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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 20 septembre 2011
Sa note : 14/20

LINE UP

-Matt Drake 
(chant+guitare) 

-Ol Drake 
(guitare) 

-Joel Graham 
(basse) 

- Ben Carter
(batterie)


TRACKLIST

1)Five Serpent's Teeth
2)In Dreams Of Terror
3)Cult
4)Eternal Empire
5)Xaraya
6)Origin of Oblivion
7)Centurion
8)In Memoriam
9)Descent Into Madness
10)Long Live New Flesh

DISCOGRAPHIE


Evile - Five Serpent's Teeth
(2011) - thrash metal - Label : Earache Records



En 2007/08, s'il avait fallu parier sur le représentant de la vague thrash revival le plus prometteur, je n'aurais sûrement pas misé mon pognon sur Evile. Leur premier album, déjà pas spécialement fameux, n'avait de surcroît aucune personnalité. Alors quand deux ans plus tard, le groupe nous a « offert » le catastrophique Infected Nations, l'affaire semblait entendue. Mais Earache n'étant pas du genre à abandonner son petit protégé comme un clébard sur la route des vacances, les Anglais ont encore une petite chance de briller…

On le sait depuis longtemps, Evile aime Slayer, au point d'avoir sorti quasiment un tribute album avec leur premier album Enter The Grave. On le sait aussi, Evile aime Metallica, poussant le mimétisme jusqu'à faire crever leur bassiste en pleine tournée scandinave (oui je sais, elle est un peu limite celle-là…). Vous me direz, quitte à s'inspirer d'autres groupes, autant choisir les meilleurs, non ? Pour ce troisième album, les Anglais ont choisi la position médiane : à plusieurs reprises, "Eternal Empire" en tête, on a l'impression d'entendre des compos de Metallica interprétées par Slayer. Des morceaux riches, avec pas mal de plans qui s'enchaînent avec fluidité et souvent une touche heavy manifeste, mais jouées avec une sacrée dose de brutalité qui se traduit par des accélérations radicales 100 % thrash ; un chanteur à la diction claire comme Tom Araya, mais dans un registre davantage porté sur la puissance de James Hetfield plutôt que sur l'agressivité du Chilien ; un soliste agile, talentueux et capable de faire preuve de finesse dans le phrasé, mais soutenu par une section rythmique qui ne demande qu'à se mettre en mode berserk.

Et si après la prise de risque zéro de Enter The Grave et les tâtonnements absolument pas convaincants de Infected Nations, Evile venait enfin de trouver sa formule ? Parce qu'il faut bien l'avouer, le début de l'album déboîte méchamment avec un opener ravageur. L'intro est déjà prometteuse, avec ce petit fade in bien senti et cette mélodie mystérieuse, presque cinématographique. Le calme avant la tempête, rien à dire, ça marche toujours ! Surtout quand la tempête fait rage juste après. Ca fuse de partout, les riffs sont saignants, les changements de tempo sont gérés à merveille avec un break heavy d'une efficacité désarmante, et pour une fois, les lignes vocales sont au rendez-vous. Rien à voir avec les beuglements monotones qui plombaient quasiment tous les morceaux d'Infected Nations, Evile a fait l'effort de proposer un vrai refrain. Et niveau solo, comme d'hab', Ol Drake nous en met plein la vue, lui qui sait aussi bien descendre son manche à toute vitesse que sortir le phrasé qui vous cloue sur place. Je m'étends sur ce premier titre, mais j'aurais pu en faire autant sur "In Dreams of Terror" et sa rythmique qui fait mal aux dents ou "Eternal Empire".

Chose prévisible après un départ aussi canon, Evile baisse rapidement de rythme. Malgré un break sympa avec un joli travail au niveau des guitares, le mid tempo lourdingue "Xaraya", dans le style d'Infected Nations (au fait, je vous ai dit que je trouvais cet album mauvais ?), marque une vraie cassure entre une première d'album de très haut niveau et une seconde un peu plus commune. Hormis le heavy "Centurion", la suite se situe un bon cran en dessous. Les morceaux thrash sont corrects mais un peu bateau ("Origin of Oblivion" et son gimmick final efficace, ou "Descent Into Madness" qui se fait prendre au piège du collage de riffs pas très cohérent), et Evile fait un gros pas en arrière au niveau des influences trop visibles. Déjà, au début, on avait "Cult", un très bon titre mais qui sonnait un peu comme une compo issue des sessions du Black Album ; on avait aussi la mélodie vocale d'intro de "Eternal Empire", calquée sur "Wherever I May Roam" ; et bien dans la famille Metallica, je voudrais aussi la ballade en hommage au défunt bassiste Mike Alexander qui aurait pu être intitulée "The Unforgiven IV" et le final "Long Live New Flesh", sorte de "Dyers Eve" en moins vindicatif.


« Evile (…) va quasiment jouer sa carrière à quitte ou double sur son second effort. Tu parles d'une pression… », vous disais-je en conclusion de la chronique d'Enter The Grave : ah la la, il va vraiment falloir interdire aux chroniqueurs l'usage de prédictions hasardeuses aussi péremptoires ! Heureusement que j'avais tort, sinon la carrière d'Evile serait déjà terminée ! Cela aurait été dommage, car on n'aurait jamais pu profiter de ce très bon Five Serpent's Teeth. Certes, les influences prestigieuses sont toujours aussi tangibles, mais au moins les Anglais s'en sont servis pour pondre une poignée de titres en béton cette fois. Yabon !


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