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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 23 février 2012
Sa note : 17/20

LINE UP

-MkM
(chant)

-BsT
(guitare)

-InrVI
(basse)

TRACKLIST

1) III-1
2) III-2
3) III-3
4) 
III-4
5) III-5
6) III-6

DISCOGRAPHIE

III (2011)
Arrow in Heart (2013)

Aosoth - III
(2011) - brutal death Brutal death / Indus / Ambient - Label : Agonia Records



On peut envisager la vie de plusieurs manières. Certains tâcheront d’en tirer le plus de plaisir possible, sans se poser trop de questions et en évitant de regarder au plus profond de soi-même. D’autres n’hésitent pas à plonger au cœur de leurs propres ténèbres et font remonter à la surface tout un tas d’émotions et de sentiments obscurs. Les membres d’Aosoth ont certainement dû puiser tout au fond d’eux-mêmes pour pouvoir s’exprimer d’une manière si intense et profonde, et produire cet œuvre remarquable, sobrement intitulée III. La sobriété est d’ailleurs le maître-mot d’un album épuré, proposant un black-death brutal fortement chargé d’industriel et d’ambient façon Cold Meat Industries.

Cet album ne se décrit pas de manière objective, on ne peut qu’essayer de traduire un ressenti. Toute la musique est au service d’une sensation angoissante : que ce soient les passages en blast, les tempos d’une lourdeur asphyxiante ("III-3"), les moments où les guitares entrent en ébullition (passée la première minute, le morceau "III-2" n’est plus qu’un chaudron effervescent), les vocaux possédés, tout ici est un cri qui s’étend sur six morceaux qui paraissent courts quand on n’a pas encore commencé. Aosoth s’était déjà adonné avec succès aux plaisirs de l’union entre black-death et ambient-indus sur l’album précédent Ashes of Angels. Mais avec III, il franchissent un pas dans l’intégration de passages dignes d’Archon Satani ou Raison d'Être, ce qui les rend encore beaucoup plus noirs.
Alors bien sûr, si vous n’accrochez pas, vous pourrez trouver que l’album est monotone (on n’est visiblement pas chez Opeth), mais un état de transe peut-il vraiment être monotone ? Les morceaux présentent certes une certaine uniformité apparente, mais quand on plonge dedans, les nuances se précisent et l’ensemble prend un corps redoutable. L’alternance de moments ultra rapides, de guitares plombées et dissonantes (on pourrait même dire gémissantes), et de passages 100% ambient (la fin de l’album est un régal pour les amateurs du genre) est parfaitement orchestrée, les vocaux de MkM servent parfaitement l’ensemble de l’œuvre. Ah et au fait, pas la peine de chercher bien loin, le groupe est français.


III va pouvoir régaler les oreilles des auditeurs les plus exigeants en matière de souffrance sonore. Ne cherchez pas de fioritures, d’ouverture vers l’extérieur. III vous prend, vous étouffe et vous fait bouillir. La rencontre du gros death-metal et de l’indus façon Brighter Death Now (une petite écoute préalable de ce groupe n’est pas forcément une vaine précaution) est ici à son paroxysme. Beaucoup de groupes font beaucoup de bruit pour rien, multiplient les passages grand-guignolesques pour essayer d’effrayer leur public. Aosoth non.


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