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CHRONIQUE PAR ...

10
Beren
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 17.5/20

LINE UP

-Jo Duplantier (chant+guitare)

-Christian Andreu
(guitare)

-Jean-Michel Labadie (basse)

-Mario Duplantier
(batterie)

TRACKLIST

1)Ocean Planet
2)Backbone
3)From the Sky
4)Unicorn
5)Where Dragons Dwell
6)The Heaviest Matter of the Universe
7)Flying Whales
8)In the Wilderness World to Come
9)From Mars
10)To Sirius
11)Global Warming

DISCOGRAPHIE


Gojira - From Mars To Sirius



The Link et Terra Incognita laissaient préfigurer ce From Mars To Sirius. Il fallait bien qu'on y arrive, un jour ou l'autre... Mais pas de cette façon-là, ça non, on ne l'aurait jamais pensé. Monstres de technicité, ces quatre-là ont fait montre d'un réel talent sur leurs deux premiers albums, mais davantage de complexité et de mélodie dans leurs compositions n'aurait pas été de refus. Bref, un combo français au dessus de la moyenne, mais pas assez personnel pour accrocher sur la longueur. Classé à tort dans le néo, dans le death ou dans le thrash, Gojira vient de pondre un album ultime et surtout, unique en son genre. Non, non, ne cherchez pas l'usurpation d'identité, il n'y en a pas: les influences sont tellement nombreuses, mais aussi tellement bien fondues dans la masse (on reparle de cette "masse" peu après, restez en ligne) que l'on aurait à vrai dire du mal à aligner les noms, ne serait-ce qu'au sein d'un seul morceau.


From Mars To Sirius, cependant, reste ancré dans le metal extrême, c'est une certitude: 1/ Le son est hallucinant de lourdeur et de puissance. 2/ Les rythmiques mettent quiconque pose ses oreilles sur ce disque à genoux. 3/ On découvre en la personne de Mario Duplantier, dix-neuf ans (!), rien de moins que la révélation de l'année en ce qui concerne la batterie. Contre-temps, blasts-beats, rien ne lui fait peur, à ce garçon: il traverse ce disque avec la puissance des plus grands. "Ocean Planet" ouvre les hostilités et annonce la couleur du disque, ce n'est pas peu dire: lourd, puissant, atmosphérique et ravageur. Le riff principal, véritablement en roue libre et carrément hypnotique, introduit un morceau tout en rythmiques syncopées. Et pourtant, malgré ce déluge de saturations, la mélodie pointe grâce à un refrain hurlé, mais planant.

Hypnotique, le mot est lâché: ce metal-là, parfois ultra violent mais toujours subtil, renferme des perles rythmiques à faire pleurer et surtout jamais lassantes: le break de "Backbone", torrent de blast-beats et de double grosse caisse, le pré-couplet de "Unicorn", véritablement somptueux, le morceau "To Sirius" dans son intégralité sont quelque uns des vrais et beaux tours de force qui parsèment ce disque d'un groupe dont on connaissait le potentiel, mais qui ne nous avait jamais, jamais habitués à cela! Une chose est sûre: chaque morceau est physiquement gigantesque: le son est surhumain (production en or massif) aidée par une surprenante mise en avant de la basse et des guitares (accordées très bas), qui participent grandement à la puissance de feu phé-no-mé-nale qui se dégage de From Mars To Sirius.

Gojira n'en oublie pas les atmosphères, et c'est cela qui va faire la différence avec ses prédécesseurs: la conjugaison de parties enfin véritablement planantes ("Global Warming", substanciel et très expérimental), au développement très intelligent, avec des parties plus massives ("Flying Whales") est le petit plus, qui fait de ce disque un grand disque. Les Français n'hésitent pas à introduire des samples, du chant clair (néanmoins minoritaire ici) et des parties de guitares plus calmes, parfois même bluesy ("World To Come") au sein de morceaux à l'aura progressive prononcée et au message très intense. En effet, Gojira est un groupe très attaché à la nature et à notre planète, bien loin des clichés sanguinolents du milieu death metal. Et le pire, c'est que ça passe: l'introduction de chants de baleines dans "Ocean Planet", "Where Dragons Dwell" et "Flying Whales" renforce cette impression de sérénité latente sous un chapelet de brutalité complexe, tel qu'on le retrouve sur le diptyque "From Mars/To Sirius", feu d'artifice bouillant - et d'une complexité rythmique hors normes - d'un album qui ne cesse de surprendre, écoute après écoute.


From Mars To Sirius est l'un des prétendants au titre de meilleur album de l'année, on ne va pas se le cacher. Cet album est un véritable petit exploit: technique jusqu'à l'écoeurement sans jamais être proprement démonstratif, planant et aéré sur un fondement lourd et puissant, compositions réfléchies au message original et intelligent, tracklisiting de rêve, parfaitement équilibré (morceaux progressifs, démonstratifs, alambiqués, hymnes live, morceaux entièrement atmosphériques, tout y est) et sans AUCUN remplissage, de surcroît produit de manière exceptionnelle, le dernier album de Gojira va vous submerger d'émotion. Beau, écrasant, rajoutez un splendide artwork en symbiose avec le contenu et je manque enfin de superlatifs pour qualifier ce chef d'oeuvre, maintenant.


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