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CHRONIQUE PAR ...

39
Pietro
Cette chronique a été mise en ligne le 19 juillet 2011
Sa note : 13.5/20

LINE UP

-Brian Robertson
(guitare+chant+claviers)

-Leif Sundin
(chant)

-Liny Wood
(chœurs)

-Nalle Påhlsson
(basse)

-Ian Haugland
(batterie)

TRACKLIST

1)Diamonds and Dirt
2)Passion
3)It's Only Money
4)Mail Box
5)Running Back
6)Texas Wind
7)
Devil in My Soul
8)Do It Till We Drop (Drop It)
9)Blues Boy
10)That's All!
11)10 Miles to Go on a 9 Mile Road
12)Running Back (Slow Version)
13)Ain't Got No Money

DISCOGRAPHIE


Brian Robertson - Diamonds And Dirt
(2011) - rock hard rock hard FM bluesy - Label : Steamhammer





Vingt huit ans ! Il se sera écoulé pas moins de vingt huit années entre la dernière véritable sortie de Brian Robertson en 1983 et ce Diamonds And Dirt, tout simplement le premier album solo du guitariste écossais en presque quarante ans de carrière… il était temps ! Que vaut donc ce disque que plus personne n’attendait ?



Petit retour en arrière pour situer le personnage : Brian Robertson a constitué avec son compère Scott Gorham le duo de guitaristes légendaire qui sévissait lors de la grande époque de Thin Lizzy (cinq albums studios magiques plus un live historique entre 1974 et 1978) avant d’être viré à cause de son penchant pour la bouteille. Il a ensuite refait surface au sein de Motörhead sur l’album si décrié qu’est Another Perfect Day, sur lequel il avait la lourde tâche de remplacer "Fast" Eddie Clarke. Puis plus rien de concret jusqu’à aujourd’hui et la sortie de ce Diamonds And Dirt! Robertson, qui passe aujourd’hui le plus clair de son temps en Scandinavie, s’est entouré d’un line up constitué de quelques têtes connues du hard rock suédois : Ian Haugland de Europe derrière les fûts, Nalle Påhlsson de Treat et actuellement chez Therion à la basse, Leif Sundin, ex-chanteur du Michael Schenker Group, ainsi qu’une choriste très présente, Liny Wood.

En effet, Robbo chante mais pas sur tous les titres, notamment sur les premiers morceaux qu’il laisse à Sundin. Et on comprend pourquoi tant on aurait eu du mal à imaginer la voix du guitariste sur "Diamonds and Dirt" ou "Passion", les deux morceaux qui ouvrent le bal dans un style très hard FM typique des années 80, à mille lieues de ce à quoi on s’attendait de la part de ce guitariste mythique des années 70 au jeu si bluesy ! Bon soyez rassurés, ces morceaux sont tout de même illuminés d’un bon gros solo gorgé de feeling typique de notre ami Robbo. Les autres titres récents composés par Robertson sont plutôt rassurants et font plaisir à entendre, qu’il s’agisse de "Texas Wind" et son très beau solo qui prouve que le maître n’a pas perdu son toucher, de ce "Devil in My Soul" plus soft aux allures de rock sudiste ou du riff efficace de "That's All". Bizarrement, le reste de l’album est constitué de reprises de vieux morceaux ayant fait partie de la carrière du guitariste.

On trouve ainsi par exemple deux titres empruntés au répertoire de Thin Lizzy : l’anecdotique "It's Only Money" tiré de Nightlife (1974) et le classieux "Running Back" tiré du mythique Jailbreak (1976). Deux versions de ce dernier morceau sont d’ailleurs présentes sur l’album : l’une rapide avec des arrangements au piano et à l’orgue, et l’autre plus lente et acoustique en fin de disque. Votre serviteur n’en a toujours pas bien saisi l’intérêt. Le bien nommé "Blues Boy", inédit de l’époque Lizzy signé Robertson et Lynott, est là aussi pour attirer le fan du groupe du métis Irlandais. On trouve aussi plusieurs compositions du musicien écossais Frankie Miller avec qui Robertson a travaillé ("Mail Box", le sympathique "Do It Till We Drop (Drop It)", et le bonus track "Ain't Got No Money"). Enfin "10 Miles to Go on a 9 Mile Road" (reprise d’un certain Jim White) surprend, et pas forcément dans le bon sens du terme, avec son intro psyché très 60’s et surtout son chant parlé à la Lou Reed assez insupportable.

Drôle d’album que ce Diamonds And Dirt, sorte de patchwork entre titres composés récemment par Robertson, dont certains sonnent très FM, et de reprises de morceaux qui ont jalonné sa longue et tumultueuse carrière, aux sonorités beaucoup plus bluesy et old school. Malgré cet aspect un peu hétéroclite, l’album se tient plutôt bien, le talent de guitariste de Robbo étant toujours présent. Reste qu’après une telle période d’inactivité on était en droit d’attendre plus que seulement cinq nouvelles compositions !


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