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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 29 novembre 2011
Sa note : 13/20

LINE UP

-Pierre Jourdan-Gassin 
(chant) 

-Thibaud Vuille 
(guitare) 

-Eric Girard 
(basse) 

-Florent Antiocha 
(batterie) 
 

TRACKLIST

1) Livin' Dead United
2) Thrash Till You Puke
3) 1692
4) Blood Calls Blood
5) Hell Ride
6) Panic Attack
7) Non Believer
8) Blood Countess
9) Nuclear Leak
10) ScornForger
11) Satan's Whore

DISCOGRAPHIE


Scornforger - Neighbours Are Livin' Dead
(2011) - thrash metal - Label : Autoproduction



Encore eux ? Décidément, ils sont partout ! Vous avez apprécié Pierre et Thibaud qui font du melodeath dans Dividead ? Vous avez kiffé Pierre et Thibaud qui font du heavy tirant sur le death dans Unchained ? Alors vous aimerez sans doute Pierre et Thibaud qui font du thrash dans Scornforger ! Avec une telle activité, c'est ce genre de mecs que l'OGC Nice aurait dû recruter pour palier les départs de Florent « Bouledogue » Balmont et Cyril « Sex and drugs and rock n’ » Rool…

Avant de parler musique, saluons d’abord la volonté de Scornforger de proposer un produit très abouti. Premier point fondamental, la production est impeccable, avec un mix très agréable qui laisse beaucoup d’espace à la basse. Bonne nouvelle pour Eric Girard, qui ne rejoindra donc pas la longue liste de bassistes de thrash frustrés, Jason Newsted en tête, qui se demandent bien pourquoi ils se sont cassés le cul à enregistrer leurs parties. Mais le gros point fort de ce premier essai, c’est le visuel. Pour la pochette, Scornforger s’est payé les services de JP Fournier, illustrateur du mythique At The Heart Of Winter d’Immortal, mais surtout connu pour son travail avec Edguy et Avantasia. Et une chose est sûre, le résultat est à la hauteur de la réputation du bonhomme (avec un petit clin d’œil à Sodom pour le soldat ?). Le livret est également très réussi, avec une bonne dose d’humour dans la déclinaison du thème des zombies, ainsi que des photos habilement mises en scène. Avec un tel soin apporté aux détails, on en oublierait presque qu’il s’agit d’une autoprod’. Chapeau les gars !
Musicalement, Scornforger nous propose un thrash sans fioritures, avec des morceaux tournant autour de 3 minutes 30 en moyenne (seul "Hell Ride" dépasse les 4 minutes). Un tel sens de la concision rappelle forcément Slayer, mais c’est plutôt du côté du Canada qu’il faut chercher la principale influence des Niçois, en l'occurrence Annihilator. Après un court instrumental faisant office d'intro, "Thrash Till You Puke" démarre avec un plan qui n’est pas sans rappeler celui qui lance "King Of The Kill". La principale similitude avec Annihilator consiste surtout en cette volonté de ne pas s'enfermer dans une vision trop restrictive du thrash, qui devrait forcément être tout le temps à fond et forcément agressif. Ainsi, les passages leads font la part belle aux phrasés mélodiques, à l’instar du maestro Jeff Waters (mais en un peu moins flashy, forcément), et les gars n’hésitent pas à varier les plaisirs en  insufflant de temps en temps une touche heavy à leur musique, sur "1692" notamment. On notera également un petit côté melodeath sur "Satan's Whore", dont le refrain rappelle Arch Enemy.
Si Scornforger ne recherche pas spécialement l'originalité au niveau musical, les Niçois peuvent toujours compter sur leur chanteur pour développer leur propre identité. Pierre Jourdan-Gassin s'appuie en majorité sur son registre agressif, mais n'hésite pas à utiliser sa voix death sur certains passages. Le mélange des deux styles est explosif, comme sur "Thrash Till You Puke", "Hell Ride" ou le redoutable "Scornforger" et ses accents death. Cette voie mériterait sans doute d'être creusée, car on retrouve le même esprit sur "Nuclear Leak", un des titres les plus ravageurs. Ceci dit, tant que le groupe continuera à proposer du thrash classique mais avec une touche mélodique, comme sur "Blood Calls Blood", ou des morceaux plus frontaux comme le surpuissant "Hell Ride", Scornforger aura de l'avenir. Bref, les gars ont plusieurs cordes à leur arc, et ils savent s'en servir les bougres ! Il manque peut-être l'hymne ultime, celui qui vous file assez d'adrénaline pour faucher de l'attaquant adverse en série comme une moissonneuse batteuse, mais gageons que ce sera pour la prochaine fois !


Et bien, pas mal du tout ce premier album ! Séduisant sur le fond, excellent sur la forme, Neighbours Are Livin' Dead frappe juste et fort. Dans son style, savant cocktail de thrash saupoudré d'une pincée de death sans oublier de se faire mélodique de temps en temps, Scornforger affiche déjà une grande maîtrise qui fait plaisir à voir. Au final, on ne voit pas passer ces 40 minutes, et au contraire on en redemande. Enfin, si les gars persistent dans cette voie, parce que si ça se trouve, la prochaine fois, ils vont revenir avec un nouveau projet metal prog'  ou hard FM !


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