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CHRONIQUE PAR ...

88
Mita
Cette chronique a été mise en ligne le 10 février 2012
Sa note : 15.5/20

LINE UP

-Zuberoa Aznárez
(chant)

-Adrián M. Vallejo
(guitare)

-Álex Sanz
(basse)

-Gorka Elso
(claviers)

-Xabier Jareño
(batterie)

TRACKLIST

1)A Journey's End
2)Ex Nihilo
3)Sceneries of Hope
4)Blazing a Trail
5)Call from a Rising Memory
6)Hidden Reality
7)7)
Shadow of the Throne
8)Allegory of Faith, Innocence and Future
9)Sentenced to Life
10)Oihuka Bihotzetik
11)No Time for Repentance (Lamentatio)
12)The Wanderer

DISCOGRAPHIE

Secrets (2010)
The Wanderer (2012)
Argia (2014)
Dirge for the Archons (2016)

Diabulus In Musica - The Wanderer
(2012) - metal symphonique - Label : Napalm Records



Diabulus in Musica est un combo espagnol qui commence à faire parler de lui. Déjà, une signature sur un gros label rien que pour un premier jet, puis des apparitions au Metal Female Voices Fest ou encore au Metal Fest, pas de doute, ce sont les signes d'un groupe qui monte. Pris en plus de cela sous le coude d'un ex-Epica, se nouant des affinités avec cette même formation néerlandaise, un avenir radieux semble attendre les ibériques. Encore faut-il que la qualité soit présente, et c'est ce que nous allons essayer de savoir en écoutant The Wanderer, leur second brûlot.

Le premier défaut de Diabulus in Musica, c'est de marcher encore parfois un peu trop sur les plates-bandes d'Epica (les espagnols vont même pousser le vice jusqu'à inviter Mark Jansen à pousser la chansonnette sur cet album, les bougres !), et ainsi de ne peut-être pas montrer qu'ils possèdent leur personnalité propre, à eux, malgré quelques petites touches folkisantes de temps à autre ("The Wanderer"), et même des influences black metal ("Shadow of the Throne" et sa rythmique plutôt efficace). Il manque peut-être aussi l'accroche aux premières écoutes, ce qui rebutera en premier lieu les amateurs du genre. Il faut dire que le titre d'ouverture (sans compter l'intro), "Ex Nihilo", n'est pas le plus attrayant qu'il soit, et malgré son côté oriental, il est l'un des moins bons de l'opus, alors que "Come to Paradise" donnait tout de suite envie de s'aventurer dans Secrets, l'opus précédent.
Ces aspects-là mis à part, Diabulus in Musica propose un nouveau brûlot tout ce qu'il y a de plus convaincant. Si l'inspiration sur les néerlandais se ressent parfois, les espagnols montrent quand même qu'ils possèdent leur propre signature, avec des morceaux variés, que ce soit dans les ambiances ou les rythmiques, et un énorme travail de fond. Les chœurs, très présents, apportent beaucoup aux compositions, ces derniers étant soignés, réussis, et donnant une vraie profondeur aux pistes, qui, elles, rayonnent. Elles mettent du temps à se développer, mais le travail qui est effectué est suffisamment conséquent pour démontrer le talent du groupe quant à la construction de titres et à la complexité cachée derrière une certaine difficulté d'accès. Le groupe est mature, et The Wanderer démontre cette maturité.
Déjà, le single "Sceneries of Hope" est agréable, et nous fait le plaisir d'une Zuberoa Aznárez tout à fait convaincante, qui diversifie son chant à sa guise. Les titres ne manquent nullement d'attrait, et les refrains ne sont pas utilisés comme des points d'orgues, mais plutôt comme dans la continuité d'atmosphères. Si le choix peut s'avérer périlleux, il est au contraire très réussi sur cet opus, et des morceaux comme "Hidden Reality", aux agréables touches celtiques couplées de puissance et de beauté lyrique, prouvent que Diabulus in Musica est capable de faire les choses vraiment très bien. Ne semblant pas se démarquer aux premières écoutes, c'est la constance qui dévoile tous les secrets. Il en va de même pour "Allegory of Faith, Innocence and Future", touchante et à la guitare qui se taille une belle part. La chanteuse est emplie d'émotions, la magie fonctionne. Les grunts sont toujours aussi présents, et rappellent parfois Epica. Mais la qualité du growl est améliorée également.
Mark Jansen est efficace sur "Blazing a Trail", mais le gueuleur de la formation sait s'imposer également (la diabolique "Shadow of the Throne"). En revanche, là où le combo semble moins brillant, c'est sur le titre long "No Time for Repentance (Lamentatio)", bon, mais distancé par certaines autres pistes. Au moins, la formation nous prouve sa capacité à s'en sortir dans le divers et le varié. Même dans les ballades, c'est un succès : "Sentenced to Life", insipide de prime abord, en duo avec John Kelly, devient touchante et charmante lors du mariage des deux voix bien accordées, tandis que "The Wanderer", avec sa guitare acoustique et son air typiquement folk, conclue d'une bien belle manière. La sombre, possédée, puissante "Oihuka Bihotzetik" est le morceau qui démontre que le groupe sait jouer sur l'aspect sombre et marier voix, orchestrations et section rythmique dans la plus grande harmonie.


Diabulus in Musica arrive à un niveau de maturité qui leur permet de montrer l'envergure de leur grand talent. S'il est difficile d'accrocheur à leur univers au début et que la déception semble pointer le bout de son nez, il faut persévérer pour découvrir que ce qui semble fade est en réalité bien plus subtil que tout ce que l'on pourrait croire. Et même si les espagnols n'ont pas encore tout à fait une personnalité propre, le talent et la prise de risques sont là. Et ces qualités font de The Wanderer un très bon album.


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