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CHRONIQUE PAR ...

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Joe Le Hareng
Cette chronique a été mise en ligne le 16 juillet 2011
Sa note : 19/20

LINE UP

-Pepper Keenan
(chant+guitare)

-Woody Wheatherman
(guitare)

-Mike Dean
(basse)

-Reed Mullin
(batterie)

TRACKLIST

1)Heaven's Not Overflowing
2)
Albatross
3)Clean My Wounds
4)
Without Wings
5)Broken Man
6)
Senor Limpio
7)
Mano de Mono
8)
Seven Days
9)
#212313
10)
My Grain
11)Deliverance
12)
Shake Like You
13)
Shelter
14)Pearls Before Swine

DISCOGRAPHIE

Deliverance (1994)

Corrosion of Conformity - Deliverance
(1994) - heavy metal hard rock stoner blues Gros heavy à la Sabbath sauce cajun - Label : Sony BMG




Ah la Nouvelle Orleans! Son mardi gras, ses rues alcoolisées et ses groupes de metal qui déchirent! Deux exemples? Down et Corrosion of Conformity, excusez du peu... Le dénominateur commun? Pepper Keenan, sorte de James Hetfield qui groove, élevé au bourbon, au Skynyrd et au Sabbath. Avant lui, Weatherman et ses camarades font (avec brio) dans le punk-metal à tendance hardcore. Après lui ? Corrosion of Conformity nouvelle mouture : plus lourd, plus groove, plus blues.


Deliverance marque donc un tournant dans la carrière de CoC, Keenan prend les rênes du chant mais surtout celles de la composition, instillant ses deux références majeures (Lynyrd Skynyrd et Black Sabbath pour ceux qui n'auraient pas suivi) dans le metal de Woody Weatherman. Gros riffs monolithiques, guitares sous accordées au son gras, mid-tempo maitrisés mais aussi et surtout un groove totalement indécent. Niveau chant, Keenan assure à mort. Certes son timbre fait souvent penser à Hetfield... mais en mieux ! Un Hetfield aux accents bluesy, quasiment toujours au fond du temps, avec une maitrise de la mélodie et du phrasé qui frise le génie.

Résultat ? Une bombe nucléaire... Du premier riff au dernier accord, c'est le déferlement de génie, de riffs « oh putain », de refrain catchy, de nuques brisées. Le tryptique de départ donne le La. Riffs simples mais salement efficaces ("Clean My Wounds", les enfants...), lignes de chant démentielles ("Heaven's Not Overflowing"), accélérations jouissives et mélodies que n'auraient pas renier les frangins Allman ("Albatross"). On vient de te coller trois torpilles dans la tronche, t'en reprendra un peu? Et ben non, à la place on te colle une petite ritournelle instrumentalo-acoustique, histoire de te rappeler que l'on est pas que des gros bourrins! Et on se paye le luxe de le faire bien!

Le répit est de courte durée, et le pilonnage reprend de plus belle avec notamment la grosse torpille de l'album, "Senor Limpio". Après un riff à faire pleurer Zakk Wylde, le copain Keenan balance un pré-refrain/refrain cataclysmique qui ferait bander un mort! On en est qu'à la moitié de l'album et on en a déjà tellement pris plein la face que l'on se demande bien comment les CoC vont encore arriver à nous étonner... Et pourtant, la seconde moitié enterre son alter ego à plates coutures! Entre les tubes immédiats "Seven Days" et "My Grain" (le break central, les jeunes ! Quelle leçon de metal !) et les grosses pièces moins évidentes -mais non moins jouissives- "Deliverance" et "Pearl Before Swine", on est pas volé sur la marchandise! Parce que... Oh et puis zut, gardons un peu de suspense!


Quel tour de force que ce Deliverance ! A la croisée des chemins du metal et du blues, Pepper Keenan, sorte de Ronnie Iommi au Marshall gonflé de testosterone, prend les commandes de CoC et compose leur meilleur album. Rempli jusqu'à la gueule de morceaux tous plus meilleurs les uns que les autres, Deliverance est un album à la durée de vie quasi-infinie. La première écoute deblaiera les morceaux les plus évidents. Ces morceaux permettront d'aborder d'autres moins évidents. Ces derniers offriront un niveau de lecture différent sur les morceaux en apparence simples et ainsi de suite jusqu'à l'orgasme... Du génie qu'on t'a dit!


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