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CHRONIQUE PAR ...

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Fishbowlman
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 10/20

LINE UP

-Mike Patton
(chant+samples)

-Buzz Osbourne
(guitare)

-Trevor Dunn
(basse)

-Dave Lombardo
(batterie)

TRACKLIST

1)04/01/05 Friday
2)04/02/05 Saturday
3)04/03/05 Sunday
4)04/04/05 Monday
5)04/05/05 Tuesday
6)04/06/05 Wednesday
7)04/07/05 Thursday
8)04/08/05 Friday
9)04/09/05 Saturday
10)04/10/05 Sunday
11)04/11/05 Monday
12)04/12/05 Tuesday
13)04/13/05 Wednesday
14)04/14/05 Thursday
15)04/15/05 Friday
16)04/16/05 Saturday
17)04/17/05 Sunday
18)04/18/05 Monday
19)04/19/05 Tuesday
20)04/20/05 Wednesday
21)04/21/05 Thursday
22)04/22/05 Friday
23)04/23/05 Saturday
24)04/24/05 Sunday
25)04/25/05 Monday
26)04/26/05 Tuesday
27)04/27/05 Wednesday
28)04/28/05 Thursday
29)04/29/05 Friday
30)04/30/05 Saturday

DISCOGRAPHIE


Fantômas - Suspended Animation
(2005) - barré fusion Délire Pattonien - Label : Ipecac



L'usine Patton tourne à plein régime, c'est le moins qu'on puisse dire. On a un peu de mal à le suivre dans tous ses projets, avec les cinquante albums qu'il sort chaque année. Un an après le très controversé Delerium Cordia sur lequel il ne se passait pas grand chose finalement, Fantômas remet ça avec un Suspended Animation qui se veut "rassurant". Rassurant dans le sens où cette fois-ci, l'album n'est pas composé d'un seul et unique morceau. Servi par un packaging magnifique en forme de calendrier et basé sur le concept d'un morceau par jour (étalé sur le mois d'avril, d'où trente morceaux), Suspended Animation alterne délires cartoonesques inspirées de la Warner, passages atmosphériques (très courts) ou furieux, dans un esprit "collage" si cher à John Zorn (on colle une partie à une autre, même si elles n'ont aucun lien entre elles, c'est fait exprès). Le peintre-illustrateur pop superstar Yoshitomo Nara a participé à l'élaboration du disque et s'est même chargé des illustrations du calendrier.

Pour ceux qui se sont déjà passés les albums de Mr. Bungle en boucle, Suspended Animation s'avère tout à fait écoutable. C'est bien beau de faire dans l'originalité, mais reste à savoir si le disque est intéressant. C'est là tout le problème. Mike Patton est le genre d'artiste à s'enregistrer jour et nuit avec un magnéto: dans sa cuisine, dans ses toilettes, en train de ronfler la nuit ou de se brosser les dents, toute idée est bonne à prendre et finira par atterrir tôt ou tard sur un de ses albums! Et les fans, trop contents de retrouver "leur" Patton, ont de grande chance de trouver ça génial! C'est un peu le principe de Fantômas, se faire plaisir à moindre frais, se défouler en enregistrant à l'arrache un morceau par jour. Et hop, l'affaire est dans le sac!

Mike Patton dégage une personnalité si forte qu'après tout, on finit toujours par trouver de l'intérêt à ses délires. Surtout quand il est accompagné d'une section rythmique béton, toujours impressionnante dans les passages les plus violents, pas si éloignés de ce qu'on retrouvait chez Mr Bungle. Enfin, le line-up alléchant, Buzz Osborne des Melvins à la guitare, Dave Lombardo de Slayer et Trevor Dunn de Mr. Bungle à la basse, ne doit en aucun cas berner l'auditeur quant à la qualité de l'album, assez pauvre au final quand on repense à Mr. Bungle. De bonnes idées se dégagent ici ou là, notamment au début et à la fin du disque, mais elles sont tellement vite expédiées qu'on n'a même pas le temps d'en profiter (les morceaux durent à peine deux minutes en moyenne). Énumérer chaque titre serait un peu fastidieux, vu leurs intitulés ("01/04/05", "02/04/05", etc...). Reste qu'on en fait très vite le tour, même s'il y a sûrement du travail derrière tout ça.


Fantômas, c'est plus un trip particulier, à ne pas trop prendre au sérieux. Libre après à l'auditeur d'y adhérer ou pas. On ne peut que regretter que la palette de styles musicaux abordés ne soit pas plus large. Dans Mr. Bungle, il y avait vraiment de tous les styles. Peut-être que Mike Patton ferait mieux de se concentrer sur un vrai bon album dans l'année, plutôt que de se disperser dans cinquante side-projects. Lui qui avait quitté Faith No More pour briser une routine commerciale, le voilà maintenant pris à son propre piège dans une autre routine, celle de l'expérimentation gratuite, tout aussi prévisible. La musique commerciale se consomme aussi vite qu'au fast-food, mais pas de bol, celle de Fantômas aussi. Sauf qu'après Director's Cut, la qualité va decrescendo.


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