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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 16 février 2012
Sa note : 18/20

LINE UP

-Tamás Kátai
(chant+guitare+claviers+programmation)

-János Júhasz
(guitare)

TRACKLIST

1)Szervetlen
2)Molekuláris Gépezetek
3)Köd Utánam
4)Urhajók Makón
5)Piroshátú
6)Esolámpás
7)Kabócák, Bodobácsok
8)Oszi Varázslok
9)Fehér Berek

DISCOGRAPHIE

Róka Hasa Rádió (2009)
Rengeteg (2011)
Sgùrr (2015)
Meta (2016)
Geometria (2018)

Thy Catafalque - Róka Hasa Rádió
(2009) - black metal Avant-garde metal - Label : Epidemie



Thy Catafalque a beau être un groupe méconnu, leur quatrième album a été, est et sera un grand moment de musique pour tous les amateurs de métal avant-garde. Sans jamais sombrer dans la juxtaposition délirante, tout le contraire, ce groupe hongrois a réussi un album varié, surprenant et assez jouissif ma foi. Depuis, le groupe a sorti un autre (bon) album Rengeteg, mais la « Radio du ventre du renard » (traduction approximative du titre en Français) reste LA référence du groupe à ce jour.

Thy Catafalque est surtout l’affaire d’un homme, le sympathique Tamás Kátai, compositeur, musicien et photographe. Après nous avoir déjà mis en garde en 2004 avec le puissant Tûnõ Idõ Tarlat, on se trouve ici face à un vrai chef-d’œuvre du genre. Respirez un bon coup, fermez les portes, collez deux trois baffes pour qu’on ne vous dérange sous aucun prétexte et écoutez les deux premiers morceaux de l’album (“Szervetlen”, morceau quasi-instrumental et “Molekuláis Gépezetek”). Quelques-uns ricaneront en entendant ces mots hongrois assez dissonants pour nos oreilles françaises. Messieurs les petits malins, vous ferez moins les fiers quand vous aurez subi les derniers outrages pendant la demi-heure que durent ces deux morceaux. Tout y passe: riffs bien gras, chant guttural, clair, masculin ou féminin, synthés et rythmes technos. On songe bien sûr à Samael, Fear Factory mais aussi à Pan Thy Monium et pourquoi pas à Laurent Garnier… tout est pensé et structuré et, oh bonheur, sonne juste !
Une fois les deux morceaux initiaux écoutés, vous pouvez rouvrir les volets, le gros est passé. Le reste de l’album est également très bon (le surpuissant “Esőlámpás” est un modèle d’efficacité, et "Fehér Berek" paraît un hommage au prog italien type Le Orme), mais voilà : la surprise initiale est passée. Les sept autres compos oscillent entre le bon et le très très bon, dans un registre chant black-metal ou clair, guitares heavy / death et touches atmosphériques. Pour en revenir à la langue hongroise, Tamás a expliqué plusieurs fois les raisons qui l’ont poussé à choisir sa langue natale plutôt que l’anglais, et elles sont bonnes : figurez-vous qu’en plus de vouloir faire de la bonne musique, notre ami Tamás aime écrire de jolis textes, chose qu’il ne peut faire que dans sa langue natale. Ceux qui ont pris l’option « Hongrois renforcé » à l’école pourront vérifier ses dires …


Vous l’aurez compris, l’écoute de cet album innovateur, puissant et frais (enfin bon frais comme peut l’être un album de métal hein) est conseilée à dose massive ! Vous aimez Samael époque Ceremony of the Opposites / Passage ? Vous ne détestez pas sortir des sentiers battus ? L’album est fait pour vous. Et si vous accrochez vraiment, n’hésitez-pas à écouter Tûnõ Idõ Tarlat et Rengeteg, ils valent le voyage également.


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