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CHRONIQUE PAR ...

90
Seth
Cette chronique a été mise en ligne le 29 août 2011
Sa note : 15/20

LINE UP

-Jeff Duncan
(chant+guitare)

-Rowan Robertson
(guitare)

-Matt Duncan
(basse)

-Shawn Duncan
(batterie)

TRACKLIST

1)Wrecktory
2)Electric Ministry
3)XXX
4)Rock God
5)25 to Life
6)Broken Soul
7)People
8)The Ballad of Rock and Roll
9)Glitter Girl
10)Sociopath
11)Dirty Hands
12)

DISCOGRAPHIE


DC4 - Electric Ministry



Electric Ministry est le troisième album du presque supergroupe DC4, composé d’anciens membres de Dio (Rowan Robertson), d’Armored Saint (Jeff Duncan) et de Odin (Shawn et Jeff Duncan). Leur style, que l’on pourrait au premier abord qualifier de hard rock, est également enrichi d’éléments heavy dus aux différentes influences et orientations metal des membres du groupe. Alors bien sûr, avec un nom pareil et un titre d’album aussi explosif, on attend vraiment quelque chose de rentre dedans.

Et on a raison. Le son DC4 est efficace, aussi électrique que le titre pourrait le laisser espérer, du hard lourd et pur, sans fioritures ni trucs de fillettes. Du moins au début. La rythmique n’est pas forcément ultra rapide, et permet au son d’adopter une ambiance plus heavy, plus épaisse que le serait le simple hard électrique et saturé. La voix est particulièrement agréable, avec des modulations intéressantes pour le style, donnant à la musicalité un côté presque vibrant. On a droit à tout ce qui compose un bon album de hard : du rock n' roll pour faire la fête, et des ballades, mais avec le petit plus du son hard / heavy particulier à cette formation, donnant aux chansons un côté irrésistible, mais aussi particulièrement accessible avec des refrains très rentre dedans, accrocheurs et faciles à retenir. L’esprit du groupe étant particulièrement rock n' roll, dans des chansons comme "Rock God" par exemple, la « fuck you » attitude restant très plaisante pour les ados rebelles que nous sommes tous un peu, ce type de Hard reste très jouissif et donne envie de monter violemment le son dans le seul but d’emmerder le monde.
Mais Electric Ministry n’a pas que des qualités, loin de là. D’un part, DC4 semble apparemment faire partie de ces groupes qui pensent que rajouter de suggestifs gémissements de femmes en plein milieu d’une chanson ("XXX") augmentera surement les ventes de l’album. En espérant que ce n’est pas le cas, on continue malgré tout l’écoute de cet album, la motivation quelque peu refroidie. Il est vrai que même les plus grands l’ont fait (Type O Negative, Manowar), mais cela reste toujours un élément qui n’apporte pas grand-chose musicalement. Si encore elles gémissaient en rythme... Outre cela, DC4 maîtrise particulièrement bien le genre du "party rock", toujours aux limites du metal, de par ses diverses influences. Certains voudront résister à ce style, mais il faut avouer que ce son reste extrêmement plaisant, que ce soit dans les moments festifs ("XXX", aux limites du sleaze rock, "Electric Ministry") ou sur des passages plus sombres et profonds comme dans "Broken Soul", qui sera probablement la chanson la plus marquante de l’album, par sa musicalité plus sombre. Les paroles ne sont malheureusement pas toujours fines, parfois déplaisantes, bien que le son hard / heavy soit excellent, tout comme le chant et les parties de guitare.
Et comme tout bon groupe de hard rock, on a droit à de la ballade. Ce qui est bien c’est qu’elle est facilement repérable puisque c’est marqué dessus. Sympathique, certes, mais pas historique, "The Ballad of Rock and Roll" fera partie des chansons qui resteront un peu en arrière sur cet album habituellement plus burné. Et comme si cela ne suffisait pas de faire une ballade pas merveilleuse, pourquoi ne pas en mettre une deuxième me direz-vous ? C’est apparemment ce qu’ont pensé les membres de DC4 en rajoutant "Dirty Hands" à la tracklist de l’album. Encore une chanson agréable sans plus, qui aurait pu être excusée si elle n’avait pas occupé la place stratégique de la fin de l’album. Et c’est à ce moment-là que vous vous retournez vers votre chaine en fronçant un sourcil et en vous disant « Mais… C’est fini ? Comme ÇA ? ». Parfois arranger l'ordre d’une tracklist peut réellement changer l’orientation de l’album, rajouter ou enlever quelque chose à l’ambiance ; cet élément de la création musicale ne semble pas avoir été compris par tous, et la plupart du temps clairement occulté par les maisons de disques, auxquelles il n’est pas rare de devoir un découpage d’album à la barbare. Plusieurs chansons ne sont donc pas essentielles, mais quelques éléments réellement intéressants donneront toute sa valeur à cet album et justifient son existence.


DC4 est un véritable groupe de rock n' roll, avec ses ambiances souvent joyeuses ou « dirty », parfois sombres, une voix remarquable et des influences assez diverses pour créer une musicalité un peu en marge du hard rock traditionnel grâce à l’addition d’éléments plus heavy et metal, et ce sera l’atout majeur de cet album, ce qui apportera une teinte si particulière à sa musicalité, malgré les quelques défauts que celui-ci comporte.


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