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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 31 janvier 2012
Sa note : 14/20

LINE UP

-M. Eikenaar
(chant)

-M. Nienhuis
(guitare)

-J. Bonis 
(guitare)

-Y. Terwisscha van Scheltinga 
(basse)

-J. Barendregt 
(batterie)

TRACKLIST

1)Allfather
2)I, Chronocrator
3)Vanitas
4)Descending Jacob's Ladder
5)View from Hverfell I: Head above the Heavens
6)View from Hverfell II: Inside Omnipotent Chaos
7)View from Hverfell III: A Traveller of the Seed of the Earth
8)

DISCOGRAPHIE

Dodecahedron (2012)

Dodecahedron - Dodecahedron
(2012) - black metal - Label : Season Of Mist



Les moulins et le vent, voilà ce que produit la Hollande dans l’imaginaire. Egalement du orange, enfin Oranje, et du foot et son ballon. Donc des dodécaèdres. Faut-il y voir ici l’explication du nom pour le moins mystérieux de cette troupe de Hollandais non volants ? On s’amusera avec un oui. Dodécaèdre et prise de tête ? On imagine qu’avec un nom pareil le groupe aime sinon les mathématiques, les concepts un peu compliqués. Bref, on imagine qu’on va devoir réfléchir durant leur musique, et c’est pas toujours sympa.

Heureusement Dodecahedron débarque avec des atouts dans sa manche. Premièrement, les membres savent jouer, c’est une évidence, et l’enregistrement est carré, précis. Ensuite, inspirés qu’ils sont de Deathspell Omega, mais surtout Abigor période Fractal Possession (tiens tiens, des maths encore ?). De solides référence qui induisent une appartenance à un black metal complexe et torturé. C’est confirmé et on entend un peu aussi de Semen Datura ou de Kathaaria pour les côtés dissonants (eux-mêmes issus de Ved Buens Ende, le black metal est une grande famille décidément). Sur le premier titre on surprend également des influences typées death qui ne sont pas sans faire penser à Strapping Young Lad sur son SYL. On se retrouve au final avec beaucoup de points de repères sonores vous dites-vous à juste titre.
Pourtant, difficile de qualifier Dodecahedron de pur copieur. Suiveur, très certainement, mais copieur, non. Le groupe sait s’approprier sa musique et goûte fortement aux longues plages de calme froid et industriel. C’est en cela qu’il se rapproche plus d’un Abigor d’ailleurs. De longues plages qui… se révèlent un peu trop longues car on ne sait pas trop où le groupe veut aller, si ce n’est montrer qu’il peut mettre de longs passages calmes dans sa musique. Dodecahedron a aussi tendance à se perdre un peu dans des soli de batterie véritablement vains et brouillons (un solo de batterie classique en somme). Encore une fois, on se demande quel est le but. Cela donne à la musique un goût d’inachevé et de compositions non maîtrisées. Ce sentiment domine d’autant plus que le son n’est pas exceptionnel. Froid oui, mais trop mécanique et clairement policé sans personnalité.
Car les Hollandais savent créer de la bonne musique, la première piste entres autres est là pour le prouver, mais on entend les défauts d’une jeunesse qui veut trop prouver et qui ne sait pas creuser les vrais bons détails ou quand s’arrêter. Dodecahedron l’album aurait beaucoup gagné à être plus compact en se privant des soli inutiles et surtout de ces longues traversées du désert industrielles durant lesquelles il ne se passe rien. En transition, c’est très bien, en faire l’équivalent d’une chanson, clairement non. Pour ne pas trop insister sur ces défauts de jeunesse, on l’espère, il faut souligner la qualité des riffs déployés par le groupe lorsqu’il sait où aller. On est dans du complexe, tendance dissonant et agréable à écouter. Les rythmes sont variés et changeants, si bien qu’on ne sait plus où donner la tête. Et c’est tant mieux dans une musique comme celle-ci. On regrettera un peu les tiques de guitare sur la façon de faire sonner les dissonances.


Mauvais non ? Mais non ! Dodecahedron soulève des espoirs qui ne sont pas complètement comblés, et pour cela il attire plus les foudres qu’un groupe lambda sans grand avenir. Le groupe sort un premier album encourageant, mais clairement perfectible tant au niveau technique, cf le son, qu’au niveau des compositions, trop toquées et par moment maladroites. On souhaite cependant en entendre plus avec un album plus aéré dans ses inspirations, plus compact dans son format, avec un son personnel et qui sait délaisser la démonstration gratuite pour installer de vraies atmosphères au cordeau.


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