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CHRONIQUE PAR ...

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Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 11 novembre 2011
Sa note : 16/20

LINE UP

-Chuck Schuldiner
(guitare+chant)

-Andy Larocque
(guitare)

-Steve Di Gorgio
(basse)

-Gene Hoglan
(batterie)

TRACKLIST

Disc 1:
1)Overactive Imagination
2)
In Human Form
3)Jealousy
4)
Trapped In A Corner
5)Nothing Is Everything
6)Mentally Blind
7)Individual Thought Patterns
8)Destiny
9)Out Of Touch
10)The Philosopher

Disc 2:
Live In Germany - April 13, 1993
1)Leprosy
2)Suicide Machine
3)Living Monstrosity
4)Overactive Imagination
5)Flattening Of Emotions
6)Within The Mind
7)In Human Form
8)Lack Of Comprehension
9)Trapped In A Corner
10)Zombie Ritual

"Individual Thought Patterns" Studio Outtake:
11)The Exorcist

Disc 3:
Four-Track Demos - Chuck & Gene - December 1992
1)Overactive Imagination
2)In Human Form
3)The Philosopher
4)Trapped In A Corner
5)Individual Thought Patterns
6)Jealousy
7)Nothing Is Everything
8)Destiny
9)Mentally Blind
10)Out Of Touch

Chuck's Riff Tape - 1992
11)In Human Form
12)The Philosopher
13)Trapped in a Corner

DISCOGRAPHIE


Death - Individual Thought Patterns - Deluxe Reissue
(2011) - death metal - Label : Relapse Records



Individual Thought Patterns a ouvert une porte, dans laquelle continuent de s’engouffrer encore aujourd’hui moult groupes de death technique. Et l’on parle d’un album qui n’est pas très loin de fêter ses 20 ans d’existence. Alors bien sûr, l’autre chef-d’œuvre de Death, Human, avait entrouvert le passage, mais c’est en 1993 que Death, avec son 5ème album, est passé du statut de « groupe génial » à celui de « légende vivante ». Encore aujourd’hui, Individual Thought Patterns est plus qu’une pierre ayant marqué l’histoire du metal : il est un album encore vivant, brûlant, comme s’il venait de sortir du fourneau incandescent qu’est - qu'était - le génie de Schuldiner. Et cela, Relapse l’a bien compris.

Se lançant dans une ambitieuse réédition des albums de Death, Relapse n’entreprend pas tant de dépoussiérer des albums qui n’en ont pas vraiment besoin que de rendre hommage à l’un des artistes les plus unanimement regretté du monde du métal (et au passage, essayer de se faire un peu de blé sur le dos des fans, mais le monde est ainsi fait). Comme le précisait mon collègue Oni², si The Sound Of Perseverance n’avait pas vraiment besoin d’un lifting, plus l’on remonte le temps, et plus les albums de Death bénéficiaient de productions inégales, qui certes font une partie de leur charme mais qui méritaient sans doute mieux. Est-ce le cas pour Individual Thought Patterns ? Pas forcément, et Relapse ne s’y est pas vraiment trompé : son opération de remastering rehausse le volume, donne plus d’ampleur au son, mais ne le trahit pas plus qu’il ne le révèle. Il se contente d’un coup de polish et d’une légère modernisation. Peu de chance donc que les fans hardcore du groupe crient à la trahison. Là où, le remaster de Human permettait à l’album de mieux respirer et donc d’en mieux saisir les subtilités (la basse, en l’occurrence, ressortait mieux), ici, pas de redécouverte ou de relecture mais un regain de puissance.
Faut-il refaire l’article de Individual Thought Patterns ? Album majestueux, profond, technique, novateur (à l’époque, mais encore inégalé aujourd’hui malgré les nombreuses tentatives d’Augury, Illogicist et autres Obscura qui lui empruntent plus ou moins subtilement ses éléments moteurs), que certains n’hésitent pas à affubler de termes tels que « parfait », « intouchable »… Individual Thought Patterns est bien tout cela, et une chose est sûre : de "Jealousy" à "Nothing Is Everything" en passant par "The Philosopher" ou "In Human Form", il n’y a aucun moment faible, aucun titre à rejeter dans cet album. L’invitation de Relapse à le redécouvrir est donc en soi une proposition difficile à refuser, même pour qui connait cet album sur le bout des doigts. Quant aux bonus, à quoi doit-on s’attendre, quand les deux remasters précédents (The Sound of Perseverance et Human) étaient généreusement pourvus en versions studio/démo toutes plus inutiles les unes que les autres, ne servant qu’à remplir les CDs et faire grimper le prix de vente ? Eh bien pour une fois, Relapse nous propose un contenu – un peu – plus intéressant, ne justifiant toutefois pas l’investissement s’il n’est réalisé que pour les bonus.
Cette fois, c’est à un live que l’on a droit. Enregistré en avril 1993 en Allemagne, autant vous prévenir tout de suite : c’est du brut de chez brut, pour le meilleur et pour le pire…si le son n’est pas catastrophique (ça n’est pas non plus un bootleg pirate, même si l’on ignore les conditions d’enregistrement), il ne brille pas non plus par sa puissance. Mais indéniablement, son côté « live » un peu crados lui donne une sympathique authenticité. Authenticité renforcée par l’absence d’overdubs, comme le prouvent le nombre de solos ratés, pleins de pains et de fausses notes (l’intro de "Lack Of Comprehension", par exemple, une vraie boulangerie). Ça ne remet pas en cause l’excellent niveau technique des différents membres du groupe qui n’ont de toutes façons rien à prouver (Larocque, Di Gorgio, Hoglan…excusez du peu), mais fait des fois un peu mal aux oreilles (le solo de "Living Monstrosity" ou celui de "Flattening Of Emotions"). Mais on vous l’a dit : c’est du brut de décoffrage, donnant l’impression d’être dans la salle, à manger son quota de décibels, et tant pis pour la précision d’orfèvre qui est de mise au studio. La tracklist du live revisite les classiques pre-1993, faisant évidemment la part belle à Individual Thought Patterns, et terminant sur un "Zombie Ritual" sauvage et défoulant.


Le troisième CD – que nous n’avions pas dans la version promo – ne propose qu’une version démo de l’album, et ne présente très certainement que peu d’intérêt. On se concentrera donc sur les deux premiers CDs, avec lesquels les fans se régaleront. Quant au reste…votre petit cousin se met timidement au métal ? Voilà un cadeau tout trouvé pour les fêtes de fin d’années : il découvrira ainsi l’un des monuments du death (voire du metal tout court) dans une version un poil plus puissante que celle de 1993, qui ne déplaira pas à votre idiot de petit cousin élevé à grands coups de basse et de mastering à faire trembler les murs en oubliant qu'un bon album, c'est avant le mixage qu'il s'écrit…


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