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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 14 février 2012
Sa note : 12.5/20

LINE UP

-Oscar Carlquist 
(chant) 

-Harry Granroth 
(guitare) 

-Daniel Johansson 
(guitare) 

-Tobias Peterson 
(basse) 

-Morgan Pettersson 
(batterie) 
 

TRACKLIST

1) Death…
2) …Comes From The Mouth Beyond
3) I Am The End
4) Release Me
5) Defiance
6) Frozen
7) Under The Scythe
8) Hypnos
9) Flame Of The Tyrants
10)1771

DISCOGRAPHIE

Death (2012)

RAM - Death
(2012) - heavy metal old school - Label : Metal Blade Records



Il y a un truc qui m'a toujours délirer dans Les Simpsons, c'est les débuts d'épisode. Bien souvent, c'était à se tordre de rire, mais cela servait juste à introduire la situation-clé servant de base à la trame de l'épisode, et cela n'avait donc absolument rien à voir avec le reste. Quand on voit que les gars pouvaient se permettre de ne pas traiter à fond d'aussi bonnes idées, ça en dit long sur l'étendue de leur imagination. Et là, en principe, vous devez vous demander ce que je raconte et si j'aurais pas un peu abusé de la Kronenbourg…

Ce qui m'a fait penser à ça, c'est le morceau qui introduit ce troisième album de RAM (oui, apparemment, ça s'écrit en majuscules). Cet instrumental de près 3 minutes, qui cherche à être un peu planant et même limite psychédélique, nous ramène dans la quatrième dimension avec ses sons de claviers d'un autre âge. Une entrée en matière étonnante… et qui n'a donc absolument rien à voir avec le reste de l'album (voilà, j'y viens, vous voyez). Car chez RAM, ce qu'on aime plus que tout, c'est le heavy traditionnel. Les Suédois ont même été jusqu'à ressusciter un son qu'on croyait révolu, avec des guitares grasses et même un peu cradingues et une batterie… qui ressemble à une batterie, et ça c'est de plus en plus rare. Alors du coup, avec "1771", autre instrumental qui parvient à instaurer une ambiance lugubre avec uniquement deux guitares, cette intro est un peu la seule source d'originalité de l'album.
Alors bon, on pourra toujours continuer de mépriser ces groupes qui se contentent de recycler de vieilles recettes connues depuis des lustres, mais ce n'est pas parce que vous avez un livre de cuisine sous les yeux que ça vous garantit à coup sûr que vous allez pas sortir quelque chose de dégueulasse. Il n'y a qu'un seul clivage pertinent : ceux qui ont le truc, et ceux qui ne l'ont pas. D'un côté les Enforcer, de l'autre les Steelwing. Et RAM dans tout ça ? On serait tenté de les inscrire dans la première catégorie. A l'évidence, ces mecs ont tout pigé au heavy : les riffs sont nerveux et sonnent comme autant d'invitations au headbanging débridé (surtout celui de "…Comes From The Mouth Beyond"), les solos apportent un vrai plus aux morceaux, les tempos sont variés et chose appréciable, les influences ne sont pas trop marquées hormis sur "Defiance", qui ressemble à du Maiden époque Piece Of Mind.
 RAM garde toutefois une marge de progression évidente : certains plans sont assemblés un peu à la va-comme-je-te-pousse, comme le reprise du couplet après la narration sur "…Comes From The Mouth Beyond" ou le passage précédent le solo sur "Release Me" ; ceci dit, en contrepartie, cela amène un peu de fraîcheur et de spontanéité, chose qui manque cruellement à de nombreux groupes qui ont peu trop le nez rivé sur le manuel. Le chant d'Oscar Carlquist est également perfectible : le bonhomme donne tout ce qu'il a, mais son registre reste tout de même assez limité, notamment dans les aigus. Fort heureusement, il ne s'y aventure qu'assez rarement et toujours dans un style agressif, ce qui apporte de l'intensité à défaut de lyrisme. Pour le reste, il se contente judicieusement de rester dans les mediums. A l'arrivée, on dira que RAM peut compter sur un vocaliste qui ne lui fait ni gagner, ni perdre de points.
L'album démarre sur un rythme d'enfer, et s'il avait entièrement été du niveau de la première moitié, il aurait pu faire très mal. RAM enchaîne les perles tout en insufflant pas mal de variété, entre un "…Comes From The Mouth Beyond" agressif, un "Release Me" plus soft et mélodique avec un final impeccable et un "Defiance" très enthousiaste. C'est à partir de "Frozen" que ça se gâte : ce titre vaguement doom est plutôt bon, mais il casse trop nettement la dynamique de l'album. Malheureusement, le groupe ne parvient pas vraiment à relancer la machine derrière : on a droit à un titre vraiment bateau et peu inspiré (Under The Scythe"), puis un autre lent et mélodique mais peu convaincant au final ("Hypnos"). Seul "Flame Of The Tyrants" s'en sort de justesse : le riff très classique est redoutable d'efficacité, mais le refrain est complètement foiré… C'est finalement l'excellent solo qui fait retomber la pièce du bon côté.


Death figurera assurément très loin au palmarès de l'album de l'année 2012. Ceci dit, si vous cherchez un album de heavy qui vous fera passer un bon moment, il peut tout à fait faire l'affaire. Sans être la grosse révélation de l'année, RAM fait preuve d'un joli savoir-faire en terme de heavy old school. La prochaine fois, il ne leur reste plus qu'à se montrer inspiré sur toute la durée de l'album et ce sera parfait.


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