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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 23 novembre 2011
Sa note : 15/20

LINE UP

-Nicholas Leptos 
(chant) 

-Socrates Leptos 
(guitare) 

-Alexis Kleidaras 
(guitare) 

-George Kallis 
(claviers) 

-Vagelis Maranis 
(basse) 

-Stefan Dittrich 
(batterie) 
 

TRACKLIST

1)Dies Irae
2) Gnosis Of Prometheus
3) Ira Imperium (The Damned)
4) Kiss Of Kali
5) Katherine Of Aragon
6) 77 Days Till Doomsday
7) Emir Of The Faithful
8) Hollow Eyes Of Nefertiti
9) Amenophis
10) Lost Ithaca
11) I Sail Across The Seven Seas
12) The Fall Of Mardonius
13) The Poet Aftermath

DISCOGRAPHIE

Ira Imperium (2011)

Arrayan Path - Ira Imperium
(2011) - heavy metal mélodique - Label : Pitch Black



Bien choisir le nom de son groupe, c'est important. Il faut trouver un truc qui claque, mais qui soit suffisamment original pour ne pas qu'un pauvre groupe obscur ne vous colle un procès et vous oblige à changer en cours de route. Il faut aussi trouver un nom qui évite les polémiques inutiles. Pour Arryan Path, c'est raté : ils ont beau arguer qu'il s'agit d'une fleur qui pousse sur le continent américain (ce que même Google semble ignorer au demeurant), difficile de ne pas être pris pour des néo-nazis avec un nom pareil…

Pourtant, ils ont l'air gentils comme tout ces Chypriotes, qui ont pris depuis la sage décision de rajouter un -a- dans leur nom. Regardez leurs tronches, on est loin du look crâne rasé / rangers / bomber. Musicalement aussi, c'est très sage : ceux qui, avec un nom pareil, s'attendent à du slavonic pagan metal qui sent le soufre en seront pour leur frais, car la principale influence qui ressort de cet album est… Kamelot. Oui, Kamelot, le groupe de heavy bien propre sur lui. Plus précisément, on pense beaucoup à la période The Fourth Legacy / Karma, une époque où les Américains étaient encore animés par une fougue juvénile et rafraîchissante, contrairement aux derniers albums où la recherche de raffinement a conduit à une musique sans la moindre spontanéité et étouffée par les arrangements. Le plus surprenant, c'est que cette influence était assez secondaire sur Terra Incognita, le précédent album d'Arrayan Path sorti début 2010, où elle ne transpirait que sur quelques morceaux comme "Ishtar" ou "Minas Tirith".
Concrètement, les ressemblances portent surtout sur le chant, puisque Nicholas Leptos dispose d'un timbre proche de celui de Roy Khan. De plus, lui aussi cherche constamment à sortir des lignes vocales travaillées, avec une certaine emphase, mais sans non plus être pompeuses. En ce qui concerne la musique, à l'instar de son « modèle », Arrayan Path explore lui aussi plusieurs facettes du heavy metal : s'appuyant principalement sur une base mid tempo mélodique et généralement assez sophistiquée (en gros, si vous ne jurez que par le heavy teuton à la Grave Digger, passez votre chemin), les Chypriotes ne s'interdisent pas de proposer de temps à autre quelque chose de plus direct ("Ira Imperium") ou agressif ("Amenophis"), du speed mélodique ("77 Days 'till Doomsday") ou du heavy épique à la Manowar, agrémenté de touches de claviers vaguement sympho à la Virgin Steele ("The Fall Of Mardonius"). Au final, les 13 titres d'Ira Imperium se révèlent plutôt variés et, cerise sur le gâteau, tous d'un excellent niveau.
Les sept premiers titres sont un véritable feu d'artifice. On est tour à tour envoûté par les lignes vocales de "Dies Irae" ; touché par le côté poignant de "Gnosis of Prometheus", truffé d'arrangements judicieux ; conquis par les tagada irrésistibles de "Ira Imperium" et son solo brodé autour de la mélodie principale ; soufflé par la puissance de feu de "Kiss Of Kali" ; ébahi devant la classe du refrain de "Katherine Of Aragon", à l'opposé du couplet martial ; emporté par la fougue de "77 Days Till Doomsday" ; et enfin séduit par l'ambiance épique de "Emir Of The Faithful", malgré des chœurs à la Hammerfall dispensables. Si la suite accuse une légère baisse de régime, entre un "Hollow Eyes Of Nefertiti" peu convaincant dans son registre à la Therion et un "Amenophis" qui fait pâle figure à côté de "Kiss Of Kali", Arrayan Path se ressaisit dans la dernière ligne droite avec "I Sail Accross The Seven Seas", qui renoue avec la très grande qualité des lignes vocales du début, et "The Fall Of Mardonius", très réussi bien qu'un poil répétitif.


Vous n'avez toujours pas séché les larmes provoquées par le dernier Maiden ? Vous n'avez pas été convaincu par le dernier album de Kamelot ? Vous trouvez que le dernier Edguy est une blague ? Alors laissez tomber les vieilles gloires rincées et regardez plutôt ce qui se passe du côté des sans grades. Avec un nouveau sans-faute à son compteur, à peine un an après un Terra Incognita déjà très séduisant, les Chypriotes d'Arrayan Path s'imposent comme un des grands espoirs du heavy metal mélodique, aux côtés des Autrichiens de Serenity. Comme quoi il n'y a pas que dans la finance que les grandes puissances occidentales abandonnent leur leadership…


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