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CHRONIQUE PAR ...

88
Mita
Cette chronique a été mise en ligne le 16 octobre 2011
Sa note : 18/20

LINE UP

-Kathy
(chant+guitare)

-Igor
(chant+guitare)

-Jérémy
(basse)

-Bertrand
(batterie)

TRACKLIST

1)Never Rising Sun
2)End of Time
3)The Elder Sign
4)I Dreamt
5)Last Moments
6)I'm the Crusher
7)Silent Land
8)Forever...
9)...Still
10)Unveiled

11)Where the Vision Led

DISCOGRAPHIE

Cabale (2011)

Dylath-Leen - Cabale
(2011) - death metal atmosphérique progressif - Label : Autoproduction



Grosse baffe, putain de claque, c'est un peu les pensées qui viennent pour ceux qui peuvent apprécier l'univers de Semeïon, précédent album de Dylath-Leen. A l'heure où le death tend à tourner en rond (en particulier le death melo), les Frenchies nous proposaient une musique originale, à la fois technique mais impressionnante d'ambiances malsaines et de noirceur. C'est bien simple, écouter l'album revenait à lire du Lovecraft, l'univers étant le même. Mais vu le style ''décalé''et le coup de génie des nordistes, on pouvait craindre un échec de Cabale si la formule vieillissait. Ben non.

De toutes les qualités qu'il est important de posséder quand le nombre de formations accroît sur une scène, l'originalité est probablement celle qui prime. Et il est bon de constater que Dylath-Leen la possède, conférant à la musique du groupe une aura qui lui est propre. Nous sommes bien loin des rivages metalcore abordés par une multitude d'autres, ou encore de ce rentre-dedans intempestif suggéré par certains. Non, là encore, la synthèse est faite entre un metal atmosphérique, posé, voir très progressif avec des structures extrêmement changeantes, des breaks sans réelle régularité mais efficaces qui ponctuent la musique d'une touche sombre, glaçante. Les Français ne sont pas là pour être des suiveurs et cela s'entend, c'est ce qui montre toute l'ambition cachée derrière une complexité rassurante. Et rien que pour fournir cet effort, ces jeunes gens gagnent déjà beaucoup de sympathie même auprès des plus exigeants, qui, en plus de trouver leur compte dans Cabale, salueront la démarche.
Mais, c'est un risque que Dylath-Leen prend, la musique manque de facilité d'accès. Prévenons d'emblée, elle ne sera pas là pour plaire à tout le monde, et on aime ou pas. Il faut quand même reconnaître, peu importe le camp où on se situe, que le quatuor possède un grand goût pour le risque et n'hésite pas à rester sur le chemin de l'intégrité, ne suivant pas la tendance actuelle aux sonorités electro ou moderne. Quitte à ne pas avoir un succès immense et faire le buzz, le groupe décide de rester authentique, fidèle à lui-même, et si la démarche est semblable à celle de Semeïon, cet album-ci est encore différent, semblant même bien plus mature, davantage travaillé et construit. Le rendu en est stupéfiant, les musiciens nous accouchant de compositions adroites, sans approximations, mais ne sacrifiant en rien la spontanéité, bien au contraire. Impossible de dire que les mélodies sont prévisibles ou naïves tant on sent l'aboutissement derrière chaque note. Et ce n'est pas les voix qui pénaliseront Cabale
Les lignes de chant sont toujours partagées entre les voix de Kathy et d'Igor, chacun avec son growl respectif et doté surtout de beaucoup de personnalité, tout comme la musique. Et, à l'instar de cette dernière, ils peuvent rebuter, car celui de la jeune femme est très ''haut-perché'', pouvant faire fuir, ou au contraire impressionner, car la frontwoman est talentueuse et sait pousser la voix comme il faut, au point d'en devenir parfois impressionnante ! Quelques lignes de chant clair apparaissent également, et le timbre de la belle est vraiment agréable. Igor est plus sombre, caverneux, apporte une ombre d'inquiétude et de mystère qui rode sur Cabale. Chacun officie seul sur quelques morceaux (Igor sur ''The Elder Sign'', ''Silent Land'' et ''Last Moments'', Kathy sur ''Never Rising Sun'', ''I Dreamt'', ''I'm the Crusher'' ou ''...Still''). Sur les autres (mise à part l'instrumentale ''Forever...''), c'est en commun.
Et comme sur le précédent, on retrouve de très bons titres. Mais là, c'est différent. Dylath-Leen nous pond une merveille, plus atmosphérique encore, qui prend aux tripes, et submerge d'émotions. Les deux ensembles, ''Forever...Still'' ne formeraient qu'un seul titre d'environ 9 minutes, mais qui passent à une vitesse folle ! C'est même l'un des meilleurs morceaux de death de 2011, voir plus … si prenant, éblouissant, les mots ne suffisent plus ! Sinon, ''Never Rising Sun'' et ''The Elder Sign'' sont accrocheuses et c'est peut-être ce qui pouvait parfois faire défaut à Semeïon. Du coup, Cabale rectifie les quelques (très) légères erreurs commises par son prédécesseur. Autre moment fort, ''I Dreamt'' est un titre qui mérite vraiment le coup d’œil (ou plutôt d'oreille) par l'ambiance qui s'en dégage et par son intensité …

Grosse baffe, putain de claque, c'est un peu les pensées qui viennent pour ceux qui peuvent apprécier l'univers de Cabale, nouvel album de Dylath-Leen. Car la musique réunit des qualités qui aujourd'hui semblent se faire rare, et particulièrement celle de l'originalité. Car oui, les français ont une identité affirmée, qu'ils montrent encore avec ce superbe nouvel opus. Même si tout le monde n’adhérera pas et n'entrera pas comme cela dans l'univers si particulier du quatuor, c'est un véritable éblouissement qui est offert à nous, et, vraiment, l'une des meilleures sorties de l'année, hé oui !


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