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CHRONIQUE PAR ...

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Joe Le Hareng
Cette chronique a été mise en ligne le 16 juillet 2011
Sa note : 18/20

LINE UP

-Dave Grohl 
(chant+guitare) 

-Chris Shiflett 
(guitare) 

-Pat Smear
(guitare)

-Nate Mendel 
(basse) 

-Taylor Hawkins 
(batterie)

TRACKLIST

1)Bridge Burning
2)
Rope
3)Dear Rosemary
4)White Limo
5)Arlandria
6)
These Days
7)Back & Forth
8)A Matter of Time
9)Miss the Misery
10)I Should Have Known
11)Walk

DISCOGRAPHIE


Foo Fighters - Wasting Light
(2011) - rock - Label : RCA



Comme disait très justement un de mes amis, « ben dis donc, Dave Grohl il a le vent en poutre ». C'est évident. L'excellent Echoes, Silence,  Patience & Grace a démontré la capacité du bonhomme à écrire des chansons, l'aventure Them Crooked Vultures a enfoncé le clou et c'est gonflés à bloc par une tournée à guichets fermés que Grohl et ses acolytes reviennent nous présenter Wasting Light. Parrainé par l'inénarrable Lemmy, venu faire le coup de feu sur le clip du single "White Limo", ce septième album ne pouvait que démarrer sur les chapeaux de roues.

Et quels chapeaux de roues! On savait Grohl grand spécialiste du single catchy option « prends ça dans ta gueule » et tout le monde aurait été fort déçu si Wasting Light n'avait pas été intronisé par un single digne de ce nom : c'est chose faite avec "White Limo". Riff chauffé à blanc, chant agressif qui déboule pied au plancher et refrain qui fracasse, ça promet. Le reste est loin d'être aussi couillu mais c'est pas grave. Avec ce septième album, on est quand même plus proche d'une power pop survitaminée que d'un hard rock rageur. Commençons par le commencement avec le bien nommé "Bridge Burning". Intro peu originale mais efficace, binôme couplet / refrain bien gaulé et accélération finale orgasmique : merde, ça fait du bien d'entendre les Foo Fighters en aussi grande forme! Maintenant il va falloir tenir le niveau sur la longueur... Pas de souci, ce serait sous-estimer les talents d'écriture du père Grohl. Les tubes immédiats s'enchainent, ne se ressemblent pas et dressent un tableau plutôt sympa sur la première écoute : des chansons plutôt rentre-dedans, assez évidentes et rafraichissantes, à l'instar de "Rope",  "Back & Forth" ou "Arlandria".

Ce sont les écoutes suivantes qui vont permettre à l'auditeur de se rendre compte à quel point les Foo Fighters sont montés d'un cran niveau compos. Car derrière ces morceaux au premier abord un peu simplistes et très orientés « rock à guitare » se cachent une science de l'arrangement et du détail qui vont donner à ce Wasting Light une saveur toute particulière. Guitares qui s'appellent, se répondent, brodent (trois guitares bien utilisées, tout de même, ça le fait), refrains catchy au possible (merci les arrangements vocaux ciselés et merci Taylor Hawkins, qui se charge des backing) et un groove hallucinant (Taylor Hawkins, encore lui, impeccable dans tous les compartiments du jeu). Comment ? Juste une phrase sur Hawkins alors que son boulot sur Wasting Light est hallucinant ? Bon d'accord, il mérite bien une ligne ou deux... On avait déjà pu apprécier son immense talent sur les efforts précédents du groupe, mais force est de reconnaître qu'il vient de mettre la barre très haut...

En plus du groove impeccable, son jeu simple et percussif assure une ossature solide au groupe. C'est ensuite un jeu d'enfant pour les trois gratteux de poser leur interventions ! Car oui, messieurs et mesdames, c'est le grand retour de Pat Smear ! Difficile de juger de son impact sur la musique du groupe, n'empêche que bon, les interventions du groupe dans cette configuration (notamment la reprise intégrale de l'album en condition répet') démontrent l'efficacité de la formule. Du coup, c'est le déluge de tubes. Outre les quelques titres déjà cités, de bien belles pièces se cachent dans ce Wasting Light : "A Matter of Time", superbe morceau à tiroir, les deux ballades "These Days" et "I Should Have Known" (Grohl nous a déjà fait le coup du morceau à émotion, mais alors là, il fait très très fort, encore une fois, quel songwriter...) mais surtout le morceau final "Walk". Paye ton intro en crescendo qui explose comme il se doit dans un rugissement de guitare, paye ton couplet qui déchire, ton refrain qui fait mal et ton break qui fout les poils. La classe.

Qu'est ce qui peut encore arrêter Dave Grohl, l'homme en forme du moment ? Non content d'être capable de composer avec finesse dans un style pourtant pas loin d'être éculé, il se permet de s'entourer de musiciens hyper talentueux qui transcendent les chansons, le tout avec un côté « bande de potes qui fait du rock pour rigoler » qui rajoute encore à l'efficacité du bordel. À ne surtout pas éviter!


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