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CHRONIQUE PAR ...

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Dupinguez
Cette chronique a été mise en ligne le 16 janvier 2012
Sa note : 15/20

LINE UP

-Paulo Schroeber
(guitare)
 
-Marcelo Barbosa
(guitare)
 
-Felipe Andreoli
(basse)

-Edu Falaschi
(chant)

-Marcelo Moreira
(batterie)

TRACKLIST

1)Hypnotized
2)Living And Drifting
3)Days Of The New
4)Bullets On The Altar
5)Zombies Dictator
6)Trace Of Trait
7)Soul Alight
8)Late Night In '85
9)Daydream Lucidity
10)When And Why

DISCOGRAPHIE

Almah (2007)
Fragile Equality (2008)
Motion (2011)

Almah - Motion
(2011) - heavy metal - Label : AFM Records



A l’occasion d’un communiqué fracassant, Edu nous l’a annoncé : fini le chant suraigu, terminées les lignes dans la stratosphère qui lui arrachent la voix et lui pourrissent la santé, la tête d’Andre Matos sur une pique, toussa toussa. Notre blond brésilien a décidé de voler de ses propres ailes et d’imposer sa voix. Et très franchement, quand on voit le massacre que ça peut être en live avec Angra sur certains vieux titres, on ne saurait lui en tenir rigueur. Bref, cet album d’Almah est l’occasion idéale de juger de tout ça sur pièce.

Donc évidemment, je vous le donne Émile, l’album commence sur un cri bien aigu comme il faut! Bien agressif, en plus de ça. On en aurait presque mal à la gorge par empathie. Rhalala, ces metalleux, ils sont vraiment incorrigibles. Bref, fin de l’aparté vocal, on y reviendra, puisque ce n’est pas ça le plus frappant, finalement. Non, ce qui étonne, c’est le changement de stylé opéré cet album. On est passé d’un metal à tendance symphonique sur Fragile Equality, à une sorte de heavy bien burné, avec de bons gros relents ricains parfois. Ecoutez donc le riff de "Days of the New" pour vous en convaincre : on est plus proche de Black Stone Cherry que de Stratovarius. Surprenant. Pour vous donner une idée plus claire, la démarche ressemble pas mal à ce qu’a fait James Labrie sur son dernier album solo, en s’éloignant énormément de son groupe principal. On retrouve tout de même quelques reminiscences d’Angra sur deux niveaux : au niveau musical, au détour d’un solo en twin lead ("Living and Drifting"), d’un pont ou d’un refrain ("Zombies Dictator).
Mais tout cela reste très léger, et la violence générale qui se dégage de l’album laisse l’ombre de la bande à Loureiro assez loin... Et on aurait presque envie de dire que ce n’est pas plus mal, tant certains riffs passent bien. L’enchainement "Zombies Dictator"/"Trace of Trait"/"Soul Alight" ne laissera par exemple pas vos cervicales indifférentes, notamment sur l’intro mid-tempo absolument ravageuse de ce dernier. Profitons-en pour signaler la très belle performance instrumentale à laquelle cet album donne lieu. C’est simple, la paire de guitariste, composée de Paulo Schroeber et Marcelo Barbosa est absolument intenable, alignant aussi bien riffs variés et acérés ("Soul Alight") que rythmique ravageuses et tranchantes ("Daydream Lucidity"). Il tient donc de la logique même de saluer également la performance derrière les fûts de Marcelo Moreira, juste pour arriver à suivre ce joyeux festival. On regrettera une basse beaucoup plus discrète, surtout quand on connait le talent de Felipe Andreoli (ça doit forcément vous dire quelque chose...).
La dernière interrogation concerne donc Edu Falaschi : est-il capable d’adapter son timbre à une musique bien plus agressive? La réponse est oui... mais pas entièrement. Pour être plus précis, on a parfois l’impression d’assister à une sorte de lutte schizophrène entre un chanteur enfin libéré, qui se promène comme un poisson dans l’eau dans son style de prédilection, et un autre plus marqué par les années passées à prendre des habitudes dont il n’est pas évident de se débarrasser. Les ballades peinent notamment à convaincre, en grande partie sur plan vocal. Mais c’est parfois aussi le cas sur les titres rapides (le refrain de "Hypnotized", où on retrouve le Edu Falschi qu’on aimerait justement ne plus entendre). Finalement, on regrettera simplement deux choses. la première, c’est le manque d’unité artistique et de logique dans le projet Almah, qui risque de perdre son auditeur en passant aussi promptement du coq à l’âne. La seconde, c’est un léger manque de personnalité qui fera que cet album aura probablement beaucoup de mal à se démarquer de la masse.


Mais rien de bien grave, car cela n’empêche aucunement d’apprécier ce Motion décidément bien surprenant, dans le bon sens du terme, ne serait-ce que pour nous permettre de redécouvrir un chanteur qui mérite très certainement une seconde chance, tant celui-ci est décrié et conspué pour chanter dans un style qui n’est tout simplement pas le sien.


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