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CHRONIQUE PAR ...

88
Mita
Cette chronique a été mise en ligne le 28 janvier 2012
Sa note : 15/20

LINE UP

-Jennica Lönn
(chant)

-Miko Heikkilä
(chant)

-Tuomas Saukkonen
(chant+tous les instruments)

TRACKLIST

1)Brothers
2)Solitude
3)Sheol
4)Oblivion
5)Horizon
6)Wasteland
7)Nightfall

DISCOGRAPHIE


Black Sun Aeon - Blacklight Deliverance
(2011) - dark metal melodeath - Label : Cyclone Empire



Tuomas Saukkonen est ce que l'on peut appeler un musicien très productif. En l'espace de quelques années, il a pondu de nombreuses galettes de sa formation principale, Before the Dawn (qui tend à manquer d'inspiration), mais également des side-project RoutaSielu (qui ne dispose pour le moment que d'un album) et, bien sûr, Black Sun Aeon, avec lequel il propose dès à présent Blacklight Deliverance. La qualité est-elle toujours là ?

Pour cette nouvelle offrande, Black Sun Aeon décide de nous livrer quelque chose de plus … contemplatif. La plus belle part est donnée aux atmosphères, qui sont primordiales dans ce projet du compositeur finlandais. Oubliez ainsi, dans la plupart des moments, l'agressivité du death mélodique, car la mélodie, elle, est bien ce qui est privilégié. Et cette formule est vraiment efficace, car certains morceaux sont ainsi imprégnés d'une aura magnifique, qui transporte par leur douceur, leur subtilité et les petits ajouts faits pour magnifier l'ensemble. Ambiance sombre, chants accordés, "Oblivion" est un exemple de réussite pour le groupe. Représentative de l'opus, son rythme tend presque vers le doom ou le gothique, d'autant plus que sur ce nouveau brûlot, un rôle important est confié au chant féminin.
En effet, une invitée, Jennica Lönn (chanteuse de Lunar Path) est très présente tout au long de l'album. Une petite nouveauté concernant le combo. La demoiselle fait d'ailleurs un travail remarquable, parfaitement intégrée au sein des pistes et des ambiances. Mieux, l'apport de sa voix renforce encore ces dernières. Mikko Heikkilä (Sinamore, RoutaSielu) que l'on connaît déjà bien dans BSA, forme une complémentarité parfaite avec la chanteuse. Les voix se marient si bien que les growls de Tuomas peuvent sembler, de temps en temps, faire irruption comme des intrusions, pouvant casser légèrement la douceur de l'ambiance. Rien de grave, cependant.
Les morceaux sont homogènes, dans le sens où ils sont globalement de très bonne qualité, sans pour autant être particulièrement originaux. Black Sun Aeon est reconnaissable, mais pas forcément connu pour son caractère à être spécial. Enfin, reconnaissable c'est vite dit car les prises de risques et quelques changements de cap effectués par son créateur sont judicieuses. Par contre, il est difficile d'extraire un morceau frappant. Aucun n'est sous le lot, mais il manque encore ce moment fort qui rendrait le tout davantage intense, unique. Certes les compositions sont très bien rodées, les voix superbes et la production impeccable, il y a des moments où on peine quand même à être envoûté.
On pourrait également reprocher à Blacklight Deliverance d'être un peu prévisible sur les bords. Les structures ne sont pas spécialement complexes et parfois, malgré tout le travail abattu (et quel travail quand même !), il manque l'effet de surprise et de spontanéité qui accompagne l'écoute. Cependant, la bonne tenue des morceaux remédie à ces quelques impairs, peu nombreux il faut bien l'avouer. Imprégné par l'obscurité, le brûlot montre tout le soin qui a été accordé aux petits détails. De la guitare sèche sur "Wasteland" à l'atmosphère de "Horizon", rien n'est laissé au hasard et le professionnalisme est l'une des qualités premières de Black Sun Aeon, à défaut de nous surprendre dans l'univers proposé.


En clair, ce nouvel opus ne fait en rien honte à la discographie d'un combo qui nous livre un album par an. Travaillé, parfois raffiné, toujours sombre et intriguant, les moments où Blacklight Deliverance pêche, c'est dans ce manque d'une sensation de plaisir complet et d'enchantement. La maturité ne manque pas, mais le plaisir, lui, n'est pas totalement là. Reconnaissons quand même une œuvre de bonne tenue qui séduira les amateurs du genre. A écouter.


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