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CHRONIQUE PAR ...

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Mayou
Cette chronique a été mise en ligne le 21 décembre 2011
Sa note : 9.5/20

LINE UP

-Blaine Cook
(chant)

-Sam Williams
(guitare)

-Terry Butler
(basse)

-Rob Rampy
(batterie)

TRACKLIST

1) Corrupted Flesh
2) Stuck Pig / Bleeding out
3) After Party Massacre
4) Flesh Coffin
5) A Fiend Without A Face
6) Horror Holocaust
7) Dunsmoor
8) Hell Asylum

DISCOGRAPHIE


Denial Fiend - Horror Holocaust
(2011) - thrash metal - Label : Hammerheart



Thrash Metal… Ce mot sonne si doux à mes oreilles. Comment oublier les années 80, grâce aux Metallica, aux Megadeth ou encore aux Coroner ! Qui n’a jamais poussé une grimace en écoutant Pleasure To Kill ou Reign in Blood ? Que de références magiques pour moi et pour tous metalleux qui se respecte. Et pourtant… On en apprend tous les jours, et aujourd’hui j’ai découvert le Horror Thrash. Non pas que tout le monde ce soit mis d’accord pour appeler ça comme ça, mais c’est le premier mot qui m’est venu à l’esprit en écoutant Horror Holocaust, le petit dernier de Denial Fiend.

On se retrouve donc avec ce thrash composé de membres plutôt issus du death (surtout Terry Butler, qui a été tour à tour bassiste dans Massacre, Death, Six Feet Under et Obituary, de quoi faire des jaloux !). Et cela s’entend. La prod dégueu, les riffs qui alternent l’ultra rapidité et la lenteur pachydermique, ça pue la Floride de la fin des années 80 ! Pourtant l’esprit thrash reste bien là. Le rythme imparable, la batterie frénétique, la basse inarrêtable, qui ne donnent qu’une envie : bouger ! Bouger dans tous les sens, et ça on le ressent dans quelques riffs des ex-compagnons de Kam Lee (lui-même ex-compagnon d’un certain Chuck Schuldiner, quand je vous disais qu’ils étaient plutôt death dans le fond !). Malheureusement, souvent, on se prend à s’ennuyer ferme, comme sur "Fiend Without a Face", ou pire encore "Hell Asylum", servi par des riffs sans groove, très présents tout le long de l’album. Parlons un peu du chant, car il mérite qu’on s’y attarde cinq minutes (mais pas pour ses prouesses) : si vous pensez pouvoir faire abstraction de la fausse imitation de Paul Baloff version extrême par Blaine Cook, alors vous pourrez donner une chance à l’album. Sinon fuyez ! Et si vous n’êtes pas convaincus par mes avertissements, écoutez "After Party Massacre" un coup, pour voir. Mais comme le chant ne fait pas tout, on repart à l’attaque et on se met à analyser les différents riffs.
On retrouve parfois le groove propre au thrash, mais la petite originalité réside dans certains accords qui plantent une ambiance cadavérique. Vous savez cette ambiance morbide, qui sent la putréfaction et la lèpre (miam). Oui la lèpre, et ne faites pas semblant de ne pas avoir compris ma référence à Leprosy de Death. Et bien voila, Horror Holocaust, c’est un peu Leprosy, version thrash. En gros ça déglingue sévère, tout en donnant une impression de puanteur. Malgré tout, le tort du groupe est d’avoir voulu donner de l’originalité à leur musique. Je sais, je viens d’écrire une obscénité qui n’a absolument aucun sens. Et pourtant c’est ce que vous pourrez ressentir, car quand on se prend à headbanguer sur un bon vieux riff, on n’a pas envie qu’un incruste, en l’occurrence la lenteur d’un passage horrorifique (je sais, ce mot n’existe pas), se ramène et gâche la soirée. Par contre, sur un titre comme "Dunsmoor", construit autour de cette ambiance, on a qu’une envie, c’est d’aller se cacher dans un coin en position fétale ! Mais dans le bon sens, pas parce que la chanson est mauvaise, comprenons-nous bien. Thrash ou death, quand on ne sait pas les mélanger, il faut choisir ! C’est comme dans « La Mouche ». Si on fait un mix des deux, ça donne une créature humanoïde infecte dont on n’a pas vraiment envie d’approcher. Par contre si on se démerde bien, on peut obtenir un super hero qui protègera votre ville des méchants !


Malheureusement, ici, on se retrouve avec le monstre rejeté par tous. On lui dit bonjour par politesse, pour ne pas le froisser, on se surprend même à le trouver pas si laid que ça. Mais en fin de compte, ça reste un monstre et jamais on ne lui donnera sa chance. Car comment écouter le monstre d’aujourd’hui, quand on peut se remémorer les héros d’hier ? Bon Dieu c’est beau ce que j’écris.


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