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CHRONIQUE PAR ...

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Lord Henry
Cette chronique a été mise en ligne le 28 août 2007
Sa note : 12/20

LINE UP

-Martin Mellström
(claviers)

-David Akesson
(chant)

-Karl Landin
(guitare)

-Rikard Petersson
(guitare)

-Christer Perdersen
(basse)

-Robert Willstedt
(batterie)

TRACKLIST

1)Leaving Solitude
2)You Betrayed Me
3)Soulless
4)Through the Desert Storm
5)The Dark Era
6)I´m Alive
7)Room 101
8)Different Stories
9)Bloodred Sails
10)Solemn Waters

DISCOGRAPHIE

Silent Waters (2007)

Moonlight Agony - Silent Waters
(2007) - metal prog speed metal - Label : Dockyard1



Les groupes de power / speed continuent de pulluler, mais essaient dorénavant d’élargir un minimum leurs ambitions. La tendance se confirme petit à petit : le progressif offre apparemment une lueur d’espoir à tous ces jeunes combos, voyant en elle l’issue du marasme parfois pathétique de la redite à outrance. Le comble serait que ça devienne une habitude. Et bien on dirait que ça devient une habitude. Le problème, d’évidence, n’est pas supprimé : il est simplement déplacé.

On y gagne un peu dans l’histoire tout de même : l’écrémage sera plus rude, car pour prétendre jouer du metal – même vaguement – progressif, il faut être capable d’aligner un peu plus de trois accords. Apprenez donc, éternels amis, que Moonlight Agony, jeune groupe suédois, aspire à cela. Le fond de la musique reste à grande majorité power mélodique, où s’incrustent ça et là de subtils et plaisants petits éléments novateurs, dans les parties instrumentales surtout : sons de claviers originaux, breaks et contre-breaks inattendus, descentes techniques de gammes, etc. Il est cependant bien clair que les amateurs de RIO seront moins bouleversés par l’approche que les fans de Hammerfall…


C’est donc le claviériste Martin Mellström qui fonde cette dérive « progressivante », ma foi plutôt positive. Son jeu est tour à tour très classique et malmsteenien ("You Betrayed Me"), sombre et glauquesque ("Through The Desert Storm"), ou pompeux et hollywoodien ("Solemn Waters"), et s’incruste royalement au sein de chaque morceau, puisqu’il en colore, seul, les intentions. Nos deux guitaristes, de leur côté, sont plutôt doués mais ne bénéficient pas d’une production équilibrée : les rythmiques, puissantes et carrées, souffrent d’un son trop compact alors que les soli n’ont rien à envier aux claviers. "Soulless" joue cette carte, avec une partie instrumentale entreprenante, et il en ressort une intensité dramatique de bon aloi.


Le jeune David Akesson, au micro, n’y est pas totalement étranger. Sa voix, juvénile mais hargneuse, évoque nos compatriotes de Spheric Universe Experience dans leurs jours de colère. "I’m Alive" et "Different Stories" recensent probablement les prouesses vocales les plus notables. Mais dans l’ensemble, les harmonies gagneraient à être un poil plus travaillées, histoire de sonner moins « rough ». La plupart des mélodies sonne très « traditionnelles ». La batterie, de même, revient trop régulièrement sur la double pédale pour proposer une réelle variété. Dès lors, et en dépit de toutes les qualités évoquées, Silent Waters ne peut vraisemblablement se situer « que » dans la moyenne du panier des aspirants « power proggisé », et n’atteint pas encore la qualité d’un album de Pagan’s Mind par exemple. Cela n’empêche nullement de reconnaître les jolis arguments des musiciens.




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