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CHRONIQUE PAR ...

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Jehovad
Cette chronique a été mise en ligne le 27 novembre 2011
Sa note : 9/20

LINE UP

-Clay Withrow
(chant+guitare+basse+claviers)

-Jeren Martin
(basse)

-Corey Mast
(claviers)

-Brandon Lopez
(batterie)

TRACKLIST

1) Disloyal
2) Choke Faint Drown
3) Abandon Me 
4) Drained 
5) Kingdom Of Ruin
6) Frailty
7) The Transformation
8) The Rabbit Kingdom
9) Stay
10) Sounds Of Wonder
11) A Father's Love
12) Requiem For A Fallen King
13) An Empire Shattered
14) Alice
15) The Garden Time Forgot 

DISCOGRAPHIE


Vangough - Kingdom of Ruin
(2011) - metal prog - Label : Nightmare Records



Voici venu un combo autoproclamé « meilleur groupe de prog-metal d’Oklahoma City », et mené par la tête pensante Clay Withrow, qui nous présente ici son troisième album, si l’on exclu l’album solo de 2007 du susnommé Withrow qui a par la suite donné naissance à Vangough en tant que groupe. Voyons si, comme pour Van Gogh, il faudra attendre longtemps après la disparition de Vangough pour crier au génie ou si les garçons seront mieux appréciés de leur vivant que ne le fut leur illustre quasi-homonyme…

Car oui, votre première impression s’avère être la bonne : Vangough a bien été nommé en référence au célèbre homme à l’oreille coupée, avec une petite modification orthographique au passage pour la touche personnelle. Prog’ attitude oblige. En plus d’un nom à forte connotation culturelle, le reste des poncifs du genre progressif sont de la partie : des chansons très chargées - beaucoup de choses se passent sur un seul morceau : claviers, guitares électriques et acoustiques, autres instruments exotiques ; batterie très fournie (l’influence Portnoy est évidente) ; un concept pas possible - un homme qui a le don de vivre dans deux réalités parallèles doit choisir entre rester dans sa vie d’homme ou devenir le roi d’un monde où règnent les lapins ! Une sorte de remake cunicole de Scenes From A Memory de Dream Theater, en somme ! C’est ce bon Freud qui doit bien se marrer dans sa tombe… (euh, au passage, pour les deux du fond qui ricanent bêtement, « cunicole » désigne tout ce qui se rapporte à l’élevage des lapins, pas à un rapport bucco-génital à l’hygiène douteuse…) Sérieusement, on frôle le gros cliché, avec une fois de plus un groupe qui se réclame du prog' au sens « plus complexe que du simple heavy metal » et non au sens « progressif, qui va de l’avant ». Bien loin de la musique innovante et visionnaire des pères fondateurs, Kingdom Of Ruin propose rarement autre chose que du entendu et re-entendu. Aucun plan, riff ou arrangement ne semble oser sortir des sentiers battus. Les riffs et mélodies sont d’une affligeante banalité et n’apportent absolument rien de neuf.
Pire : malgré trois albums, les influences se font toujours maladroitement sentir : ici une ligne de chant agressif façon rap qui évoque instantanément Daniel Gildenlöw ("Abandon Me", "Choke Faint Drown"); là une ligne de chant émotive qui rappelle encore instantanément Daniel Gildenlöw  ("Frailty") ; ailleurs un passage qui fleure bon l’emprunt direct à Genesis ("An Empire Shattered"). Il y a bien quelques passages rafraîchissant disséminés ça et là (l’intro de "Sounds of Wonder", la flûte irlandaise sur "The Garden Time Forgot", le joli "A Father’s Love", "The Rabbit Kingdom" qui relance l’album à mi-chemin), mais vraiment trop rares sur une durée totale d’une heure et quart  pour véritablement mériter le détour. Aucun riff n’accroche véritablement l’oreille, beaucoup piochant dans le domaine du rythmique saccadé, et les mélodies, souvent plates et insipides, sont majoritairement portées par le chant – lui même peu intéressant et monotone. On sent pourtant que Clay Withrow a beaucoup de choses à raconter et d’émotions à faire passer, mais le résultat n’est pas à la hauteur des ambitions et le résultat est poussif. L’homme semble pourtant avoir des idées à revendre, mais aussi être comme inhibé, enfermé à l’intérieur d’une cage trop étroite et tenter à tout prix de s’en évader pour prendre son glorieux envol. Alors on écoute et on ré-écoute Kingdom Of Ruin avec l’impression d’avoir manqué quelque chose. Mais ce quelque chose semble ne jamais vouloir se révéler et l’on reste frustré par l’ampleur du travail fourni opposé à la faiblesse du résultat.


Le meilleur groupe de prog-metal d’Oklahoma City …? Soit le titre est usurpé ; soit Vangough est le seul groupe de prog-metal d’Oklahoma City ; soit les autres groupes de prog-metal d’Oklahoma City  sont vraiment médiocrissimes… Courage Clay ! Poursuis ta quête…


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