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CHRONIQUE PAR ...

11
Bigduff
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 11/20

LINE UP

-Byron Davis
(chant)

-Dallas Coyle
(guitare)

-John Outcalt
(basse)

-Doc Coyle
(guitare)

-Corey Pierce
(batterie)

TRACKLIST

1)Force-Fed
2)Antihero
3)Better Days
4)Precious Lie
5)Washed-Out World
6)Living Nightmare
7)Soul Engraved
8)Gone Forever
9)Judge the Blood

DISCOGRAPHIE

Gone Forever (2004)
Earthsblood (2009)

God Forbid - Gone Forever



God Forbid nous revient en ce beau début d’année 2004 les bras chargés de leur nouvel album : Gone Forever, qui succède dans la plus stricte logique commerciale à l’EP Better Days, sorti il y a peu. Pour ceux à qui ce nom n’évoque rien, sachez que God Forbid est un groupe américain, de Brunswick dans le New Jersey (détail dont l’importance est primordiale à vos yeux, je n’en doute pas) qui avait déjà sorti en 2001 un album de thrash/hardcore à vocation mélodique : Determination qui n’avait rien d’exceptionnel, il faut bien le dire, mais qui prouvait que ces cinq gaillards avaient du potentiel et de la bonne volonté à revendre.

J’avais donc fait l’impasse à l’époque, persuadé néanmoins que ce groupe gagnerait à devenir plus mature, et à continuer à bosser dans cette voie… Ce qu’il a fait, à n’en point douter, mais autant le dire tout de suite, pas suffisamment pour faire de ce Gone Forever une grosse bombe incontournable. Il n’empêche que les amateurs de death mélodique pas trop frileux devraient tout de même y trouver là un petit quelque chose... Dès la première écoute, on comprend que le style de God Forbid a incontestablement évolué vers quelque chose de plus mélodique.

Le socle sur lequel repose tout l’édifice reste quand même du bon gros thrash/death des familles, associé comme toujours au chant granitique et corrosif (la plupart du temps) de Byron Davis. La différence, c’est qu’aujourd’hui le groupe se paye le luxe d’agrémenter ses compos de riffs et de trouvailles typés death mélodique, que ne renieraient pas des combos comme Dark Tranquility, voire Soilwork. Attention, n’allez pas croire que God Forbid change littéralement de crémerie pour surfer sur la vague suédoise : les apports sont en effet subtils et sont utilisés avec assez de modération pour ne pas trop diluer la puissance des rythmiques thrash. Des morceaux comme "Force-Fed" ou "Antihero", qui ouvrent l’album, en donnent le parfait exemple, et illustrent la volonté du groupe d’alléger un peu leur tambouille.

Un peu, hein, car le tout reste quand même très, très massif. La basse pachydermique de John Outcalt, les déferlantes de double pédale et la frappe massive de Corey Pierce donnent cette pesanteur aux morceaux que même les parties de gratte les plus aériennes ne peuvent atténuer ("Washed Out World", "Soul Engraved"). Celles-ci alternent entre les grosses rythmiques qui ont, au final, un peu de mal à se renouveler et les envolées lead pas vilaines sur certains passages, je pense au p’tit break de "Living Nightmare", pas original pour un sou mais rudement efficace, ou encore aux solos de "Force-Fed" et d’ "Antihero", discrets et mélodiques comme peuvent l’être ceux des frangins Amott d’Arch Enemy.

Mais le sentiment de frustration grandit en même temps que se prolonge l’écoute de l’album. On pouvait supposer que la volonté de rendre les compositions plus mélodiques et plus accessibles donneraient lieu à davantage de variété d’une plage à l’autre, et même au sein des morceaux. Au final, les titres se suivent et se ressemblent, et j’avoue avoir du mal, après je ne sais pas combien d’écoutes, à les différencier. C’est vrai que ce n’est pas trop mal écrit, mais il n’y a pas cette tension, cette étincelle qui peut maintenir l’auditeur en état de veille attentive tout au long des neuf plages qui constituent ce Gone Forever. La lourdeur et la platitude des riffs auront vite fait d’abrutir les plus courageux, et ce n’est pas le chant, répétitif et irritant au possible, qui inversera la vapeur, même s’il faut reconnaître que certains passages de chant clair (pas tous, malheureusement), sont accrocheurs et collent bien à l’ambiance, comme sur "Precious Lie" par exemple.


Au final, Gone Forever n’est pas un plantage complet, bien au contraire, mais il n’a tout simplement pas les qualités requises pour rester dans le haut du tableau. Comme je l’ai dis plus haut, les fans de death mélodique devrait quand même y jeter une oreille, à tout hasard.


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