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CHRONIQUE PAR ...

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Silverbard
Cette chronique a été mise en ligne le 18 décembre 2011
Sa note : 15.5/20

LINE UP

-Tamás Kátai
(tout)

+ guests 

TRACKLIST

1) Fekete mezok
2) Kel keleti szél
3) Trilobita
4) Ko koppan
5) Vashegyek
6) Holdkomp
7) Kék ingem lobogó
8) Az eso, az eso, az eso
9) Tar gallyak végül
10) Minden test fu
11)

DISCOGRAPHIE

Róka Hasa Rádió (2009)
Rengeteg (2011)
Sgùrr (2015)
Meta (2016)
Geometria (2018)

Thy Catafalque - Rengeteg
(2011) - black metal metal prog avant-gardiste - Label : Season Of Mist



En 2009, Róka Hasa Radió avait révélé l'existence et le talent des Hongrois de Thy Catafalque à pas mal de monde. Nous voilà deux ans plus tard avec le nouveau venu Rengeteg, paru un certain 11/11/11, et distribué désormais par Season of Mist, preuve de la réputation acquise du groupe. Encore faut-il que le nom de "groupe" ait encore un sens car le duo d'autrefois n'est désormais plus mené que par un seul homme, Tamás Kátai.

Votre serviteur découvrant la formation avec ce nouvel album, il vous sera ici épargné toute comparaison avec son prédécesseur, considéré pour beaucoup comme un chef d'œuvre de metal avant-gardiste. La première chose qui frappe à l'écoute de l'album est indéniablement sa grande diversité. D'entrée, le rouleau-compresseur "Fekete Mezők" annonce une couleur bien heavy avec un son extrêmement, et souvent trop, saturé. Néanmoins, le riff massif (qui n'est pas sans rappeler celui de "March Of The Fire Ants" de Mastodon!) fait mouche et est magnifiquement contrasté par quelques intrusions plus mélodiques. Par exemple, le chant clair (assuré par l'invité Attila Bakos) alterne tout au long de la galette avec les vocaux extrêmes.

Cet opener est d'ailleurs le deuxième morceau le plus violent de Rengeteg après le titre final "Minden Test Fu" qui ferme ainsi la parenthèse. Ce dernier n'en est pas moins l'un des moments les plus jouissifs de l'album, proposant un black metal cru et haineux dans la veine d'un "I Am The Black Wizard" d'Emperor où blast-beats et hurlements démoniaques sont de la partie, avant de se conclure sur un chant clair plaintif du plus bel effet. Le reste de l'album développe des ambiances bien plus contrastées avec des thèmes récurrents issus du folklore traditionnel ("Trilobita", "Kék Ingem Lobogó"), une tendance à l'ambiant (on croirait une musique de film sur "Kő Koppan") où viennent parfois se mêler des expérimentations electro ("Holdkomp" ou la magnifique "Az eső, az eső, az eső").

Mais ce qui surprend le plus est cette ambiance à la fois sombre et enchanteresse mais toujours cohérente qui traverse l'album où tout semble fusionner pour une musique avant-gardiste à l'identité propre, à la manière d'un Arcturus. La toile de fond de cette musique très visuelle décrit, au travers des paroles entièrement en hongrois, la forêt comme lieu naturel où se ressourcer. Au sujet des invités, on notera également la participation de la chanteuse Ágnes Tóth ainsi que du violoncelliste Mihály Simkó-Várnagy qui apportent un véritable plus aux morceaux. La synthèse de tous les éléments développés se retrouve sur le titre central très réussi "Vashegyek", affichant quartorze minutes au compteur.

Cet album est avant tout un voyage où se mêlent les ambiances qui tirent à la fois vers le haut au travers d'un climat cosmique et vers le bas de par ses racines profondément folk. Un jeu d'ambiance qui se mêle à un jeu de couleurs tantôt sombres et oppressantes, tantôt lumineuses et cristallines. Le périple qui vous attend sera long et l'immersion lente, tâchez ne pas vous perdre dans Rengeteg (« vaste fôret sans chemins »). Un album qui porte décidément bien son nom !


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