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CHRONIQUE PAR ...

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Gazus
Cette chronique a été mise en ligne le 20 septembre 2011
Sa note : 16/20

LINE UP

-Julien Cassarino (Rufus Bellefleur)
(chant)

-Youssef Dassouli (Doctorus)
(instruments+chant)

-Bérangère Sentex
(chœurs)

-Caroline Petriz
(chœurs)

TRACKLIST

1)Intro
2)
First Blood
3)The Rendez-Vous
4)
Drink (This Is My Soul)
5)
R.U.F.U.S
6)
Ma Blonde
7)
Tonight the Devil Is the DJ
8)
Dirty Feet
9)
The Shop
10)
A Hole in This Cage
11)
Third Fight Scene
12)Souviens-toi du bon temps
13)All Your Humanity


DISCOGRAPHIE


Rufus Bellefleur - Groovin' Tales From The Gator Blaster
(2011) - barré hip-hop du Bayou, country, metal - Label : Mog Fog




Il est de retour et il n'est pas content. ll aime le Mouton Cadet, le hip-hop, le St Émilion, la country, le Château Margot, les alligators, le Pomerol, le sexe et l'alcool. Venu de Montrouge (pas la commune du 92 mais une bourgade de Louisiane), il hante un pauvre redneck pour assouvir sa soif de vengeance (et sûrement d'alcool, tant qu'on revient à la vie, autant en profiter) et inonder le monde des vivants d'un flow varié, de litres d'éthyle, de cris suraigus, de spiritueux et de banjo. Ça et du pinard, tant qu'à faire.


Derrière ce drôle de projet se trouvent Yuz, qui signe la composition de tous les titres de ce Groovin' Tales From The Gator Blaster et un certain Julien Cassarino au chant. Nul besoin de revenir sur les capacités vocales hors normes du second et attardons nous dans un premier temps sur le travail du premier larron. Rufus Bellefleur peut se résumer par la formule rigolote de « hip-hop du Bayou ». Banjo, guimbarde, harmonica, percussions variées et bien d'autres encore font le corps des compositions de cet album, associés à divers samples fort bien intégrés au tout (les craquements de planches de "First Blood" dans la rythmique, les sifflets d'entraîneur de cheerleaders de "R.U.F.U.S"...). À cela s'ajoutent d'autres instruments apportant chacun une couleur particulière à chaque titre; orgue hammond, clavecin aux allures vampiresques de série B sorties directement en VHS  ("Drink - This Is My Soul") ou flûtes ravissantes qui fleurent bon le soleil ("The Rendez-Vous").

L'aspect hip-hop/country sert donc de squelette pour chaque titre, où se greffent tous types d'éléments - des instruments donc, mais aussi des registres vocaux différents d'un morceau à l'autre - pour un résultat étonnamment varié. Là où l'opener "First Blood" dégage une atmosphère lourde de marécage crasseux et embrumé, emmené par un rythme lancinant et un duo banjo/guimbarde hypnotique alors que le single "Tonight the Devil Is the DJ" possède un côté « Bouge ton popotin chérie, on sort en boite ! ». "Dirty Feet" avec son espèce d'amen break groovy ponctué de cuivres tape plus dans la chanson d'amour impossible tandis que "The Rendez-Vous" fleure bon la ballade en voiture suivie comme son nom l'indique d'une soirée romantique (en plus de dégager un malsain feeling de Mary Poppins de Disney. Déjà que le film en lui-même était très malsain...). En bref, chaque titre possède ses propres couleurs, sa propre histoire et arrive à ne pas ressembler à un autre. Qui plus est, l'ensemble dégage un côté acoustique qui correspond parfaitement à l'univers de l'album.

Le liant entre ces compositions toutes plus variées les unes que les autres, c'est évidemment Ju. On le connaissait déjà en tant que chanteur-crieur de haute volée chez Psykup, Manimal et Simone Choule, on le découvre ici en tant que MC. Attention, le chant est toujours de la partie (et même prédominant) mais il est vrai qu'il est chouette de se prendre de nouveaux grains de voix dans la gueule de la part du chanteur, comme le flow à la fois énervé et coolos de "A Hole in This Cage" ou le délire ragga sur "The Rendez-Vous". Les cris suraigus sont toujours de la partie et s'intègrent très bien aux morceaux où ils se trouvent, créant un contraste malsain sur "First Blood", un feeling rock/metal sur "Drink - This Is My Soul" ou encore un résultat terrifiant sur le final "All Your Humanity" (peut-être le morceau le plus sombre/glauque du répertoire pourtant étoffé du chanteur). Pour le reste, Ju se fait se fait doux sur "The Shop", se dote d'un accent délirant sur "Ma Blonde", se la joue carrément lover façon Craig David ("Dirty Feet") et donne l'impression de se mettre carrément à nu sur le très beau "Souviens-toi du bon temps".


Doté d'une richesse musicale et de couleur de très haut niveau, Groovin' Tales From The Gator Blaster est un premier album qui place la barre bien haut. On s'étonne assez peu vu le CV des membres (à noter la présence de Berra d'Aeria Microcosme aux chœurs de cheerleader). C'est varié, touffu, plein de second degré. En bref, c'est plus que vivement conseillé. En attendant le prochain Manimal, qui n'a en toute logique pas grand chose à voir.


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