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CHRONIQUE PAR ...

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Pietro
Cette chronique a été mise en ligne le 17 juillet 2011
Sa note : 15/20

LINE UP

-Konstantin "KOHA" Shustarev
(chant+guitare)

-Dmitriy "MITYA" Losev
(guitare)

-Alex De Rosso
(guitare)

-Peter Makienko
(basse)

-Oleg "IVANICH" Bondaletov
(claviers)

-Bob Parolin
(batterie)

TRACKLIST

1)Intro
2)Nightrider
3)
It’ll Be OK
4)Troubled Love
5)Stranger’s Song
6)Cut the Wire
7)
My Reflections After Seeing the “Schindler’s List” Movie
8)God Made Us Free
9)Why Don’t You?
10)I Believe
11)Tonight
12)Private Own
13)Open Letter to God
14)Nature’s Child
15)I Love You
16)Head Shooter
17)
Heroin
18)My Simple Song
19)Kukarracha

DISCOGRAPHIE


Pushking - The World As We Love It
(2011) - rock hard rock classic rock - Label : Edel



Certes la guerre froide est finie depuis longtemps et l’idéologie communiste n’est plus qu’un lointain souvenir… pourtant même à l’époque de la mondialisation il existe encore (heureusement !) certaines différences culturelles entre ce qu’on appelait à une époque le bloc de l’Est et le bloc de l’Ouest. Musicalement par exemple, si la musique occidentale faite depuis la fin des années 80 partie de la vie quotidienne des fans de rock russes, les groupes de l’ex-URSS n’ont pas encore réussi à franchir le rideau de fer et passer à l’ouest…

Il s’agit pourtant là du souhait de Pushking, groupe de St Pétersbourg formé en 1994 (seulement quelques années après que la ville a retrouvé son nom d’origine) et responsable depuis d’une bonne quinzaine d’albums ayant connu un succès certain au pays de Poutine et Medvedev. Début 2011 la formation tente donc le tout pour le tout pour percer en Europe occidentale en réalisant le vieux rêve de son chanteur et leader Konstantin "KOHA" Shustarev : réenregistrer ses meilleurs morceaux en compagnie de l’élite des musiciens occidentaux qui les inspirent depuis toujours. Le résultat est là sous la forme de cet album justement nommé The World As We Love It. Car en effet c’est un peu le paradis des amateurs de classic rock que l’on retrouve ici. Vous voulez des noms, vous voulez des guests prestigieux ? Attention c’est parti pour le plus beau name dropping de l’année : Paul Stanley, Billy Gibbons, Alice Cooper, Steve Vai, Glenn Hughes (présent sur quatre titres !), Jorn Lande (David Coverdale ne devait pas être disponible), Joe Bonamassa, Steve Stevens, Nuno Bettencourt, John Lawton (ex Uriah Heep), Jeff Scott Soto, Eric Martin, Steve Lukather, Dan McCafferty (Nazareth), Graham Bonnet, Joe Lynn Turner, Udo Dirkschneider, Stevie Salas… Pas mal, non ?

Ce casting est même tellement hallucinant qu’on se demande comment un groupe comme Pushking a pu réunir toutes ses pointures, même si l’enregistrement représente plus de deux ans et demi de travail. L’emballage est donc bien là, plus que prestigieux, mais que vaut la musique de Pushking, car c’est bien d’elle qu’il s’agit avant tout ? Comme l’orientation du casting le laissait penser, nous avons bien affaire ici à du classic rock, très classique même. Pushking puise très clairement son inspiration dans les légendes des années 70 et 80… et le fait plutôt bien ! Certains titres sont ainsi assez excellents, surtout ceux placés en début d’album. Le disque commence en effet sur les chapeaux de roues avec une succession de morceaux très énergiques comme la doublette "Nightrider" – "It’ll Be Ok" chantée par Billy Gibbons. Le barbu se charge aussi de la guitare sur le premier titre, laissant la six cordes à Nuno Bettencourt sur le second. On a ensuite affaire à Alice Cooper qui fait… du Alice Cooper sur "Troubled Love", à un Paul Stanley assez méconnaissable sur le groovy "Cut the Wire" ou encore au majestueux "Stranger’s Song" magnifiquement chanté par John Lawton. "My Reflections After Seeing the “Schindler’s List” Movie" (vous n’aviez pas un titre plus long, les gars ?) permet, outre les pirouettes guitaristiques de Steve Vai, de profiter enfin de la voix et du timbre agréables de KOHA, chanteur du groupe resté plutôt discret jusque là, qui se permet d'interpréter le refrain dans la belle langue de Lénine et d'Anna Chapman. 

Avec le festival d’un Glenn Hughes plus soul que rock (il en fait littéralement des caisses sur "Why Don’t You?", on adore ou on déteste) qui squatte le milieu du disque, nous entrons dans une succession de ballades sympathiques mais vues et revues. Leur agglutinement au cœur de l’album en plombe quelque peu la dynamique malheureusement. À ce petit jeu, si Graham Bonnet s’en sort avec les honneurs sur ce "God Made Us Free" positif et presque pop, Jeff Scott Soto s’embourbe dans une ballade particulièrement gnagnan sur "I Believe". Eric Martin referme ce chapitre délicatement sur son "Open Letter to God" acoustique. Heureusement la fin de l’album repart de plus belle grâce aux interventions d’Udo Dirkschneider ("Nature’s Child", agressif et metal), Joe Lynn Turner (le groovy "Head Shooter") et Jorn Lande ("Heroin") sur des titres qui retrouvent une belle dose d’énergie. Quant à Dan McCafferty de Nazareth, son timbre rocailleux et chaleureux fait des merveilles sur les ballades (encore !) "I Love You" et "My Simple Song" qui perdraient tout leur attrait chantées par quelqu’un d’autre à la voix plus banale. L’album se termine sur une note festive avec "Kukarracha" sur lequel se côtoient la plupart des vocalistes ayant participé à l’album.

Drôle d’album donc que ce The World As We Love It. Impossible de nier que l’on passe plus qu’un bon moment à son écoute, tant tout cela est bien fait, bien joué et magnifiquement chanté. À ce niveau là, Pushking réussit son coup haut la main et l’objectif de se faire remarquer en Europe est atteint sans problème. Cependant la liste des invités extrêmement prestigieux est tellement fournie qu’elle fait pas mal d’ombre à la musique du groupe russe, dont on a encore du mal à percevoir le véritable potentiel. La plupart des compos étant bonnes, on peut être optimiste. On attend à présent un « vrai » album pour juger sur pièce !


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