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CHRONIQUE PAR ...

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Flower King
Cette chronique a été mise en ligne le 19 juillet 2011
Sa note : 12/20

LINE UP

-Roger Andreu
(chant)

-Sergi "Bobby" Verdeguer
(chant+batterie)

-Bernat Argemi
(guitare)

-Filipe Baldaia
(guitare)

-Ricard Tolosa
(basse)

TRACKLIST

1) Awakening from Lethargy
2) The Inner Man - Materia
3) The Growing Man - Earth
4) Oppression and Understanding - Fire
5) Loop of Truth (The Link)
6) Cosmical Beginning - Air
7) Conscience of the Void (From Oblivion to the Renew) - Water
8) The Inner Man - Antimateria
9) The Pattern

DISCOGRAPHIE


Nami - Fragile Alignments



- Mais ? Gonzague ! Tu n’as pas l’air dans ton assiette… que t’arrive-t-il ?
- Ah, Gontran… ma vie est devenue trop simple. Rien ne me prend la tête, je comprends tout ce qu’il m’arrive, c’est insupportable ! Si tout pouvait être déraisonnablement compliqué, ah, chienne de vie…
- Oh, toi, je crois que tu as besoin d’un Nami ! Allez, viens là, pose ce fusil, comme ça là, et écoute bien sagement ma solution à ton problème.


« Tu sais, Gontran, on a tous besoin à un moment de sa vie de mesures asymétriques, de structures alambiquées, de concepts ésotériques et de fils non-conducteurs. Nami est là pour ça. Tu peux lui faire confiance : il a été élevé au sein de la Klonosphere, là où l’on chante aux bébés des berceuses en 11/8 et où on les fait lire « Mon premier Heidegger » à 3 ans. En bon élève, il a consacré son premier travail à une métaphore du cycle de l’existence rapporté aux éléments naturels, et la transfiguration de l’homme au moyen de ces derniers… ou un truc du genre, les Doliprane ont tendance à dissiper la mémoire. Prometteur, tu en conviendras, mais Nami n’est pas qu’appliqué : il est aussi malin. Il sait que casser brusquement ta routine pourrait entraîner un rejet. Alors, il y va en douceur. En t’appâtant, par un extérieur chatoyant ; puis en démarrant posément son discours, dans un crescendo post-rock qui feint de s’emballer… et quand il te sent parfaitement disposé, il te charcle net.
« Oui, c’est un futé, ce Nami. Cette façon d’enchaîner sur une petite boucherie qui reste à peu près uniforme – même si non linéaire, faut pas déconner non plus – te donne envie d’y croire, à cette prise de chou en stéréo. Parce qu’il a aussi le ramage, l’animal : cristallin, sans un pet de graisse, sans fausse note ou errance technique, il a le son et l’exécution tellement irréprochables qu’il te suggérerait presque un bloc de froideur. Faudra t’y faire, d’ailleurs : pour un Nami, sa communication n’est pas très ludique. Et plutôt unilatérale. Tu percevras, dans son propos, des décollages qui t’enivrent – quand il cause de l’air, notamment – des accalmies plaisantes, des soliloques qui peuvent te scotcher sur le moment, mais en y revenant, tu te demanderas peut-être si ton Nami ne parle qu’à lui. Pas que tu ne ressentes en lui aucune logique ou cohérence, bien au contraire ; juste qu’elle ne te séduira pas. Parce que trop repliée sur elle-même, parce que finalement trop austère dans sa folie, tu trouveras, au fond, sa complexité pas assez fun et engageante pour persévérer trop longtemps.


- Euh, tu m’as pas trop donné envie de l’adopter, ton Nami, là…
- Mais si ! C’est une expérience curieuse. Une sculpture sans faille taillée dans un bloc de glace. Pleine d’arrondis, d’entournures, mais sans chaleur ni prise possible. Ceux qui aiment se frotter, se cogner encore et toujours au même obstacle, vont trouver là un mini-graal. Bien d’autres, et toi peut-être, n’auront pas la patience de s’accrocher. Et on ne va pas les blâmer pour ça.




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