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CHRONIQUE PAR ...

88
Mita
Cette chronique a été mise en ligne le 30 juin 2011
Sa note : 6/20

LINE UP

-Sarah Jezebel Deva
(chant)

-Dani A
(guitare)

-Jonny Gray
(guitare)

-AblaZ
(basse)

-Jamie A
(batterie)

TRACKLIST

1)No Paragon of Virtue
2)
The World Won't Hold Your Hand
3)A Matter of Convenience
4)
Silence Please
5)
Zombie
6)
Pretty With Effects
7)
What Lies Before You
8)
Sirens
9)
The Eyes That Lie
10)
The Corruption of Mercy

DISCOGRAPHIE


Sarah Jezebel Deva - The Corruption of Mercy



Sarah Jezebel Deva ne devrait pas vous être un nom inconnu vu le CV de la britannique. Elle a bossé chez Cradle of Filth, chez Therion, chez Mortiis, elle a même fondé son propre groupe Angtoria avec des musiciens plus ou moins réputés, mais maintenant, la dame veut se lancer dans une carrière en solitaire, avec son nom sur l'affiche. Après un A Sign of Sublime certes pas mauvais mais dénué d'un réel intérêt, une déception en somme car la chanteuse a des capacités, elle nous revient une année plus tard avec The Corruption of Mercy qui, on l'espère, sera bien plus efficace que son prédécesseur.


Sauf qu'avec ce nouvel album, Sarah Jezebel Deva n'arrivera pas à se démarquer de son nom d'ex-Cradle of Filth pour s'imposer comme une référence dans le genre. Et pourtant ça commence plutôt bien avec un "No Paragon of Virtue" qui reprend la formule usitée sur le précédent brûlot, c'est à dire choeurs épiques sortis d'un film, ambiance sombre qui va d'ailleurs, tout comme sur A Sign of Sublime, rester dans l'air et accompagner l'écoute, un chant grave et chaud, des riffs puissants, le morceau fait démarrer l'album dans les meilleures conditions possible. Et la jeune femme est encore capable de prouver qu'elle peut nous faire voyager un peu, comme avec Sirens un peu poussive mais très agréable où Sarah explore des registres plus aigus, ou encore sur l'excellente "A Matter of Convenience", le titre qui tient véritablement la route mais qui, tout comme "Silent Please", nous fait malheureusement trop penser à Cradle of Filth, l'influence et le passé de la chanteuse ne sont définitivement toujours pas digérés.


Mais à côté de ça, c'est mauvais. Rien ne nous donne envie d'aller plus loin dans l'aventure et la demoiselle est laissée à quai par son public exaspéré. Cet album n'est vraiment pas convaincant, et ce à de nombreux points. Premièrement car le brûlot précédent, qui possédait des qualités, n'était pas original, celui-ci l'est encore moins en le plagiant à de nombreux instants. Le titre d'ouverture qui n'est pas mauvais aurait très bien pu être sur l'album d'antan, de même que tous les autres, en fait, l'ambiance est exactement la même, aucune évolution, et la recette est réutilisée mais en pire, avec des morceaux poussifs, linéaires, monotones, et de gros ratages en perspective. "Silent Please" veut se la jouer malsaine, elle n'est absolument pas réussie, bien au contraire trop d'effets tue l'effet, ce qui se prouve par cette espèce de surcharge nauséabonde qui en plus va être présente sur tout l'opus. Outre un "What Lies Before You" tout aussi inutile que "A Newborn Failure" sur le premier album, "The Eyes That Lie" et "The Corruption of Mercy" sont révélateurs d'un énorme manque d'inspiration, inspiration qu'elle va chercher en allant copier Cradle, donc. Mêmes effets utilisés, même ambiance sombre, ça ne trompe pas et la repompe est mal foutue. Dans le genre je m'auto-pompe, "The World Won't Hold Your Hand" tente de se la jouer "God Has a Plan for us All" d'Angtoria, mais là c'est loupé.


En plus, comble du comble, à de nombreux instants la frontwoman révèle ses faiblesses vocales, et on peut en déceler plus d'une ! Pour commencer, la ballade "Pretty With Effects", inutile et poussive comme c'est pas permis, démontrera des erreurs de justesse et une chanteuse vraiment à côté de la plaque lorsqu'elle se met à pousser la chansonnette. Insupportable ou hideux, à vous de choisir pour désigner la reprise de ce monument qu'est "Zombie" de The Cranberries. Là, Sarah se heurte à plus fort qu'elle, et n'est pas O'Riordan qui le veut. En plus de la rendre molle et cliché, l'interprétation de miss Jezebel Deva est catastrophique : voix monocorde, fausse, vide d'émotion, elle n'a pas du tout le charisme et la prestance nécessaire pour se frotter à une pièce pareille. Au moins, la qualité de la prestation de Sarah s'accorde à celle des morceaux livrés ici, c'est à dire triste, fade, grise et morne. En fait, la voix de la jeune femme sur cet album est comme la pochette : sans couleur ni charme. Elle nous ennuie tout autant que la musique, et plonge encore un The Corruption of Mercy déjà bien amoché par des titres ringards au possible.



Sarah Jezebel Deva a voulu tenter une escapade en solitaire mais son aventure risque d'être fortement compromise par un deuxième album d'une médiocrité affligeante. Entre titres sans originalité ni efficacité, plagiat éhonté des précédents groupes dans lesquels Sarah a été, une voix qui ne réussit pas à briller dans ce marécage puant d'effets symphoniques au rabais et d'incursions black clichées, l'ensemble ne parvient pas à attirer l'attention et à faire qu'elle puisse se démarquer. Donc, il va falloir à mademoiselle Jezebel Deva beaucoup de travail et cesser de se précipiter pour réaliser une sortie par an. Parce que des comme celle-ci, on peut trouver mille fois mieux ailleurs. Alors rendez-vous au prochain album mais The Corruption of Mercy est tout simplement mauvais.




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