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CHRONIQUE PAR ...

17
Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 15 janvier 2012
Sa note : 13/20

LINE UP

-Elliot Desgagnés
(chant)

-Christopher Bradley
(guitare)

-Dennis Bradley
(basse)

-Justin Rousselle
(batterie)

TRACKLIST

1)Symptoms
2)Hunted
3)Left Hand
4)Hopes
5)It
6)Light
7)Incongruous
8)Pedestal
9)Grief
10)Damages
11)Unheard

DISCOGRAPHIE


Beneath The Massacre - Incongruous



Beneath The Massacre vient tout droit du Québec et appartient à cette vague de groupe formant le renouveau du brutal death, avec tout le tremblement des productions ultra carrées et modernes. Autant dire que ça ne plaira sans doute pas aux vieux briscards du death qui ne jurent que par l’ambiance retro du death traditionnel, mais tant pis : Beneath The Massacre n’est pas là pour lancer une opération séduction mais bien pour taper dans le visage de ceux qui voudront bien poser une oreille sur Incongruous, leur nouvel album.

Et autant dire que ceux-là ne feront pas le voyage pour rien, tant Incongruous est un condensé de violence et d’agression sonore. Tous les ingrédients sont réunis pour fabriquer ce qu’il convient d’appeler aujourd’hui du brutal deathcore : la voix monolithique, la production triggée et surpuissante, les riffs typiquement death et une batterie qui ne connait que deux modes de jeu : rapide et très rapides – en gros blast ou gravity blast. Sans surprise, l’album est court puisqu’il dépasse péniblement les 30 minutes. Cela dit, la plupart des auditeurs en auront assez, pas tant à cause de la brutalité compacte des québécois – on en a vu d’autre – mais à cause finalement du peu d’originalité de ces onze titres qui alignent vaguement les poncifs du genre sans jamais vraiment briller.
Alors certes, les riffs sont techniques, on a même quelques incursions dans un shred débridé à grand renfort de tapping dans une veine rappelant Braindrill, et la sensation d’agression sonore est présente. Mais malgré quelques bon twins leads à la Obscura, la majorité des ondes sonores qui sortent de ce CD passeront de vos enceintes aux murs derrière vous sans laisser une empreinte indélébile dans vos conduits auditifs. Il ne manquait pourtant pas grand-chose pour passer de l’album réussi mais plat à l’album contrasté et pertinent, mais ce petit quelque chose rechigne à se montrer. C’est d’autant plus dommage que le groupe, qui signe là son troisième album, avait tous les ingrédients en main pour cela : la technique, la production, la puissance et surement la volonté. Il ne manquait que la réussite.


Incongruous remplit son office. Il fait mouche, et ne décevra sans doute pas grand monde. Mais on lui regrettera la petite lueur qui l’aurait aidé à sortir du lot, la petite étincelle qui rajouterait sur le visage headbanguant de l’auditeur ce petit sourire qui en dit long, celui qui montre qu’au-delà de la brutalité ravageuse on a aussi le plaisir d’être surpris et stimulé. Ne boudons pas notre plaisir, mais ne taisons pas nos regrets.



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