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CHRONIQUE PAR ...

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Mita
Cette chronique a été mise en ligne le 04 septembre 2011
Sa note : 10/20

LINE UP

-Bobby Liebling
(chant)

-Victor Griffin
(guitare)

-Greg Turley
(basse)

-Gary Isom
(batterie)

TRACKLIST

1)Treat Me Right
2)Call the Man
3)Into the Ground
4)8
5)Everything's Turning to Night
6)Windmills and Chimes
7)American Dream
8)Walk in Blue Light
9)Horseman
10)Death in 1st Person
11)Nothing Left

DISCOGRAPHIE


Pentagram - Last Rites
(2011) - heavy metal doom metal heavy doom stoner réchauffé - Label : Metal Blade Records



Kisékikoné Pentagram ici ? Le groupe américain, possédant pourtant un statut de légende, est resté confiné dans l'underground pendant prêt de 40 ans. Là où la gloire est venue pour les britanniques de Black Sabbath, eux n'ont pas fait très grand bruit. Pourtant, ils ont de bons albums à leur actif ! Mais pour se faire connaître à nouveau, ils nous font un nouvel album, un come-back tenu par Bobby Liebling, seul membre originel de Pentagram. Voilà donc Last Rites, 7 ans déjà après Show Em How. Il va falloir espérer, pour se faire un peu plus connaître, que la réussite soit la clé qui ouvre la serrure.

Pentagram, aussi légendaire soit-il, nous ressort les artifices d'antan, mais il fut plus grand dans son glorieux passé qu'en cette année. Malgré la sympathie qu'apporte le goût de madeleine de Proust et le statut de pionnier du doom/stoner rock, les Américains, avec ce Last Rites,  ne parvient pas à réhabiliter l'exploit d'avoir à nouveau un disque culte à leur collection. Entre une musique aux ficelles quasi-anachroniques, qui manque sérieusement de profondeur pour un style qui en demande pourtant, on navigue dans un marasme d'ennui pesant qui laisse totalement de marbre face aux démonstrations musicales. Bien sûr, ça joue bien, on ne peut accuser la formation de ne pas savoir manier ses instruments, mais il ne se passe pas grand chose, aucune surprise n'est vraiment au rendez-vous et le contenu trop lisse ennuie. Le réchauffé, ce nouveau Pentagram le sent à plein nez, sans se renouveler particulièrement.
Pourtant, si on regarde bien les titres, on peut trouver des changements entre les unes et les autres,mais le mauvais goût n'est pas évité, et on passe par des épreuves difficiles. ''Call the Man'' est en décalage et frise le ridicule. Le chant de Bobby est loin de faire des merveilles, il en devient même irritant alors qu'il peut être très bon lorsqu'il le désire, quand l'accompagnement est plus doom, par exemple. Typée rock FM, la plage n'est qu'une pitrerie grossière qui terminera vite à la poubelle, tant elle fait pâle figure à côté de ''Treat Me Right'', qui, elle, amorce bien l'album. Quel dommage qu'il s'agisse en réalité du meilleur morceau, car la suite n'est pas des plus passionnantes. ''Into the Ground'' a tout du heavy/doom/stoner mollasson, qui reste en surface sans jamais convaincre. Plat, mou, à oublier. Et ne parlons pas de ''Death in 1st Person'', qui tente de se la jouer Black Sabbath, mais n'est pas Black Sabbath qui le veut ! Échec assuré.
On peut donc toujours sauver de l'ensemble un chant qui oscille entre l'acceptable et le bon, même s'il n'est pas toujours très bien utilisé. Il reste quand même de bonne tenue et réussit à enchanter de temps à autre, comme sur le premier titre, ou encore sur ''Walk in the Blue Light'' que j'aime bien, très seventies. Mais au moment où il tente d'incorporer un peu plus d'émotions à son chant (''8''), il n'y arrive pas toujours. On ne peut donc pas toujours compter sur sa voix pour parvenir à toucher, et pourtant, une bonne partie de l'opus semble compter sur lui pour ce domaine. Quel dommage, donc. Pourtant, on a vu pire, mais bien meilleur aussi. Last Rites ne risque en aucun cas de se démarquer par rapport à tous les autres disques du genre,et, surtout, par rapport aux ancêtres qui font toujours mieux.


Confiné à l'underground depuis 40 ans, on ne peut pas dire que ce come-back raté aide Pentagram a réussir une percée vers la lumière. Avec un Last Rites qui ne possède rien de bien alléchant ni d'attrayant si ce n'est la''renommée'' des Américains, Pentagram risque de retomber très rapidement aux oubliettes. Finalement, dans le temps, il savait faire de bons albums. Mais apparemment, prendre de l'âge ça ne réussit pas à tout le monde. On va donc conseiller à nos amis d'outre-Atlantique de prendre un peu de repos et de revenir au moment où la créativité sera présente. Parce que bon, si c'est pour nous envoyer un disque comme celui-là qui donne presque envie de dormir, ce n'est pas trop la peine. Allez, on va dire que j'ai confiance, et que je crois en Pentagram : le prochain, il sera mieux ! (mais ça c'est pas bien difficile...)


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