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CHRONIQUE PAR ...

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Althor
Cette chronique a été mise en ligne le 17 décembre 2011
Sa note : 16/20

LINE UP

-Martin Simon
(chant+basse)

-Karsten Simon
(chant clair+guitare)

-Julian Schenke
(guitare)

-Jan Hein
(clavier)

-Fabien Chmiel
(batterie)

TRACKLIST

1)Shadowpath (Intro)
2)Among The Lost
3)Arming For Retribution
4)Thanatos
5)Feuer gegen Feuer
6)Hallow Heart
7)Hiding in Sorrow
8)The Eye of Horus
9)Dewfall
10)A Sinner's Remorse

DISCOGRAPHIE

Shadowpath (2011)

Kambrium - Shadowpath
(2011) - melodeath - Label : Massacre Records



Durant cette année 2011, on en a vu défiler des albums de mélodeath. La moyenne n’était pas mauvaise mais avec du recul, rien ne sortait vraiment du lot. Je nourrissais cependant l’attente de tomber à un moment ou un autre sur LE disque qui pouvait apporter la fraîcheur tant désirée à notre expérience d’auditeur. Est-ce que ce jeune combo allemand formé à Helmstedt va changer la donne et répondre à nos attentes ?
 
Le groupe qualifie sa musique d’« epic death metal ». De l’epique on en voit maintenant à toutes les sauces et ça peut vouloir dire à peu près tout et n’importe quoi. Ici, ce sera plutôt pour nommer différemment le côté symphonique. En témoigne la piste d’ouverture instrumentale, qui est devenue quelque chose de très courant en intro. Mais quand elle a le mérite de vous faire croire à un groupe de symphonique métal, c’est bluffant. La composition ainsi que les arrangements sont assurés par le claviériste Jan Hein. Ce moment de flottement est vite balayé avec "Among The Lost", un titre ultra classique au riff mélodique accrocheur et à la rythmique bien carrée. Rien de bien transcendant mais on est déjà frappé par la production extrêmement puissante. Elle est digne des ténors du genre, la section rythmique est bien lourde et incisive, les guitares mixées à merveille et le chant prédominant. Le chant death de Martin Simon, très caverneux, s’étend également du côté des harsh.
Si l’opener était un véritable brûlot mais très classique, la donne va rapidement changer avec les deux morceaux suivants. "Arming For Retribution" est agrémenté de nombreux passages de piano et un clavier omniprésent. "Thanatos" montre un côté symphonique plus prononcé qu’on avait pu percevoir brièvement sur l’intro. Ce dernier contient également une suite de solo guitare / claviers appréciable. L’excellent "Feuer Gegen Feuer" possède un break au synthé style néo-classique qui rappellera forcément la période dorée de Children of Bodom. "Hollow Heart" est le morceau le plus calme avec ses ambiances gothiques au piano et son chant clair sur les couplets. Et oui, on n'y coupe pas, un véritable phénomène de mode, les groupes de mélodeath moderne se sentent tous obligés d’inclure du chant clair. Ce n’est pas que c’est systématiquement raté mais c’est souvent dans le même but, c’est-à-dire pour induire des contrastes de sorte que la musique soit plus accessible.
"The Eye Of Horus" qui comme son nom l’indique, présente des ambiances égyptiennes qui ne sont pas sans rappeler certains passages de l’album Theli du groupe Therion. "Dewfall" est le titre le plus melodeath et le plus direct avec cependant des influences très modernes avec ses claviers très électros. Comme bien souvent, le titre de clôture sera le plus long avec ses 8 minutes. Une longue montée en puissance fait place à un thème magistral toujours accompagné d’arrangements de qualité. Le chant clair, un peu faiblard, est à nouveau présent pendant les couplets avec en plus du chant féminin lors des pré-refrains. Le groupe se paye même le luxe d’une référence de musique classique lors du passage instrumentale du milieu. L’idée est originale et fonctionne bien. Ce titre cristallise au mieux toutes les facettes du combo allemand, à savoir du mélodeath avec un clavier omniprésent qui ajoute en permanence une dimension orchestrale.

 
Et nous voilà arrivé au terme d'un bien beau voyage. Cet album est facile d’accès avec sa production puissante et ses multiples arrangements symphoniques. A son écoute, on a l’impression d’entendre à l’œuvre un groupe déjà bien rodé, c’est juste bluffant. Le chant clair est le seul réel point faible mais n’étant pas présent systématiquement, on peut passer l’éponge. A mi-chemin entre death et métal symphonique, cet album saura flatter l’ouïe des amateurs de métal subtilement raffiné. Tout vient à point pour qui sait attendre : le voilà, l'album espéré. Un groupe à suivre avec intérêt.



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