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CHRONIQUE PAR ...

73
Dimebag
Cette chronique a été mise en ligne le 19 septembre 2011
Sa note : 12/20

LINE UP

-Mitch Lucker
(chant)

-Chris Garza
(guitare)

-Mark Heylmun
(guitare)

-Dan Kenny
(basse)

-Alex Lopez
(batterie)

TRACKLIST

1)Slaves to Substance
2)O.C.D.
3)Human Violence
4)You Only Live Once
5)Fuck Everything
6)March to the Black Crown
7)Witness the Addiction (feat.Jonathan Davis)
8)Cross-Eyed Catastrophe (feat.Alexia Rodriguez)
9)Smashed (feat. Frank Mullen of Suffocation)
10)The Only Thing That Sets Us Apart
11)Cancerous Skies

DISCOGRAPHIE


Suicide Silence - The Black Crown
(2011) - hardcore death metal deathcore US - Label : Century Media



Autant le dire d'entrée, NON. Non, je ne défoncerai pas cet album comme il l'a été sur quasiment tous les webzines et autres mags métal d'ici et d'ailleurs. OUI, ces mecs ont clairement un côté « slipknot du deathcore sans masques », voire « Sonic Syndicate US en un peu plus méchants mais pas trop » qui horripile profondément le métalleux et inspire la vindicte au chroniqueur, trop heureux de pouvoir se défouler sur une cible facile telle que la bande à Mitch et leur notoriété toujours plus grandissante aux states (en Europe, c'est plus relatif). Cet album est certes moyen, mais il ne mérite pas, selon moi, tel lynchage.

Bref, Suicide Silence, fondé en 2003 en Californie, est l'archétype du groupe deathcore typiquement US qui énerve, avec ses mecs lookés comme à un défilé d'émo-de (chanteur en tête, qui concurrence sévèrement le chanteur des pénibles Bring Me The Horizon sur le plus grand nombre de tatouages sur le corps et de la plus belle mèche), ses couplets faussement bourrins car surproduits et ses interminables moshparts émaillant la quasi totalité des morceaux. Mais qu'on ne vienne pas me dire qu'un ''Wake Up'' ou un ''Lifted'' n'étaient pas poutrement (oui oui, poutrement) efficaces sur leur avant-dernier et assez bon album, No Time To Bleed, qui les fit connaître du grand public il y a deux ans. Bref, après une tonne de concerts et un gain certain en notoriété, la bande à Mitch revient. Et évidemment, leur dernière livrée a subi le même genre de lifting mainstreamisant que bien des groupes de la scène ayant connu un succès d'estime, voire un début de succès commercial avec leur précédent album (Architects, After The Burial) : le son de SS (ah ouais non écrit comme ça c'est moche, je vais éviter), le son de Suicide Silence donc, s'est aéré,calmé, simplifié, oui ben disons-le, « commercialisé » quoi. Après attention, le groupe est tout de même assez loin de s'être totalement ramolli, l'opener bien vénère ''Slaves to Substance'' étant d'ailleurs là pour nous le rappeler, ainsi que les violents et plutôt réussis ''O.C.D'' et ''Cancerous Skies''.

Pour le reste en revanche, aïe. Clairement le groupe a visé plus large, le feat. de Jonathan Davis sur le très néo ''Witness the Addiction'' (affreuse contribution d'ailleurs, et pourtant dieu sait si j'ai adoré ce groupe pendant des années, mais là entre la ligne de chant sans aucune inspiration et les lyrics d'une banalité affligeante, c'est un échec total) ou celui de la chanteuse des très (très très) dispensables Eyes Set To Kill sur le convenu ''Crossed-Eyed Catastrophe'' en témoignent sans peine. Bref, l'ensemble est toujours aussi brut de décoffrage, les Suicide Silence n'ayant jamais été un groupe outrageusement technique à la All Shall Perish ou Black Dahlia Murder, et les riffs sont finalement assez basiques, d'autant que les morceaux sont toujours, comme je le disais, entrecoupés de ces horripilantes saillies de beatdowns typiques deathcore US dont usent et abusent les groupes en manque d'inspiration (au hasard Carnifex ou As Blood Runs Black) pour meubler leurs tracks et foutre le bordel comme des gros méchants en concert. Tout cela est donc un peu bas du front (''Fuck Everything'', ''Smashed''), un peu trop mainstream (''You Only Live Once'', bien que le morceau fonctionne finalement assez bien et que son clip soit plutôt réussi), mais il y a quelque chose chez ce groupe qui fait que je les trouve toujours assez efficaces et plaisants à écouter. Le chant de Mitch Luker peut-être, dont je suis personnellement assez fan, ou le côté puissant et direct de l'ensemble. Mais bon, tout cela est assez moyen, il faut bien finir par le reconnaître.

Cependant je me refuse à leur foutre un coup de gueule et une note vraiment vilaine juste par principe. Je l'avais plus ou moins fait pour le dernier Architects car eux, évoluant dans une veine vraiment plus technique et originale que Suicide Silence (qui est depuis toujours un groupe un peu basique) s'étaient véritablement dévoyés avec leur dernière sortie. Suicide Silence, lui, continue de se vautrer dans la facilité avec un certain talent, glissant inexorablement vers le mainstream totalement assumé. Et ça, quelque part, ça se respecte.


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