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CHRONIQUE PAR ...

88
Mita
Cette chronique a été mise en ligne le 23 novembre 2011
Sa note : 16.5/20

LINE UP

-Irene Jericho
(chant)

-Jen Tonon
(guitare)

-Chris Kackley
(guitare)

-Joe Cariola
(basse)

-Jay Jericho
(batterie)

TRACKLIST

1)No More Peace Forever
2)Hell on Earth
3)The Fool
4)The Magus
5)Shackles
6)Poison Rain
7)The Priestess
8)What You Wanted
9)The Iron Cross
10)Pestilence

DISCOGRAPHIE

Satire X (2011)

Cassandra Syndrome - Satire X
(2011) - metal symphonique expérimental - Label : Figmental Records



Des groupes de metal sympho-lyrico en provenance des USA, ce n'est pas réellement monnaie courante. Ou alors ça l'est, mais nous, pauvres européens, n'en entendons pas tellement parler. Ou, solution numéro 3, je suis une inculte et instruisez-moi. Bref, trêve de plaisanteries et parlons d'une formation du Maryland qui réalise son second opus, Satire X. Cette dernière s'abrite derrière son égérie au look de madame loyal. Cassandra Syndrome semble, au départ, être encore un combo comme tous les autres. Difficile d'imaginer pourtant que cette formation est peut-être un probable nom à retenir … si ce n'est déjà le cas.

Cet album, c'est un certain défi pour l'apprivoiser car il n'est pas ce qu'il semble être en apparence, et dans un genre où on se résume souvent à copier l'un ou l'autre, sans personnalité, ces Américains décident de prendre tout à contre-courant et, contre vents et marées, de risquer le rejet d'une partie des amateurs du style symphonico-goth-lyrique. Et sérieusement, aux premières écoutes, ce Satire X est tout à fait rebutant par ses riffs lents et sombres, son chant théâtral et très expressif, sa noirceur et ses contours obscurs qui, au niveau de la guitare, peuvent parfois rappeler le dernier joyau en date des Portugais d'Ava Inferi (''No More Peace Forever'').

Ainsi, on ne pourra pas reprocher aux cinq membres du combo de chercher à racoler la minette groupie de Tarja, et ce malgré le chant lyrique d'Irène Jericho dont la maîtrise est tout à fait admirable, mais préférant expérimenter et se donner la peine de démontrer qu'elle possède des capacités étonnantes plutôt que de se reposer sur ses acquis. La musique n'est pas taillée pour être efficace, et ce manque de points directs et d'accroche va en décourager plus d'un. Cassandra Syndrome semble réellement travailler un aspect sombre et torturé que moult groupes du jour préfèrent éviter, peur de la prise de risque sans doute. En cela, non seulement la formation d'outre-Atlantique possède un sacré culot, mais également une bonne dose d'originalité.

A dire que le groupe aime jouer la carte du progressif, il n'y a parfois qu'un pas qui ne sera pas franchi. Et cette limite bien établie joue en la faveur du quintette qui, de surcroît, se sert surtout des instruments pour établir une atmosphère sur laquelle le chant va pouvoir jouer et faire frissonner. Et dans un sens, le combo se prend parfois à son propre piège, là où la voix toujours impressionnante va avoir du mal à combler un fond musical qui manque de richesse par rapport à ce que les membres savent faire (''What You Wanted'' passe à la trappe bien rapidement, de ce fait). Un défaut comblé par des morceaux parfois très solides, comme ''No More Peace Forever'' teintée d'occultisme ou ''Shackles'' et son piano envoûtant.

Cassandra Syndrome développe même une certaine tendance à l'avant-gardisme qui pourrait être complètement casse-gueule sans la dextérité des musiciens. En effet, faire tenir un chant lyrique pouvant passer dans des tons graves dramatiques et brillamment chantés sur des riffs tendant vers le heavy traditionnel (''Shackles'', ''The Iron Cross''), la pop (''The Priestess'') voir le stoner doom (''The Magus'', très réussie) assure une réelle variété au sein de Satire X, enlevant vite l'ennui des reproches à adresser à ces américains. Ajoutez à cela une production qui fait ressortir chaque instrument et vous obtenez vraiment un ensemble solide et cohérent.

C'est certain, ce groupe ne fera pas l'unanimité et la démarche théâtrale et particulière de Cassandra Syndrome ne plaira pas à tous, voire sera incomprise ou rejetée. On ne peut cependant nier le talent du quintette, ni blâmer une volonté de se démarquer fort bien négociée et, au demeurant, leur garantissant une place de choix dans le registre des groupes à forte identité musicale. Si la bizarrerie n'est pas encore au rang d'un Unexpect ou d'un Akphaezya, nul doute qu'avec Satire X, Cassandra Syndrome préfère néanmoins lorgner sur ces-derniers que vers Within Temptation ou Evanescence. Et sur une scène de plus en plus saturée, ce groupe Américain peut constituer une valeur refuge. A surveiller de très près.


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