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CHRONIQUE PAR ...

15
Flower King
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 12/20

LINE UP

-Guillaume (guitare+basse+claviers)

-Olivier
(batterie+chant)

-Marie
(chant)

-Mathieu
(guitare+basse)

TRACKLIST

1)Words
2)I Feel Off
3)Why Can’t I Relieve You ?
4)It’s Not Easy
5)To Be Your Friend
6)No Disappointment
7)Fiction
8)Crashing Waves
9)Good Sides
10)Don’t Take A Chance

DISCOGRAPHIE

4 (2007)

Gomm - 4
(2007) - rock punk - Label : PIAS



Dans le revival post-punk qui concentre une partie conséquente de la production rock de ce début de millénaire, Gomm occupe une position particulière pour deux raisons. En effet, non content d’être une formation 100% française, le groupe s’attaque à la frange la plus radicale du genre, proposant une musique agressive dont le caractère répétitif vise à nous vriller les méninges et à nous abandonner à ce mantra pervers qu’on ne voudrait jamais se voir terminer. En cela, ces Nordistes se rapprochent de Can, une influence qu’ils ne manquent pas de revendiquer.

Si les deux caractéristiques susmentionnées confèrent à Gomm toute son originalité, elles expliquent aussi les travers regrettables dont il souffre. Le choix de chanter majoritairement en langue anglaise est compréhensible vu le style pratiqué, mais alors mieux vaut assurer. Car si une voix féminine avec un accent français à couper au couteau peut avoir son charme dans le cadre d’une pop sucrée, ici il se marie mal avec le ton énervé et capricieux. Soucieux de donner le change, le groupe alterne donc avec sa langue natale, mais là c’est une quasi-catastrophe. Le Français est une langue terriblement exigeante lorsqu’il s’agit de décrire des sentiments complexes par des mots simples, et Gomm en fait l’amère expérience : écoutez donc "I Feel Off" pour comprendre où je veux en venir. C’est dommage, car l’énergie vocale, elle, est omniprésente.

L’autre chose à déplorer, c’est que l’album est loin de démarrer de la meilleure des façons en enchaînant quatre morceaux courts privilégiant l’efficacité. Or, pour instaurer une ambiance hypnotique, mieux vaut prendre son temps. Si l’on souhaite s’exprimer en 3 minutes 30, il est préférable de miser sur un riff accrocheur, ou une rythmique audacieuse, quelque chose qui capte l’attention en somme, ce qui manque cruellement aux titres le moins développés de ce recueil. En revanche, sur la longue distance, le groupe est irréprochable : il bénéficie d’une assise rythmique puissante, carrée, qui prend un malin plaisir à développer des boucles sournoises, sur lesquelles la guitare peut s’épancher à loisir en attaques vénéneuses et riffs tranchants.

On se réjouira donc de voir qu’une bonne moitié de ce 4 est consacrée à des compositions quasi-instrumentales dépassant les cinq minutes. Statisme absolu jouissif ("To Be Your Friend"), crescendos subtils développant un thème soit mélancolique ("Fiction"), soit menaçant ("Good Sides") et en guise de final, le terrible "Don’t Take A Chance", une furie post-punk au groove réjouissant dans sa première partie, avant d’imposer une rythmique écrasante qui ne connaît pas le pardon, qui vous appelle à elle sans possibilité de résistance. Un brûlot sonique qui referme le disque de bien meilleure manière qu’il n’avait commencé. On pourra alors conseiller 4 aux amateurs de ces musiques rock qui savent jouer avec la répétition pour en appeler directement à nos sens. Et tant pis pour les autres.




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