5041

CHRONIQUE PAR ...

73
Dimebag
Cette chronique a été mise en ligne le 06 février 2012
Sa note : 12/20

LINE UP

-Andrew Fidler
(chant+guitare)

-Jonathan Anton
(chant+basse)

-James May
(batterie)

TRACKLIST

1)Brewing the Storm
2)Bring Me Darkness
3)Ender of All
4)Mass Devotion
5)Carved in Stone
6)Set the Dial to Your Doom
7)Resistor

8)This Time is Divine
9)Growing Horns
10)Crossroads and Thunder

DISCOGRAPHIE


Black Tusk - Set The Dial
(2011) - hard rock de Savannah sludge métal - Label : Relapse Records



Bien bien bien...Il y a quelques temps dans ces pages vous avez pu lire la chro de la réédition du premier Black Tusk par votre serviteur, opus qui sortait alors commodément quelques temps avant la venue de Set The Dial, troisième album du combo de Savannah. Eh bien voilà, il est là, ce Set The Dial. Sortez les chemises à carreaux, les bucherons sont de retour. Et le moins qu'on puisse dire c'est qu'ils n'ont pas des masses évolué depuis la dernière fois qu'on a écouté leur son, les barbus. Toujours aussi fans de compos gros sludge métal lourd direct dans la face, les Black Tusk n'ont pas, cette fois encore, fait dans la dentelle.

Cela expliquera la teneur relativement courte et désabusée de ce papier, puisqu'en effet entre la chronique du premier album des mecs, celles du second consultables un peu partout en ligne, et celle-ci, pas de différences ou si peu. Black Tusk fait toujours indéniablement du Black Tusk. Des gros riffs hard rock / rock sudiste un peu basiques et hyper gras, avec une prod' volontairement râpeuse, des vocaux éructés en mode poivrot qui s'égosille, des compos directes in your face, toujours ce gros groove de bucheron, agréable mais assez redondant car déjà mille fois entendu, et une réelle volonté de ne pas évoluer et de rester dans les codes bien balisés du genre. Les mecs diraient « ouais, on fait juste du putain de rock, on s'en fout ». C'est pas faux. D'un autre côté, force est de reconnaître qu'à côté des autres groupes locaux (pour les re-citer, on parle là de Baroness, Kylesa ou encore les grands Mastodon), ils font toujours aussi tâche et peu inspirés. La musique de Black Tusk s'apparente vraiment à ce que proposent typiquement un Mastodon ou un Baroness, mais un Mastodon qu'on aurait décapé, simplifié à l'extrême, dépouillé de toute la richesse de ses arrangements et de toute la complexité de son son pour n'en garder que la carcasse gros rock brut de décoffrage ("Ender Of All", par exemple).
C'est un peu ça, Black Tusk. Vrai choix des musiciens ou limites techniques et / ou de composition subies (qui apparaissent quand même assez prégnantes sur certains morceaux, ou la simplicité des arrangements est à la limite du chiant), à vrai dire on s'en fout. L'important, c'est que Black Tusk reste accrocheur ("Set The Dial To Your Doom", "Growing Horns"), immédiat et jamais réellement désagréable à écouter. Ce n'est pas le genre de groupe qui déclenche l'ire du critique, mais il ne suscite en contrepartie aucun enthousiasme et aucune surprise à ,son écoute. Un groupe un peu chiant, en somme. Et ce ne sont pas les riffs réchauffés de "Bring Me Darkness", "Carved In Stone" ou "Resistor" qui feront dire le contraire. BT fait son truc, c'est respectable, mais sans réelle volonté de proposer un truc abouti, riche et varié. Au rang des rares mini-évolutions, on retrouve un ou deux morceaux un peu plus planants et aériens que la moyenne ("Mass Devotion", "Resistor"), mais qui sentent encore vachement le Mastodon simplifié. Rien de bien bandant donc. Un groupe limité donc, avec son groove sympatoche mais sans aucune originalité, ses vocaux éructés sympatoches mais assez neutres (un assez aigu et un plus guttural, mais peu d'interactions et de travail sur la complémentarité potentielle des deux, sauf peut-être sur le très Kylesien "This Time Is Divine"), ses morceaux sympatoches mais passe-partout et interchangeables, sa prod' graisseuse et lourde sympatoche mais très convenue pour le style pratiqué. Bref, un groupe sympatoche quoi, mais sans plus, vraiment.


Les mecs de Black Tusk auraient clairement tout intérêt à se sortir un peu plus les doigts à l'avenir et à tenter de fouiller un peu plus leurs compos, parce qu'autant on imagine très bien le kiff énorme que peut procurer un groupe de ce genre en live, autant sur CD, on en a vraiment très, très vite fait le tour tant les types n'inventent absolument rien et pratiquent un genre où les poids lourds sont déjà dans la place et font preuve d'un talent de composition indéniable et sans cesse remis en question par des évolutions plaisantes et le plus souvent réussies (cf l'évolution d'un Mastodon). Sans cela, ils risquent d'avoir du mal à s'extirper de la catégorie seconds couteaux, à laquelle ils restent selon moi bien accrochée avec ce troisième opus.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 2 polaroid milieu 2 polaroid gauche 2