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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 10 novembre 2011
Sa note : 13.5/20

LINE UP

-Bruce Corbitt 
(chant) 

-Scott Shelby 
(guitare) 

-Rick Perry 
(guitare) 

-Alan Bovee 
(basse) 

-Joe Gonzales 
(batterie) 

TRACKLIST

1) Krush The Enemy
2) Unleashed
3) Self Will Run Riot
4) The Plague At Hand
5) Blackened Heart
6) Scorched Earth Policy
7) Guardian Angel
8) The Controller
9) Stalker
10) We Are The Vultures

DISCOGRAPHIE


Warbeast - Krush The Enemy



C'est marrant tous ces vieux crabes qui n'ont pas réussi à percer dans les années 80 et qui remettent le couvert aujourd'hui. Nostalgie ? Désir de revanche sur le destin ? Et quand certains gars ne parviennent pas à reformer le groupe initial, ils allient leurs forces avec des potes dans la même situation. C'est le cas de Warbeast, groupe initialement créé sous le nom judicieux de Texas Metal Alliance et qui regroupe le premier chanteur de Rigor Mortis et la plupart des musiciens de Gammacide.

Les amateurs de thrash ont sûrement déjà entendu parler de Rigor Mortis, groupe texan ayant aligné deux albums pas dégueu fin 80's / début 90's. Pas suffisant toutefois pour accéder à la postérité, et avec le recul, Rigor Mortis est davantage connu pour avoir été le premier groupe de Mike Scaccia (Ministry) et de Casey Orr (longtemps bassiste de GWAR). En ce qui concerne Gammacide, là on s'adresse déjà aux spéléologues du thrash, ceux qui ont acquis une connaissance quasi encyclopédique du genre, ceux qui sont allés fureter sur tous les terrains de division d'honneur pour voir s'il n'y avait pas un talent caché à découvrir. De toute façon, peu importe si vous ne connaissez pas l'œuvre de ces deux groupes, car Warbeast ne capitalise pas spécialement sur le passé. Bien sûr, vu le pedigree des gars, le menu est à base de thrash old school, mais dans une veine moins sauvage que l'éponyme de Rigor Mortis (Bruce Corbitt n'ayant pas participé à Rigor Mortis vs The World) ou Victims of Science, unique album de Gammacide. De plus, l'influence heavy se fait un plus présente chez Warbeast que chez ses grands frères ("Self Will Run Riot", "Stalker"), et on trouve même quelques passages plus modernes et groovy de temps en temps (le refrain irrésistible de "Guardian Angel" ou "We Are The Vultures" dans son ensemble).
Même sans faire preuve d'une imagination débordante, les Texans font mouche à plusieurs reprises, comme avec l'irrésistible "Blackened Heart", habile mélange d'adrénaline pure et de mélodie. Maintenant, s'il fallait citer un nom qui revient plusieurs fois en tête lors de l'écoute de cet album, ce serait tout de même Slayer. Parfois, Warbeast parvient à faire en sorte que son thrash ne se rapproche pas trop de celui du Maître, comme sur le furax "Krush The Enemy" (avec un K, comme Krusty le clown) ou sur "The Controller" ; mais sur des titres comme "The Plague At Hand" ou "Scorched Earth Policy", impossible de ne pas faire le rapprochement tant les similitudes sont présentes : les riffs, le style du batteur (au niveau des cymbales notamment, cf. le couplet de "The Plague At Hand"), quelques solos en mode branlette du vibrato ou encore la prod' délicieusement rétro. Mais bon, mine de rien, l'affaire est rondement bien menée. En revanche, la voix Bruce Corbitt sonne nettement moins agressive qu'il y a 20 ans et lorgne aujourd'hui davantage vers celle de Phil Anselmo, dont il livre une imitation parfaite sur le break de "Krush The Enemy" (ironie de l'histoire, avant d'être réédité par Hammerheart, cet album est initialement paru l'an dernier sur Housecore Records, le label de l'ancien vocaliste de Pantera).


Quand on voit comment les jeunes groupes de la vague revival galèrent pour sortir des trucs qui tiennent la route, on se dit qu'en matière de thrash, ce n'est pas aux vieux singes qu'on va apprendre à faire la grimace. Les gars de Warbeast ne sont peut-être pas des génies, en aucun cas ils ne représentent l'avenir, mais le jour où vous avez envie de vous faire un petit shoot de thrash sans ressortir pour la énième fois vos vieux Slayer ou Exodus, c'est à des mecs comme eux qu'il faut faire appel. Un bon petit album de Ligue 2.


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