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CHRONIQUE PAR ...

88
Mita
Cette chronique a été mise en ligne le 23 novembre 2011
Sa note : 14.5/20

LINE UP

-Giorgia Gueglio
(chant)

-Pier Gonella
(guitare)

-Steve Vawamas
(basse)

-Alessandro Bissa
(batterie)

TRACKLIST

1)Another Flower
2)Alone
3)Time 4 Lovers
4)Icy Moon
5)Au Premiere Coup
6)Dangerous Diamonds
7)Take Off
8)Blue Diamond
9)Lovin’ Me
10)Sixth Sun
11)Bitter & Sweet

DISCOGRAPHIE

Dangerous Diamonds (2011)
On Fire (2013)

Mastercastle - Dangerous Diamonds
(2011) - metal symphonique speed metal power metal - Label : Lion Music



Le nom de Mastercastle ne dira probablement rien à beaucoup d'entre vous, et je vais rétorquer que c'est tout à fait normal. Les deux premiers essais des Italiens, The Phoenix et Last Desire, sont très médiocres et ne possèdent rien de brillant, sans être le vide total. Parfois de bonnes idées, mais ça s'arrête là. Et puis, en 2011 c'est le 3e album en 3 ans. Difficile de croire que le groupe se remette en question. Leur ennuyeux power metal donnait envie de se tourner vers d'autres formations du genre plus intéressantes (Dawn of Destiny, à essayer pour les fans du style). Donc, Dangerous Diamonds ne suscite aucun espoir.

Finalement, plus on écoute ce Dangerous Diamonds et plus la bonne surprise s'installe lentement. Nous sommes loin de la médiocrité des premières écoutes, et même des opus précédents s'avérant franchement inintéressants. Et pourtant c'est encore et toujours la même chose, les mêmes éléments, les mêmes ingrédients et les mêmes ficelles. Mastercastle, sans paraître dédaigneuse, ne s'est pas foulé à chercher une quelconque originalité ni même à changer ce qui fait que ces Italiens restent eux-mêmes tout en n'étant pas d'une personnalité vraiment marquée. On retrouve toujours les mêmes riffs incisifs et soutenus, aidé par une tendance accentuée à la cavalcade, et ce comme des milliers d'autres combo de power metal. Et on fait dans le simpliste, pas de détours prog', l'objectif c'est d'aller droit vers son public même s'il faut se faire oublier après.
Tout ce qui est dit ci-dessus pourrait décrire cet album, mais en réalité, il nécessite plusieurs bonnes écoutes pour tout intégrer. Tout semble similaire, au départ, et puis finalement pas tant que ça, on commence à faire attention aux détails, aux petits apports par-ci par-là (comme les sympathiques lignes de basse, par exemple). Et les solos ont l'avantage d'être très travaillés et fouillés, ne manquant pas d'une certaine dextérité et d'une technique évidente de la part du guitariste. Pour preuve, l'instrumental ''Blue Diamond'' qui est une excellente surprise là-dedans, démontrant fort bien que les Italiens ne sont pas des manchots. Ni même leur chanteuse Giorgia qui, en plus de posséder une certaine identité vocale, chante bien, et s'adapte parfaitement aux registres, sauf sur la ballade ''Lovin' Me'' où elle est moins dans son élément.
En plus, le groupe sait manier l'art du refrain, là, il faut dire qu'il en a, des choses à raconter. Même s'il est loin de garder le meilleur pour la fin (en fait, le titre le plus efficace arrive tout de suite tant ''Another Flower'' est agréable), il en ressort quelques uns, mais tout reste cependant dans un domaine fortement classique. Aucune prise de risque et pour un troisième album, quand même, il faudrait peut-être penser à en prendre si on ne veut pas finir parmi la seconde zone jusqu'à la fin. La performance instrumentale est bonne, vocale également, mais il semble manquer encore un peu de génie là-dedans, celui qui forge les plus grands. Et pourtant, on pourrait le percevoir parfois, et il est absolument indéniable que Mastercastle maîtrise son sujet. Inspirées et énergiques, les compositions ont tout pour plaire et dans ce but-là, c'est réussi. Et à part l'ennuyeuse ballade, on ne notera rien de mauvais.


En somme, Mastercastle est parmi ces groupes qui avancent et font leur petit bout de chemin, mais qui laissent quand même entrevoir une certaine ambition derrière tout ça. Pour être à la hauteur, il faut donc sortir des sentiers balisés. Pour le moment, le quatuor italien a déjà décidé de ne plus laisser les influences trop transparentes et de soigner le contenu (même si c'est pas encore ça pour le visuel). Il reste du chemin à faire, mais celui-ci est en bonne voie vers une ascension prometteuse. Et si on suit la logique, alors la réalisation suivante sera encore meilleure. Et ça, ça laisse enthousiaste.



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