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CHRONIQUE PAR ...

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Seth
Cette chronique a été mise en ligne le 10 novembre 2011
Sa note : 15/20

LINE UP

-Jonas Hedigert 
(chant)

-Elias Holmlid
(claviers)

-Olof Mörck
(guitare)

-Jesse Lindskog
(guitare)

-Anders Hammer
(basse)

-Morten Lowe Sorensen
(batterie)

TRACKLIST

1)Ilmarion
2)Shadow of the Mithril Mountains
3)The Tempest
4)A Thousand Towers White
5)Fire and Brimstone
6)The Black Mare
7)Lady of Goldenwood
8)Dûrnir's Forge
9)The Trials of Mount Farnor
10)Thrones of Bones
11)Under the Grey Banner
12)Ivory Shores

DISCOGRAPHIE


Dragonland - Under the Grey Banner
(2011) - heavy metal mélodique - Label : AFM Records



Dragonland fait partie de la grande famille des groupes « Heroic Fantasy » fans du Seigneur des Anneaux et de dragons ; un style qui a toujours été décrié et parodié pour son côté irréaliste (et parfois surréaliste), immature, mais aussi largement surjoué pour le plus grand plaisir des groupes mais aussi des amateurs insatiables de ces univers inaccessibles. Dragonland est cependant bien loin de la mauvaise parodie de Rhapsody, loin de là ; et de cela, on s’en aperçoit très vite à l’écoute.

Car après une introduction réellement immersive, tant par la mélodie superbe d’"Ilmarion" que par l’histoire racontée par la suite au début de "Shadows of the Mithril Mountains", c’est avec un enthousiasme sans cesse renouvelé que l’on laisse la fraîcheur de Dragonland nous emporter immédiatement dans une noble quête au cœur des Terres du Dragon, au son de mélodies souvent grandioses qui n’auront pas trop à rougir auprès des anciens. Il est clair que le parallèle avec les maitres incontestés du genre qui sont Blind Guardian et Rhapsody of Fire sera immédiatement fait, et qu’il est toujours difficile pour un groupe débutant de tenir la comparaison, mais arriver à un tel niveau d’épique et d’orchestral, avec une production à la hauteur d’une telle musique, c’est toujours un exploit que l’on peut saluer. D’autant plus que les compositions, tout comme la voix, ne s’avèreront pas mauvaises du tout, bien au contraire.
Dragonland joue un power metal épique et superbe, à coup de dragons, de magie et de guitares et de chœurs envoûtants, comme sur "Shadow of the Mithril Mountains" ou "The Black Mare". L’auditeur aura vraiment le sentiment qu’on lui raconte une histoire, avec les moments plus clairs, puis plus sombres, des passages calmes et d’autres plus guerriers, des confrontations avec les « méchants »… On n’a pas forcément besoin de savoir qui ils sont, juste qu’ils sont méchants… Il est d’ailleurs à regretter le seul petit aspect parodique de l’album résidant dans l’utilisation d’une grosse voix de méchant pour incarner l’ennemi, notamment dans le passage théâtral de "Under the Grey Banner". Dragonland nous offre cependant un superbe final d’une pureté parfaite, qui fera immanquablement penser au départ des Havres Gris à la fin du Seigneur des Anneaux.  Ce final calme et magnifique sur "Ivory Shores" conclue d’ailleurs l’histoire que nous a contée Dragonland de la meilleure des façons qui soit.
Seul problème : cette chanson fait directement penser aux mélodies d’Enya que la chanteuse avait spécialement composé pour la bande originale du film du Seigneur des Anneaux. Et au vu du choix des titres et des thèmes de cet album et de Dragonland dans son œuvre en général, il ne s’agit là guère d’un simple malentendu. Il peut en effet s’avérer ennuyeux qu’à chaque passage calme ou l’on trouvera cela particulièrement beau, cela ressemble inévitablement et à s’y méprendre aux ambiances créées par Enya pour ce film. Mais après tout, ce ne seront pas les premiers à apprécier le thème d’un film et à lui donner une nouvelle énergie, plus métallique que la version originale, soit en composant une musique assez proche, soit en reprenant carrément la mélodie originale (le "No Quarter" d'Alestorm qui reprend le thème de Pirates des Caraïbes pour en faire quelque chose de clairement enthousiasmant). En définitive, pourquoi bouder son plaisir quand au final le résultat est tout simplement un pur bonheur pour les oreilles ?


C’est donc avec un superbe album, contenant tous les ingrédients nécessaires au mélodique, au power et à l’épique, mais avec leur petite touche en plus qui rendent leur musicalité si plaisante que les suédois nous honorent de leur cinquième album, qui est la preuve que ce groupe, en activité depuis 1999, mérite clairement sa place au Vallhala du metal épique.


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