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CHRONIQUE PAR ...

73
Dimebag
Cette chronique a été mise en ligne le 03 octobre 2011
Sa note : 14/20

LINE UP

- Andreas Gerdén
(chant)

- Marcus Bertilsson
(guitare)

- Johan Ylenstrand
(basse)

- Joakim Malmborg
(batterie)

TRACKLIST

1)Tell Us, Parasites
2)Escaping The Black Hole
3)Zen
4)Dogmaties Paralies
5)The Supreme Treachery
6)The Oculus
7)While Surpassing Ether
8)Vergelmer
9)Chamber Of Apathy
10)Memento
11)Me Tem Psy Cho Sis
12)Cadaver Inc.
13)Of Sublime Dimensions

DISCOGRAPHIE


Inevitable End - The Oculus
(2011) - hardcore mathcore - Label : Relapse Records



Attention les petits et les grands et les vieux et les moches, devant vos yeux ébahis : la violence. La folie. La dangerosité. Le bruit, la fureur, le bordel, la cacophonie quoi. Techniquement maitrisée certes, organisée c'est moins sûr, jouissive par instants, déconcertante le reste du temps, un peu vaine également : Inevitable End, jeune groupe suédois, vous présente sa champêtre deuxième livrée. Du death grind virulent des débuts, le groupe officie maintenant dans un mathcore déglingué, armé de ses voix à la limite du supportable : une plongée en apnée dans le monde merveilleux de The Oculus.

Rien ne laissait pourtant présager telle agression : au vu du nom du groupe, de la pochette somme toute assez classique et de la nationalité des gandins, le critique mal avisé qui n'a pas fait son élémentaire boulot de recherche pré-chroniquage sur le groupe s'est retrouvé assez surpris, voire désemparé, devant le déferlement de notes et de baffes cloutées que constitue cet ''Oculus''. D'autant qu'en bon professionnel, le critique pour le coup un peu plus avisé que précédemment avait posé ses oreilles sur la première sortie du groupe (il est toujours utile d'avoir un point de comparaison solide sous peine de passer à l'as les éventuelles évolutions artistiques d'un groupe : cours de chroniquage 1.0.1) pour y découvrir un groupe de death grind brutal, légèrement bas du front et pourtant inspiré, mais somme toute classique. Rien ne laissait véritablement présager un tel revirement. Mais comme il s'agit bien d'une chro de The Oculus et pas de Severed Inception, il n'est pas utile de disserter plus avant sur les précédentes velléités musicales des fous Suédois.

Une grosse évolution donc, amenée par le côté mathcore de l'ensemble, extrêmement présent ici (''Tell Us Parasites'' et son très bon final rappelant carrément Ulcerate - qui n'est pas du tout un groupe de mathcore, OK). L'impression d'entendre l'intenable, parfois insoutenable The Dillinger Escape Plan des premiers albums (tout sauf les trois derniers en gros) se fait souvent ressentir, et c'est rarement désagréable de se faire ramoner les tympans à si bonne école. Cependant, la furie n'est pas, chez Inevitable End, aussi maitrisée que chez les illustres DEP. Indéniablement, cet album a un léger problème de cohérence. Pas dans le style non, car les Suédois ne passent pas du coq à l'âne et restent compacts dans la nature des compos qu'ils envoient, toutes à cheval entre death (un peu), grind (déjà plus) et mathcore pur (à  fond les potards). C'est plutôt au sein des compos elle-mêmes, et plus encore dans le ressenti général, le feeling qui s'installe après une puis plusieurs écoutes, que se fait ressentir toute l'instabilité, la jeunesse et la folie de ce groupe. Ça part un peu dans tous les sens (''Escaping The Black Hole''), les morceaux n'ont que peu de pitié et de répit pour l'auditeur (''Zen''), et ces voix criardes et désarticulées...Ces voix rendent absolument TOUS les passages de l'opus durs et malsains, fascinants donc quelque part, mais aussi éminemment peu accrocheurs la plupart du temps.

Inevitable End ne fait pas dans le mathcore-dentelle (les deux derniers DEP, le dernier The Number Twelve Looks Like you, excellentissimes au demeurant), mais bien dans le ''death-grind-mathcore tracto-poutre'' qui ne se calme que rarement, et quand il fait, c'est pour se vautrer dans la lourdeur et le glauque (''The Supreme Treachery'') ou placer de très vicieux breaks core (''Chamber Of Apathy'', ''Of Sublime Dimensions''). Bien plus tellurique qu'aérien, plus véritablement fou dangereux que gentiment dérangé, les Suédois ne déconnent pas, les plans épileptiques et techniques se succédant à la façon d'un Cephalic Carnage ou d'un Norman Jean des tous débuts, et d'un Converge, évidemment. Les voix d'écorchés vifs, éructant plus que posant de véritables lignes de chant identifiées et couvrant l'ensemble d'une chape de plomb d'où il difficile de tirer des mélodies ou des séquences qui accrochent vraiment l'oreille plus de quelques dizaines de secondes, font très mal également, on l'a dit. Si les tempi ne sont pas toujours hyper élevés, ce qui pourrait laisser à penser que l'ensemble n'est finalement pas si bourrin, la violence générée par le chant et la prod' un peu foutraque elles, ne s'arrêtent jamais. Bref, de là à dire que c'est une épreuve, il n'y a qu'un pas qui ne sera pas franchi : on écoute pas non plus Portal ou Sunn O))).


Les Suédois ne sont pas encore dans le jusqu'au boutisme, mais on les sent véritablement proches du chaos complet tant ce The Oculus pèse lourd dans les esgourdes. Un album sans concessions, clairement, mais qui se retrouve un peu pris au piège de son intégrité et d'un tout petit manque de talent (ou plutôt d'expérience) pour allier style particulièrement extrême et, tout de même, un minimum d'accroche dans les compos, comme le font à merveille les boss du mathcore. Bon élève dans un genre toujours aussi sous-représenté, mais un peu dément sur les bords. A surveiller de près donc, une camisole de force en main.




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