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CHRONIQUE PAR ...

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Silverbard
Cette chronique a été mise en ligne le 14 octobre 2011
Sa note : 11/20

LINE UP

-Gregor Mackintosh
(chant+guitare)

-Hamish Glencross
(guitare)

-Mully
(guitare)

-Scoot
(basse)

-Adrian Erlandsson
(batterie)

TRACKLIST

1)All Will Suffer
2)Desecration
3)Ravenous Whore
4)Cathedrals Of Dread
5)As The World Collapses
6)A Thousand Martyrs
7)Seeds
8)Humanity Wept
9)My Black Siberia
10)The Divine Have Fled
11)The Grim Irony

DISCOGRAPHIE


Vallenfyre - A Fragile King
(2011) - death metal doom metal - Label : Century Media



Novembre 2009. Les fans français de Paradise Lost se trouvent floués : ils viennent d'apprendre que le concert de leurs idoles le mois prochain à l'Elysée Montmartre se fera sans leur leader charismatique Gregor Mackintosh. Derrière cette trahison se cache pourtant un terrible drame : le guitariste-compositeur vient d'apprendre que son père est atteint d'un cancer des reins en phase terminale, il ne lui reste que quelques semaines à vivre.

Gregor prend alors la triste décision de rejoindre sa mère et son père souffrant, afin de passer ses derniers jours à ses côtés. La mort ne fait pas attendre et Gregor est à l'évidence anéanti. C'est afin de sortir de ce tourment destructeur qu'est né Vallenfyre. Paradise Lost étant pourtant propice aux thèmes funestes, c'est tout autre chose qui émergeât du cerveau du guitariste. La mort de son père le replongea en enfance, à l'époque où il commençait à jouer aux côtés de groupes qui étaient alors ses idoles: toute la scène death, crust et doom naissante. Citons pêle-mêle les références du genre: Autopsy, Morbid Angel, Carcass, Bolt Thrower ou encore Napalm Death furent les premiers amours de l'ami Gregor et sont également le principales influences de ce A Fragile King. Pour la réalisation de l'album, il fit appel à quelques vieux amis dont Hamish Glencross (My Dying Bride) et Adrian Erlandsson, ancien batteur d'At The Gates officiant désormais chez Paradise Lost.
A l'instar d'un Bloodbath, Vallenfyre est un projet qui revisite le death old school (avec une tendance doom bien plus marquée que les Suédois toutefois) dans un esprit "fun" (selon les mots de Gregor !), disons purement distractif. Ainsi, on ne s'éternisera pas sur l'originalité et l'innovation qui ne sont guère de la partie. Le rendu sonore est néanmoins une vraie réussite : la production "nineties" grasse, crasseuse et suintante est reproduite avec brio. L'ambiance est clairement pesante, le deuil se faire ressentir jusqu'au nom de l'album, qui fait référence au père de Gregor Mackintosh. Ce dernier livre également un growl caverneux de circonstance, qui aurait parfaitement collé sur les premiers Paradise Lost. La remarque peut d'ailleurs se généraliser à la guitare, puisque plusieurs leads subtilement amenés évoquent furieusement Gothic ou Shades of God et trahissent la patte de Gregor. Sur le format des titres, tout s'enchaîne très vite car aucun morceau n'excède les 5 minutes.
C'est sur les chapeaux de roues que s'ouvre la galette, l'opener "All Will Suffer" envoie du lourd d'entrée, vite relayé par "Desecration", chef d'ouvre de death/doom au magnifique final complaintif. Le groupe varie les plaisirs et les styles à sa guise, tantôt vers le death poisseux ("Cathedrals of Dread", "The Divine Have Fled"), parfois plus furieux ("Ravenous Whore", "As The World Collapses") ou complètement doom ("Seeds"). L'enchaînement est plutôt réussi et cette variété est appréciable. Cependant, beaucoup de titres marquent peu les esprits et il vient une impression assez dérangeante : celle d'un album très agréable à l'écoute mais sans réelle profondeur. La fin de l'album recèle néanmoins de quelques surprises : "Humanity Wept" tangente le grind et le titre final "The Grim Irony" se démarque un peu du lot. A qui s'adresse alors cet album ? Les amateurs de death old school y trouveront vraisemblablement de quoi se distraire tandis que les fans de Paradise Lost (première et/ou nouvelle période) apprécieront sûrement la démarche.


Difficile dès lors de juger A Fragile King. Si la démarche est courageuse et séduisante, on peut regretter que Gregor Mackintosh et ses compagnons aient un peu trop joué la carte de la sécurité en innovant assez peu bien que les soli de guitare torturés apportent un véritable plus à l'ensemble. Si ce projet est voué à se poursuivre dans le futur, une prise de risque plus franche serait nécessaire pour que l'intérêt soit au rendez-vous. Mais passons pour cette fois et secouons nos nuques comme il se doit !


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