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CHRONIQUE PAR ...

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Mita
Cette chronique a été mise en ligne le 20 décembre 2011
Sa note : 15/20

LINE UP

-Mancan
(chant+guitare)

-Nikko
(guitare)

-Sicarius
(claviers)

-Demil
(batterie)

TRACKLIST

1)Naasseni
2)A Satana
3)A Stealthy Hand of an Occult Ghost
4)Buried in the Dark Abyss

5)Fiercer than Any Fear
6)Voices of Dead Souls
7)Secret Ways
8)In My Black Church
9)Lamia
10)Chiesa Nera

DISCOGRAPHIE

Inferno (2011)

Ecnephias - Inferno



J'ai envie de commencer cette introduction de manière classique, mais je vais plutôt tenter de vous faire saliver un peu. Imaginez que vous êtes dans les années 90, que votre oreille se porte pour la première fois sur Paradise Lost. Vous sentez faire une découverte ? Quelques années plus tard, les Britanniques seront reconnus. Maintenant, pensez à la même chose mais cette année. Et ça s'appelle Ecnephias.

Les Italiens sentent bon le petit bond dans le passé. Musicalement, en effet, on se retrouve dans des horizons que certains tentent d'explorer avec peu de succès et qui se trouve peu à peu délaissé par d'ex-figures de proues. Sans pouvoir catégoriser la formation dans un style particulier, car le groupe en enjambe plusieurs à la fois, on pourrait cependant rapprocher la musique du combo des premiers opus de Crematory ou Paradise Lost. Sauf qu'à cela, Ecnephias y rajoute une touche beaucoup plus ancrée dans l'univers sombre et torturé du black metal, les vocaux y contribuant grandement. Cette croisée des styles si bien agencée ne manque pas de piment. En plus de cela, sachant jongler entre toutes leurs influences, les Italiens apportent une belle touche de variété et d'inventivité à leur musique. Qu'on ne leur reproche point la monotonie, ce ne serait que pure mauvaise volonté.
Par contre, leur style n'est pas très original. S'il est bien réalisé, que le groupe joue bien et ne manque pas de piquant, il n'innove pas du tout et, pour les plus mauvaises langues, il sera catégorisé comme étant du sous-Moonspell. Mais c'est faux, Ecnephias n'est pas uniquement cela, car non seulement la richesse de la musique (apportée en très grande partie par un clavier joué de manière judicieuse) dissipe le «copié-collé», mais en plus le groupe combine tous les éléments qu'il trouve pour donner un peu de personnalité à leur musique. Ce n'est pas encore tout à fait gagné de ce côté là, mais vu la tournure que ça prend, on se demande si au prochain opus, la marque de fabrique des Italiens ne sera pas 100% Ecnephias. En plus, le chanteur / guitariste Mancan est très à l'aise et s'il n'excelle pas complètement, il rehausse la musique d'un bon cran. Et en plus, la production est bonne.
Vous voulez une autre bonne nouvelle ? Il n'y a pas de morceau inférieur. On retrouve de belles petites choses à chaque endroit, quelque soit le genre prédominant ou l'influence la plus marquée dans le titre. Tous ont un certain charme, même s'ils ne sortent pas forcément du lot aux premières écoutes. C'est le cas pour "A Stealthy Hand of an Occult Ghost" qui ne dévoile son charme qu'au fur et à mesure. "Buried in the Dark Abyss" est le condensé idéal des talents d'Ecnephias. Sombre à souhait avec un côté Moonspell, elle fait fière allure et trône avec la couronne du morceau le plus marquant de l'album. "Chiesa Nera" est atypique mais réussie, prouvant que les Italiens savent y faire aussi lorsqu'il s'agit d'expérimentation, tandis que "Voices of Dead Souls", superbement mélancolique, colle des frissons tant elle est belle.


Inferno est donc un très bon album, aux titres efficaces et à la saveur particulière. S'ils continuent sur cette voie, le quatuor risque d'aller très loin et de faire parler de lui à l'avenir. Et c'est bien ce que l'on peut espérer. Ne reste plus qu'à creuser encore la question de la personnalité et de combler les défauts apparents.



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