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CHRONIQUE PAR ...

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Oni²
Cette chronique a été mise en ligne le 04 septembre 2011
Sa note : 14.5/20

LINE UP

-Rash
(chant)

-Cédric Mallet
(guitare)

-Stéphane
(guitare)

-Sylvain
(basse)

-Fabrice
(batterie)

TRACKLIST

1)From the Heights, from the Depths
2)Towards a Crimson Gorged Progeny
3)Inborn Defects
4)Sons of the Void
5)Banished
6)Le lac
7)The Ghost Within
8)Tanta

DISCOGRAPHIE

Alterations (2011)

Agnosys - Alterations
(2011) - death metal metal prog - Label : Great Dane Records



Démos après démo et à force de critiques élogieuses, les parisiens d’Agnosys livrent enfin leur premier opus. Acclamé par Metallian entre autres, il y a de cela quelques années, il était plus que temps de les entendre s’exprimer sur la longueur d’un album : 7 ans de patience pour ceux qui les avaient suivis depuis leurs débuts. Autant dire que les exigences seront doublées pour certains.

On commence à la manière d’un death old-school sur “From the Heights, from the Depths” avec un growl effectivement venu des profondeurs (“From the Depths” ha ha). Leurs influences sont selon leurs propres mots, à chercher du côté suédois, aussi bien de la vieille école, que des formations plus mélodiques de la fin des années 90, avec une pincée de black metal à la Dissection. Et ça se sent. Opeth, Monstrosity, il y a effectivement un peu de tout ça chez Agnosys. Du black ils gardent une certaine ambiance, du heavy traditionnel et du metal prog ils empruntent les quelques touches de chant quasi-lyrique. “The Ghost Within” fait penser aux titres les plus extrêmes d’Opeth (“Wreath”, “Demon of the Fall”) avec une touche schuldinerienne assez poussée pour la virtuosité des soli. Le prog est omniprésent : les morceaux à tiroirs sont légion - cette intro à la basse sur “Towards a Crimson Gorged Progeny”, les solis à la fois vertigineux, très mélodiques et pétris de feeling. Ils n’oublient pas d’envoyer la purée de temps en temps (“Inborn Defects”). Du côté vocal, on alterne le plus souvent entre growl d’outre tombe et cri plus aigu à la Tompa.
L’ensemble manque encore un tout petit peu de personnalité, mais reste très encourageant. Il est difficile au départ de dégager vraiment un titre parmi les autres, tous ayant une construction sophistiquée, même les plus couillus. Très touffu, il devient malheureusement assez difficile de l’écouter en une seule fois. Il y a peu de mauvais morceaux à proprement parler, mais le matériel très dense à assimiler posera problème à certains. Les incursions presque death’n’roll et plutôt lentes comme “Le lac” sont par contre assez peu convaincantes. Sans doute la seule vraie faiblesse de l’album. Leur musique renvoie parfois aux meilleurs moments d’un Crimson (Edge of Sanity). Il vous faudra d’ailleurs surement plusieurs écoutes pour savourer pleinement Alterations. La prod sonne assez organique, sans jamais handicaper les chansons, elle accentue la puissance des compos les plus agressives comme “Banished”. Le final “Tanta” en plus d’être le plus long du disque est aussi le plus orienté death technique. Bourré de contre-temps, amenant des breaks jazzy complètement inattendus et comme toujours d’une complexité prodigieuse à la guitare.


Un premier jet ambitieux et donc à la hauteur de ce qui pouvait être espéré par leurs fans de la première heure. En revanche, il souffre un petit peu de la comparaison avec ces mêmes influences revendiquées par le groupe. Pour ceux qui découvrent tout simplement Agnosys, c’est plutôt une agréable surprise. Potentiel à confirmer dans un futur proche.


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