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CHRONIQUE PAR ...

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Dimebag
Cette chronique a été mise en ligne le 31 octobre 2011
Sa note : 09/20

LINE UP

-David Stephens
(chant)

-Kyle Pavone
(chant+claviers)

-Brian Lou Cotton
(guitare)

-Joshua Moore
(guitare)

-Andrew Glass
(basse)

-Eric Choi
(batterie)

TRACKLIST

1)Mis//Understanding
2)Everything As Planned
3)What I Wished I Never Had
4)Cast The First Stone
5)The Way That We Have Been
6)A War Inside
7)Stay Inspired
8)Just Keep Breathing
9)Views That Never Cease, To Keep Me From Myself
10)What My Heart Heald
11)I Can't Make Your Decisions For You
12)Understanding What We've Grown To Be

DISCOGRAPHIE


We Came As Romans - Understanding What We've Grown To Be
(2011) - metalcore soupe electro émo pop US - Label : Equal Visions



Sans me la raconter, je savais précisément à quoi m'attendre quand j'ai reçu le deuxième opus des américains de WCAR (la réponse à la grande question : c'est quoi ce nom de groupe ? Dans l'interview des ricains à paraître prochainement dans ces pages). Issus de la « seconde vague » métalcore US, c'est-à-dire tous les groupes fondés vers 2005-2007 et qui s'inspirent des groupes métalcore classiques en incorporant encore plus d'éléments mélodiques et inspirés de la scène émo voire pop, We Came As Romans est typiquement le groupe de métal qui n'a plus grand chose de métal.

Faut-il pour autant sévèrement les lyncher ? Pas avant de voir si leur musique, si mainstream soit-elle, ne mérite tout de même pas un minimum d'intérêt. Analyse donc. Mais hélas, après quelques écoutes, si le constat est peut-être plus mesuré que ce à quoi on aurait pu s'attendre, il s'avère tout de même assez clair : tout cela est quand même assez vilain. WCAR sonnait déjà très émo pop sur son premier opus, et la donne ne s'est clairement pas inversée sur le second. C'est même plutôt le contraire. Pas besoin de chercher bien loin pour s'en convaincre. Dès le premier morceau ("Mis//Understanding"), le pont ultra émo à 2'50 est un foutu lavement, sans parler du refrain, mais on reviendra sur ceux-ci.  "What I Wish I Never Had" est du même acabit, intro carrément électro-pop, ultra mainstream également cela va sans dire, mais la montée usant de couches de synthés et de samples groove plutôt bien, comme d'ailleurs le groupe de manière générale, seulement voilà : pas-moyen-d'échapper-plus-de-30-secondes de rang à cette horripilante voix claire ultra gay friendly, manquant singulièrement de variété et de modulations qui plus. Cette voix casse absolument tout, systématiquement, et elle est présente sur toutes les compos sans exception, sans pitié pour les éventuels fans qui auraient espéré un ou deux morceaux qui arrachaient un peu plus.
Mais ce n'est pas le seul grief sur lequel il est aisé d'allumer WCAR. De manière générale, le groupe use et abuse beaucoup trop de beatdowns hardcore typiques du genre (et tout aussi présents dans le deathcore), ultra basiques, et surtout insérés à la va-vite dans les compos. Au rang des grosses satisfactions par contre, et même si c'est bien la seule, l'utilisation des samples (notamment des cordes et des claviers) et autres beat electro est super bien gérée, rendant l'ensemble très frais et moderne ("The Way That We Have Been"). De même, la prod' est au taquet et les mecs savent jouer, c'est indéniable. Il y a du talent d'écriture et de la technique à revendre, les mecs de Troy, Michigan, savent faire évoluer leurs compos et ne se contentent pas de vagues radio edit de 3'30 (l'intro de "What I Wish I Never Had" déchire tout, rappelant les pointures du genre tels This Or The Apocalypse, de même que certaines séquences de "A War Inside"). Cela dit, même si on a le sentiment que les américains ont bien écrit douze morceaux, il semble tout aussi clair qu'ils n'ont à peu de choses près composé qu'un seul et unique refrain, assez niais, et placé à l'identique dans chacune des chansons, tant ceux-ci se ressemblent tous sur cet opus.


Je n'irais pas plus loin car très franchement cet album me gave tout de même assez profondément. Il est difficile de prétendre continuer à faire du métal en sonnant aussi grand public. Après peut-être me suis-je fourvoyé, peut-être qu'après tout ce groupe est devenu un groupe d'électro-émo un peu couillu par moments. Cela n'enlève en rien au côté très horripilant de l'abus complet de vocaux pour teenages en manque de sensations fortes, mais pas trop. Pour résumer l'album, je dirais que c'est du This Or The Apocalypse en beaucoup plus mainstream. Si vous aimez Asking Alexandria, A Day To Remember ou toutes ces conneries, jetez vous dessus, vous allez adorer. Sinon, point de salut.


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