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CHRONIQUE PAR ...

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Dimebag
Cette chronique a été mise en ligne le 05 septembre 2011
Sa note : 15/20

LINE UP

-Hernan Hermida
(chant)

-Francesco Artusato
(guitare)

-Ben Orum
(guitare)

-Mike Tiner
(basse)

-Adam Pierce
(batterie)

TRACKLIST

 Divine Illusion
2) There Is Nothing Left
3) Procession of Ashes
4) A Pure Evil
5) Embrace the Curse
6) Spineless
7) The Past Will Haunt Us Both
8) Royalty Into Exile
9) My Retaliation
10) Rebirth
11) The Death Plague
12) In This Life of Pain

DISCOGRAPHIE


All Shall Perish - This Is Where It Ends
(2011) - hardcore death metal papes du deathcore US - Label : Nuclear Blast



Il y a deux ans, la sortie d'Awaken The Dreamers, troisième et selon moi meilleur opus du groupe dont nous allons parler aujourd'hui, m'avait complètement mis à terre, je le reconnais sans honte. Alliant violence pure et fabuleux sens de la mélodie avec un talent peu commun, cet album était une vraie bonne surprise comparé à ce que les Américains avaient proposé sur leurs deux premiers assauts, concentrés de haine brutal deathcore certes carrés et très efficaces mais tout de même assez bas du front et limités. 

Mais après le fabuleux revirement d'Awaken, on était en droit de s'attendre au meilleur pour ce qui doit, qui plus est, être le dernier album de cette figure incontournable du deathcore. Les premières écoutes furent quelque peu décevantes. Mais « ne nous enflammons pas », me dis-je. Et j'ai eu raison. Cet album s'est en fait avéré être très éloigné de l'affreuse insulte au genre digne des pires sorties d'un Carnifex sous-inspiré (pléonasme). Car si il constitue un incontestable retour en arrière sur certains morceaux, proposant quelques tracks clairement plus velues et directes que sur Awaken (les deux premiers morceaux de l'album notamment, ou les assez bas du front ''Embrace the Curse'' et ''Death Plague''), et qui auraient pu laisser penser qu' All Shall Perish aurait choisi de laisser à ses fans un testament en forme de coup de genou dans les balls, tout l'album n'est pas de cette trempe. 
Qu'on ne s'y trompe pas, les All Shall Perish restent des pointures et s'avèrent encore tout a fait a même de sortir des morceaux de bravoure en mode deathcore de luxe sur ce quatrième opus. Citons en exemple l'intro de ''Spineless'', qui en plus de déboiter sévère rappelle SYL, ce qui est toujours un plaisir pour les nostalgiques de la face bourrin\timbrée du grand Devin Townsend. Aaaah, City... D'ailleurs tout le morceau déboite du début à la fin (ce final, ah !). Mais passons. Au rang des morceaux qui font très mal, citons également l'assez énorme "Past Will Haunt Us Both" qui atteint le niveau fabuleux développé sur le précédent assaut des californiens. L'excellent ''Royalty Into Exile'' rentre lui aussi directement dans cette catégorie de « tubes » qui vous laisseront probablement sur le carreau, dégouté(e) à l'idée que cet album soit sans doute le dernier. Du niveau il y a donc, on est loin d'Oceano ou Chelsea Grin, dieu merci.
De la richesse et de la densité, il y en a également, puisque comme je vous le disais cet album s'apprécie de plus en plus au fil des écoutes. Après, la perfection n'est pas toujours au rendez vous et l'ensemble est assez inégal. Sinon cet album figurerait dans les coups de cœur, vous l'aurez noté bande de ptits galopins. Au premier rang des aspects un peu pénibles de cet opus figurent les gros breaks core et autres beatdowns, un peu trop présents à mon goût sur cet album. Certes il y en avait également sur les précédents, mais ils apparaissent moins fouillés sur celui-ci, moins accrocheurs, et moins suivis par une lead qui avait pourtant pris l'habitude de plaquer des boucles aussi jouissives qu'hypnotiques par-dessus, contribuant à forger l'identité du groupe. Au menu des déceptions également, le gros manque d'innovation et de prise de risques, peut-être symptomatique du split plus ou moins annoncé d'ASP, assez flagrant sur cet album. 
Mis à part un ''Rebirth'' résolument black métal et qui change un peu (et encore même sur ce morceau on a le droit à un bon gros beatdown de coreux au milieu), et éventuellement l'élégant passage mélodique qui ouvre/ferme le dernier morceau de l'album (mais morceau qui en lui-même, ''In This Life of Pain'', est absolument typique du groupe), la recette d'All Shall Perish reste inchangée : beaucoup de death, pas mal de hardcore, un sens de la mélodie certain, et un outrageux niveau technique.  Parlons-en d'ailleurs rapidement, juste pour signaler qu'une fois de plus le groupe sort une performance de haut niveau, avec comme toujours mention spéciale au duo de six-cordistes, qui font véritablement ce qu'ils veulent de leurs dix doigts. La force de l'habitude on vous dit...

Bref, ce qui sera normalement (probablement ? pas de confirmation du split pour le moment) le dernier album d'All Shall Perish vous enfoncera bien les côtes, pas d'inquiétude de ce côté là. Des tubes à foison, du haut niveau, des riffs qui tuent, des ambiances sombres à souhait, pas de soucis. Seulement voilà, on aurait espéré plus pour ce dernier album, qui n'atteint pas le niveau, il est vrai monstrueux, développé sur leur précédent opus et qui aurait même tendance à régresser par rapport à ce qu'ASP avait su proposer à l'époque (au hasard, l'étonnante et très classe ''Memories of a Glass Sanctuary'').


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