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CHRONIQUE PAR ...

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Dimebag
Cette chronique a été mise en ligne le 19 décembre 2011
Sa note : 16/20

LINE UP

-David Davidson
(guitare+chant)

-Anthony Buda
(basse+chant)

-Dan Gargiulo
(guitare)

-Phil Dubois-coyne
(batterie)

TRACKLIST

1)Cretin
2)Cradle Robber

3)Harlot
4)Dissolution Ritual
5)Conjuring The Cataclysm
6)No Funeral
7)Fractal Entity
8)Chaos Of Forms
9)The Watchers
10)Beloved Horrifier
11)Dethroned
12)Reprogrammed

DISCOGRAPHIE


Revocation - Chaos Of Forms
(2011) - death metal thrash technique de tueurs - Label : Relapse Records



Il n'y a pas que des rigolos dans la vague revival thrash. OK, Municipal Waste, Evile, Toxic Holocaust and co, c'est funky, ça tue en concert, mais c'est tout de même assez bas du front et limité. Les mecs de Revocation eux, par contre, ne sont pas là pour déconner. Après une première autoprod' de qualité, le groupe signe chez Relapse et sort en 2009 le monstrueux Existence Is Futile, le genre de tuerie qui te fait retomber amoureux du son 90's que tu avais un peu lâché, le genre de groupe qui, avec Sylosis, te fait te dire que non, vraiment, le thrash death c'est pas fini. Eh ben vous savez quoi? Ils sont de RETOUR.

La question terrible qui brulait intérieurement le chroniqueur pourtant aguerri était donc de savoir si les mecs étaient toujours aussi génialement bons. Il faut tout de même reconnaître qu'Existence Is Futile était un véritable golgoth de thrash / death où brutalité, technique virevoltante et groove fabuleux se répondaient dans toutes les compos ou presque (ce morceau titre...). Un petit peu un chef d’œuvre quoi. Reproduire l'exploit avec ce Chaos Of Forms aurait été incroyable et aurait directement envoyé ce groupe au firmament des meilleurs combos du genre en activité, et autant le dire d'entrée, si l'essai n'a pas été totalement transformé et que le troisième opus des tarés de Boston n'atteint pas tout à fait les sommets de son prédécesseur, ce Chaos Of Forms est tout de même un très, très bon album de thrash / death, mais pas que. Comme auparavant, et peut-être plus encore sur celui-ci, le groupe régale avec ses plans injouables ("Cradle Robber", "Cretin", "Chaos Of Forms") et séduit avec ses mélodies incisives et classieuses et ses solis empruntées au death mélo ou au heavy ("Cradle Robber", "Conjuring The Cataclysm", ou l'énorme "Dethroned").
Aussi bien produit que son illustre prédécesseur, le son de Revocation a finalement assez peu évolué entre les deux albums, et c'est tant mieux, tant les Ricains maitrisent leur propos avec une maestria qui confine au génie des grands Anciens. Tous les codes du thrash (mais pas que, donc), sont ici exploités au maximum de leurs possibilités, ce grâce non seulement à un niveau technique largement supérieur à la moyenne du genre, mais aussi, c'est certain, à un sens de la composition indéniable. Les mecs savent écrire des tubes tout en en foutant vraiment plein la vue, le tout sans jamais sonner trop démonstratifs ("No Funeral", "The Watchers", "Dethroned"). S'ils y arrivent si bien, c'est tout de même aussi parce que ce groupe ne se prend clairement pas la tête, le plaisir de jouer et d'envoyer du fuckin' métal à l'ancienne en y incorporant un tas de nouveautés excitantes (esprit de Sylosis, maitre ès thrash / death 2011, es-tu là ?) se reconnaît facilement dans tous les morceaux, Revocation adore le metal, en est gavé jusqu'aux yeux, ça s'entend constamment.
Petit bémol tout de même sur la voix du frontman, pas dingue selon les critères du chroniqueur enclin à kiffer les voix plus extrêmes, mais tout à fait appréciable pour tout fan de thrash qui se respecte, les éructations criardes de poivrot à tendance démentielle de David Davidson se plaçant dans les canons habituels du genre (d'autant que ce dernier est très souvent soutenu par ses deux comparses hurleurs aux chœurs). Mais mis à part ça et peut-être, tout de même, la légère propension des mecs à en faire parfois un peu des tonnes sur certains morceaux ("Dissolution Ritual"), il n'y a vraiment rien à redire sur la dernière livraison d'un groupe qui se place plus que jamais au sommet de la scène métal contemporaine au sens large. Alors oui, c'est pas du djent, c'est pas hype comme style et ça sent clairement les 90's, mais put*** de bor*** à qu***, qu'est ce que c'est BON ! Si ne serait-ce que le quart des groupes de thrash et/ou de death avaient la moitié du niveau de Revocation, la scène dans son ensemble s'en porterait bien mieux, c'est évident. Un groupe dont pas mal de combos qui tournent à vide depuis des années devraient s'inspirer, s'ils le peuvent. Parce que clairement, jouer du Revo, c'est pas donné à tout le monde.


A Boston, on ne maîtrise donc pas que les exigeants codes du hardcore. On est apparemment aussi passés maîtres dans l'art des plans thrashisants, des accélérations death virulentes, des mid-tempo dévastateurs, des refrains old school, des solis démoniaques et des breaks vaguement jazz métal turbulents à la technicité flamboyante. Enfin, du moins chez Revocation. Un des grands noms du thrash US actuel, assurément, et même du thrash mondial, finalement, même si on le répète, Revo œuvre tout de même dans une veine résolument plus violente et légèrement plus barrée. On ne va pas s'en plaindre. Par contre, sérieusement, ils passent QUAND en France, mmmh ?



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