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CHRONIQUE PAR ...

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Oni²
Cette chronique a été mise en ligne le 06 septembre 2011
Sa note : 16.5/20

LINE UP

-Anders Friden
(chant)

-Bjorn Gelotte
(guitares)

-Peter Iwers
(basse)

-Daniel Svensson
(batterie)

TRACKLIST

1) Sounds of a Playground Fading
2) Deliver Us
3) All for Me
4) The Puzzle
5) Fear Is the Weakness
6) Where the Dead Ships Dwell
7) The Attic
8) Darker Times
9) Ropes
10) Enter Tragedy
11) Jester's Door
12) A New Dawn
13) Liberation

DISCOGRAPHIE


In Flames - Sounds Of A Playground Fading
(2011) - heavy metal metal moderne - Label : Century Media



Inventer un genre et s’en détacher… C’est comme laisser partir l’enfant qu’on a éduqué et vu grandir années après années. C’est ce qu’In Flames fait en laissant tomber (une fois pour toutes ?) son death mélodique. L’histoire se répète … le dernier gros virage remontant à Reroute To Remain qui leur avait ouvert de nouveaux publics par son approche plus « facile ». Puis ils ont opéré quelques allées et venues entre les styles, mélangeant le tout avec plus ou moins de succès. Avec le départ de son fondateur Jesper Stromblad, tous les yeux sont maintenant rivés sur Bjorn Gelotte et Anders Friden ayant assuré ensemble l’intégralité de l’écriture.

La chanson titre donne le ton : on penche clairement plus vers le In Flames des années 2000, avec un de ces putains de refrains fédérateurs dont Anders a le secret. Et les refrains qui vous donnent envie de chanter, ce n’est vraiment pas ce qui manque sur Sounds Of A Playground Fading. Comment ne pas vouloir empoigner le micro à l’écoute de “Where the Dead Ships Dwell” ? On ne peut plus parler de melodeath dans ce cas précis, il n’y a vraiment plus rien de death. Tout juste peut-on qualifier les titres qui bastonnent le plus de heavy/thrash. Et alors ? Les fans de la première heure vont majoritairement grimacer, les plus ouverts y verront la marque des grands et les néophytes ont de grandes chances d’adhérer. Bien sûr, Sounds Of A Playground Fading n’est pas vraiment à recommander pour à ceux qui ne connaissent rien des Suédois, ils se feraient une fausse image du groupe.
Qu’est-ce qui change donc ? Réduits à un seul gratteux ? « On s’en fout ! ». Encore plus de soli qu’avant et toujours ces harmonies de lead guitar saisissantes (sauf que maintenant Bjorn les fait tous seul avec lui-même en studio). “Deliver Us” et ses samples d’ouverture nous renvoie au tubesque “The Quiet Place” d’il y a maintenant 7 ans, choix évident comme premier single de l’album. Ils nous refont aussi plusieurs fois le coup de l’introduction en arpèges (“All for Me”, “Fear Is the Weakness”, “Sounds of a Playground Fading”). L’orientation choisie, résolument plus moderne (pop-metal diront les détracteurs) fait un bien fou. Mais attention, In Flames est toujours capable d’envoyer du bois. Sur “Enter Tragedy” et “The Puzzle”, ça cogne bien fort et nul besoin de voix hurlées pour accentuer leur puissance de feu. L’outro avec duo guitares+claviers aériens de “The Puzzle” apaisera ceux à qui la petite montée d’agressivité avait fait peur.
Petite nouveauté si on peut dire: quelques expérimentations touchant à la musique ambiante que l’on retrouve sur deux titres : “The Attic” et “Jester’s Door”. Intéressant, mais pas assez mémorable car développé sur deux chansons assez brèves. Il y a aussi ce pont avec violons bien larmoyants mais épiques sur “A New Dawn”. Malgré les quelques bouleversements, tout ceci sonne comme du In Flames. Anders est toujours inimitable dans son chant, ni vraiment extrême ni tout à fait clair non plus, l’héritage maidenien des lead-guitares fait toujours mouche (“A New Dawn”). La ballade de fin est un peu cliché, mais ils ont prouvé plus d’une fois leur maîtrise de cet exercice. À l’instar des “Come Clarity” et autres “Dawn of a New Day” du passé, c’est une hymne aux levées de briquets pour les festivals où nos Suédois sont abonnés. Enfin, le son est monstrueux de précision, moins organique mais plus clean que celui d’A Sense Of Purpose.


Je ne vais pas y aller par quatre chemins, Sounds Of A Playground Fading incarne pour moi ni plus ni moins que leur meilleur album depuis Clayman. Le créateur a beau être absent, qu’ils jouent ou non du death metal mélodique, l’essence d’In Flames demeure. En presque 20 ans d’activité, ils portent toujours aussi bien leur nom, ça force le respect …



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