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CHRONIQUE PAR ...

90
Seth
Cette chronique a été mise en ligne le 08 novembre 2011
Sa note : 11/20

LINE UP

-Rop van Haren
(chant)

-Rick Bouwman
(guitare)

-Marcel Heesakkers
(guitare)

-Toine van der Linden
(basse)

-Wilfried Broekman
(batterie)

TRACKLIST

1)D.I.
2)Afterlife
3)Art of Deception
4)Circle of 8
5)All Warriors Blood
6)The Uninvited 
7)Insensible Scream
8)Scene of Hell
9)Fake
10)Justified Killing
11)Locked
12)Speed of Samurai

DISCOGRAPHIE

Circle of 8 (2011)

Martyr - Circle of 8
(2011) - heavy metal - Label : Metal Blade Records



Martyr est un groupe qui a du vécu derrière lui puisque la formation initiale remonte à 1982, à l’époque ou Martyr est rapidement devenu une référence avec deux albums qui ont marqué la décennie et le heavy metal, For the Universe et Darkness at Time’s Edge. Puis, après avoir splitté pendant plus de vingt ans, ils avaient fait leur come-back au milieu des années 2000 et reviennent aujourd’hui avec leur deuxième album depuis leur reformation, Circle of 8.

C’est une suite de chansons particulièrement solides, lourdes et épaisses que contient cet album aux accents souvent « thrashesques », notamment sur des chansons comme "Fake", parfois aux limites du doom, avec "All Warriors Blood". Martyr joue un heavy metal puissant, cohérent, totalement old school. Il n’y a pas de réelle originalité dans la façon de composer ni de prise de risque pour ce groupe qui a posé ses marques dans les années 80, a splitté, puis s’est reformé sur ses propres cendres et s’est remis à composer dans ses propres traces. Cependant, à l’image de l’artwork choisi pour orner l’album, l’ambiance est lourde, un peu intenable et poisseuse, plongeant l’auditeur dans une geôle sombre au fond de son esprit. Il reste cependant à regretter que l’ensemble soit finalement un peu trop homogène.
Car voilà le vrai problème de cet album, qui n’est absolument pas mal composé, mais qui peut réellement manquer d’originalité, plongeant l’auditeur dans une suite de déjà-vus tels que l’on finit presque par décrocher à l’écoute des différents morceaux. Les riffs sont assez similaires, les chansons finalement peu marquantes, ce qui est vraiment dommage car on aura plusieurs passages acoustiques de belle qualité (intro de "D.I." et de "All Warriors Blood"), qu’il aurait été intéressant de faire évoluer au lieu de les abandonner froidement après l’intro du morceau pour retourner à un riff classique. L’introduction parlée au tout début de l’album fera d’ailleurs étrangement penser à l’ambiance du concept album d’Abydos, projet du chanteur de Vanden Plas, Andy Kuntz. Malheureusement par la suite, jamais Circle of 8 ne sera musicalement à la hauteur de ce chef d’œuvre.
C’est bien musicalement que le bât blesse au final, puisqu’on a parfois l’impression que cet élément clé de la création musicale, la mélodie, est tout bonnement absente de la composition, ou en profonde demi-teinte. Ce manque de mélodie fait que l’on ne peut s’attacher à rien à l’écoute, et accélère l’arrivée du moment où l’on va purement et simplement décrocher. Le pire, c’est que la mélodie chantée pourra même finir par devenir agaçante par un côté lancinant et répétitif, comme dans "Art of Deception", ou "Insensible Scream" qui porte bien son nom, en hérissant le poil de l’échine sans pour autant procurer la moindre sensation de plaisir… Un autre exemple sera la chanson "Speed of Samurai", un titre de 1985 que le groupe a réenregistré pour Circle of 8. Ce morceau semble s’éterniser alors qu’il ne dure en réalité que 5 minutes.


Les fans de Martyr sont probablement ravis depuis la reformation officielle du groupe il y a quelques années, et ne pourront qu’accueillir avec enthousiasme ce quatrième album (oui, quatre albums en 30 ans, c’est épique). Avis cependant aux amateurs de mélodies, cet album n’est probablement pas ce que vous recherchez.


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