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CHRONIQUE PAR ...

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Oni²
Cette chronique a été mise en ligne le 04 septembre 2011
Sa note : 15.5/20

LINE UP

-Paul Ryan
(chant+guitare)

-Mike Flores
(basse+chant)

-John Longstrength
(batterie)

TRACKLIST

1)Expulsion of Fury
2)Purgatory
3)Conceiving Death
4)Swarm
5)Saliga
6)The Descent
7)Fornever
8)Committed
9)Banishing Illusion
10)Consequence of Solution
11)Evolution of Extinction

DISCOGRAPHIE


Origin - Entity
(2011) - brutal death death technique - Label : Nuclear Blast



Forts d’avoir posé une véritable référence en matière de metal extrême technique avec l’ultra-violent Antithesis, Origin va tenter de réitérer son exploit. A l’instar de Braindrill, ils se font régulièrement remarquer pour la très impressionnante technicité exigée par leurs créations. Amputés de 2 musiciens depuis leur dernier opus, le désormais power-trio revient brutaliser vos enceintes.

L’opener “Expulsion of Fury” porte très bien son nom : la première avalanche de notes s’apparente à un déferlement d’abeilles. On sent comme une rafale de bestioles enragées sorties de leur ruche pour aller s’abattre sans pitié sur vos oreilles. “Purgatory” qui lui succède a un démarrage trompeur laissant penser à un death plus mid-tempo … mais non, c’est un autre condensé d’extrême brutalité ultra-rapide. Et sa très courte durée n’y change rien, voyez-vous ce morceau est tellement bref qu’on ne se rend même pas compte d’être passé à la piste suivante, un peu moins rythmée mais non moins agressive. Et c’est un répit en comparaison de ce qui suit. “Swarm” réenclenche immédiatement les hostilités, c’est là aussi un titre très bref.
Vous aurez compris que la plupart des chansons ont une durée punkesque (souvent moins de 2 minutes), les deux morceaux « épiques » mis à part. Ces deux brûlots sont d’ailleurs aussi deux des meilleurs titres de la galette. John Longstrength laisse parler ses pédales au milieu de “Saliga” pour un résultat bluffant de puissance. Les dernières minutes suivantes sont ébouriffantes de technique : le qualificatif « batteur acrobatique » lui sied à merveille. Et que dire de ces terrifiants gravity-blasts sur “Committed”. Les américains nous ont habitués à un petit intermède ambiant ou instrumental, Entity n’échappe pas à la règle avec l’inquiétant “The Descent” qui rappelle le tout aussi sinistre “Silence” sur le dernier Decapitated.
Paul Ryan et Mike Flores se partageant maintenant la casquette vocale, il n’y a pourtant pas de grande différence avec James Lee, le growl de ces messieurs n’étant pas mixé très en avant. Le plus souvent monolithique, ils proposent aussi quelques rares variations black. Ce choix ne dessert pas leur musique, la voix s’apparentant ici plus à un instrument rythmique au même titre que la basse. Ils se montrent assez avares en soli de guitare cette fois-ci, ce qui n’est pas un mal en fin de compte, car la richesse des compos n’en pâtit à aucun moment.  Et c’est reparti pour une grosse vague de violence sur “Fornever”. Les zicos nous gratifient encore de quelques cavalcades, on touche presque au metal barré sur “Committed” et le monstrueux “Banishing Illusion” ne fait pas exception.
“Consequence of Solution”, comme l’avait déjà fait “Saliga”nous renvoie au bon souvenir du morceau “Antithesis” sur l’album du même nom. Une chanson à tiroirs, toujours très brutale, mais loin d’une vaine masturbation instrumentale. Paul Ryan nous gratifie d’une subtile intervention à la lead guitar vers 4 minutes 30, sur fond planant, juste avant un break polyrythmique du plus bel effet. “Evolution of Extinction” conclut la galette avec une impression bien représentative de l’album : puissant, brutal, complexe. Il perd malheureusement de son impact pour avoir été relégué en fin de tracklist et surtout parce qu’il passe après le pavé  “Consequence of Solution”. 
Un dernier mot conçernant la production qui est toujours très humaine comme d’habitude chez Origin. Au niveau de la batterie par exemple, seule la grosse caisse est triggée. Qualitativement, Entity se montre un peu plus constant que l’album précédent. Antithesis avait cette folie, cet air de partir dans tous les sens. Les musiciens semblent désormais s’être greffés un régulateur pour les empêcher de trop se lâcher. Ils ont toujours cette énergie destructrice mais maîtrisent beaucoup plus leur créativité. Certes, on ne s’ennuie pas, mais on est beaucoup moins surpris, les plans n’ont plus trop l’air de débarquer de nulle part.


La perte du côté « fou » qu’on ressentait parfois chez eux est à la fois un bien et un mal, ils perdent en spontanéité ce qu’ils gagnent en efficacité. Indéniablement, c’est un bon album, Origin ne dévie pas de sa formule mais la maîtrise de mieux en mieux, au risque de décevoir ceux qui espéraient plus de surprises de leur part. Un digne représentant de la musique la plus brutale mais aussi la plus recherchée qui soit.


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