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CHRONIQUE PAR ...

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Seth
Cette chronique a été mise en ligne le 28 septembre 2011
Sa note : 14/20

LINE UP

-Johnny Gioeli 
(chant)

-Ferdy Doernberg 
(claviers)

-Axel Rudi Pell
(guitare)

-Volker Krawczak 
(basse)

-Mike Terrana
(batterie)

TRACKLIST

1)Where The Wild Waters Flow
2) Holy Diver
3) Hallelujah
4) Northern Lights
5) Noblesse Oblige (Opus #5 Adagio Contabile)
6) Love Gun
7) Glory Night
8) In The Air Tonight
9) Touching My Soul
10) Like A Child Again
11) No Chance To Live
12) Haunted Castle Serenade (Opus #4 Grazioso E Agresso)
13)The Curse Of The Damned

DISCOGRAPHIE


Axel Rudi Pell - The Ballads IV
(2011) - heavy metal hard rock - Label : SPV



Axel Rudi Pell est connu pour être un guitar hero certes, mais aussi un grand amateurs de ballades, d’où la séries d’albums en parallèle aux albums studio classiques que le groupe alimente régulièrement. Ainsi, The Ballads IV sort cette année, succédant à The Ballads III sorti en 2004.

Tout d’abord, il apparaît évident à la première écoute de l’album qu’il vaut mieux avoir l’esprit relativement ouvert pour en apprécier le contenu. Car hormis leurs propres titres et certains éléments dont on reparlera plus tard, il y a quand meme un certain nombre que l’on connait déjà, pour les avoir entendu lorsque nous étions plus jeunes et pas encore metalleux, quand on était dans la voiture de nos parents et que ça passait sur Nostalgie. Ainsi, on retrouvera du Leonard Cohen ("Hallelujah"), du Phil Collins ("In The Air Tonight") et toutes sortes d’autres ballades tirées du milieu pop rock mainstream. Alors évidemment, ce sont de sympathiques chansons si l’on compare à la soupe commerciale émanant généralement de ce type de radio. Mais bon. Un fan de metal préférera toujours un bon vieux "Send Me An Angel" de Scorpions ou une poignante chanson d’Iron Maiden ou de Motorhead, plus intense et musicalement plus variée et approfondie que la musique de variété. Alors évidemment Axel, ce brave homme, n’oublie pas de tourner ces classiques à sa sauce, ce qui en fait indéniablement des chansons agréables à écouter, mais dans un coin de votre oreille il y aura toujours la résonnance de la chanson de base qui dérangera un peu votre écoute. Voilà pourquoi il est largement possible que vous vous intéressiez à la partie de l’album plus axée sur les propres chansons d’Axel Rudi Pell et les reprises issues du milieu metal. C’est dont le moment d’en parler.

Les groupes de hard et heavy ont toujours eu, depuis les années 80, la technique du « une ballade par album », et c’était THE ballade ultime pour chopper en soirée. Merci Scorpions, KISS, Europe et compagnie. Mais finalement, demandons-nous pourquoi cette méthode était si utilisée. Eh bien, on se rend compte qu’une seule ballade (voire deux) sur un album de 10 à 12 chansons à l’effet d’impacter très rapidement dans le cœur de l’auditeur, qui se rappellera de la piste comme de « la ballade de l’album », et qui en aura le cœur presque immédiatement touché à la première écoute due à la surprise d’une tonalité mélancolique lorsqu’on ne s’y attend pas. Le risque que prend Axel Rudi Pell avec ses albums de ballades, c’est de casser cette magie de l’unique et l’effet de surprise, avec uniquement des tonalités mineures, donc tristes. Le risque, c’est de noyer l’auditeur dans un tourbillon de romantisme jusqu’à l’insensibilité. A ce moment-là, seule la ballade incroyablement belle sera repérée, alors que n’importe laquelle de ses chansons, lorsqu’elles étaient sur les albums studios officiels du groupe, étaient considérées comme de très belles ballades puisqu’elle avaient l’avantage d’être unique (ou deux maximum) sur chaque album. Cependant, certaines chansons se démarquent par leur beauté et leur côté grandiose, comme les deux extraordinaires "Northern Lights" et "Glory Nights", qui en plus d’être de superbes ballades sont également plutôt épiques et possèdent une ambiance nocturne et rêveuse très agréable. On peut aussi noter la très bonne reprise de "Love Gun" de KISS, également présente sur l'album.

Parlons maintenant de la chanson clé de cet album, qui pourrait justifier à elle seule son achat, même si le reste est plutôt sympathique. Il s’agit de la reprise de "Holy Diver" du regretté Dieu du metal Ronnie James Dio, qui est retourné il y a maintenant plus d’un an et demi la où était sa place depuis le début, au panthéon des Dieux. Axel Rudi Pell fait partie de ceux qui ont beaucoup pleuré l’homme, étant un de ses fidèles amis. C’est donc logiquement qu’il a voulu rendre hommage à la légende en incluant dans ce quatrième opus de ballades cette reprise d’un des morceaux les plus cultes du répertoire de Dio. Et en décidant de l’ajouter à une listes de ballades, il a tout naturellement décider de faire de cet hymne du metal une puissante ballade en hommage à son ami disparu. Oui, "Holy Diver" en ballade. Quelque chose que vous n’auriez jamais cru entendre n’est-ce pas ? Hé bien contre toute attente, cette reprise ne s’avère ni catastrophique ni même médiocre. En fait, la version d’Axel est tellement différente au niveau orchestration et orientation musicale (ajouts de violon et de piano par exemple) que l’on en vient presque à la considérer comme une chanson à part entière, particulièrement touchante de par le fait qu’il s’agit aussi du dernier hommage du guitar hero à son ami. Tout cela en fait une chanson à part, un peu en dehors du temps par rapport au reste de l’album, et vaut clairement le détour.


L’impression générale à l’écoute de The Ballads IV, c’est qu’Axel a dut se faire bien plaisir en le faisant, reprenant à loisir des chansons qu’il aimait et collectant plusieurs des siennes pour créer ce quatrième guide de la dépression. La production comme les idées sont bonnes, mais si vous avez déjà les albums d’Axel Rudi Pell et que les reprises de deux ou trois chansons de pop à la sauce heavy ne vous intéressent pas plus que ça, passez votre chemin. Sauf si comme lui et beaucoup d’entre nous, vous admiriez le grand Dio et que vous souhaitez écouter l’hommage poignant de cet homme à son ami disparu.


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