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CHRONIQUE PAR ...

89
Fealakwen
Cette chronique a été mise en ligne le 29 juin 2011
Sa note : 3/20

LINE UP

-Andrew Hawkins
(chant et guitare)

-Scott Addison
(chant et basse)

-Jason Roe
(batterie)

TRACKLIST

1)Atrophy
2)End
3)Distilled In Fire
4)Vestigial Birth
5)Scarred Fingertips
6)The Dead Hand
7)Anti-Holy
8)Tower Of Silence

DISCOGRAPHIE

Atrophy (2011)

Baring Teeth - Atrophy
(2011) - death metal doom metal Essai avorté - Label : Willowtip



La musique savante contemporaine, vous connaissez ? Autant vous dire qu'actuellement, le secteur ne va pas fort. La moyenne d'âge du public monte en flèche quand les inscriptions en conservatoire plongent. Et ce malgré les nombreuses subventions tirées de vos impôts (le HellFest, c'est une autre histoire...) pour sauver un genre franchement moribond. Alors les types aux commandes ont décidé d'innover, et ce dès le siècle de Wagner, avec des chics types comme Debussy, dont le Salut Printemps est admirable. Hélas, le renouveau n'est pas venu. Et la ligne rouge a été franchie.


Depuis une bonne soixantaine d'année, c'est la course à l'innovation sans but, juste pour aller plus loin que son petit camarade. Les GRM de Radio France, encore une fois financée à l'aide de vos bourses conciliantes, les morceaux vides de tout son mais pourtant admirables, avec le fantastique, le mythique 4'33'' de John Cage. Oui, c'est très désagréable à l'écoute. Allons plus loin, c'est un calvaire. Quel intérêt alors ? C'est pourtant simple : Le Mind Fuck. La branlette intellectuelle. La fierté suffisante affichée dans un des salons de la Capitale, lorsque votre voisin de table avoue avec honte ne pas avoir eu vent de la dernière expérimentation à base de barrissements d'éléphants agonisants. Une merveille d'après Madame De La Gourgandine. Vous avez réussi votre vie, pas votre voisin. Même s'il affiche fièrement sa Rolex, et qu'il remonte machinalement sa manche gauche pour la montrer à l'assemblée. Seulement, les metalheads participent rarement à ce genre de cafés littéraires. Sauf s'il y a de la bière. Alors pourquoi se taper l'intégralité du dernier Baring Teeth, si c'est uniquement pour passer pour un pédant qui ne sait pas apprécier les choses simples aux yeux de vos frères de son? La question est légitime...


L'entame se fait sur deux bidules franchement foireux. Décrire le rendu final de cette soupe serait assez pénible. Mais d'une manière générale, la première pensée qui vient à l'esprit est un truc du style « Attendez, c'est avec des objets terrestres qu'ils font ça ? ». Dans les autres sorties récentes, le dernier Krallice s'en rapproche un peu. Mais Diotima, c'est du Black technique inspiré, rempli de surprises inattendues cachées derrière chaque phrase. De la musique qui ferait naître des paysages hallucinés dans l'encéphale d'un aveugle de naissance. Atrophy, à part un désert de glace avec trois péquenauds de Dallas tout pile au milieu, c'est plutôt limité. Mais leur premier album a tout de même un intérêt. Le test de Rorschach, ça te dit quelque chose ? Non ? Mais si, les images rigolotes qui ne ressemblent à rien et qu'il faut interpréter devant un bonhomme en blouse blanche ? Ça y est ? Parfait ! Toujours utiliser des descriptions simples avec le public des Éternels. Toujours. Et bien Atrophy, c'est la version sonore de ce même test. Cherchons Charlie dans ce ramassis de sonorités vaguement humanoïdes! D'ailleurs, à ce petit jeu, "End" sort particulièrement du lot. Tu oses y comprends quelque chose, c'est l'asile. Directement. Et pour le bien de la société, merci de te dénoncer sur notre forum. Maintenant.


Suite à ces jumeaux consanguins que sont "Atrophy" et "End", le style change assez radicalement. La voix d'outre-tombe disparaît totalement, la batterie s'endort, le son se dégrade. La basse devient hypnotique. Et commence alors un concert de lamentations qui ne s'arrêtera pas de l'album. Rien n'émerge du marasme, et même après avoir tenté quarante-douze fois d'apprivoiser "The Dead Hand", on ne trouve rien pour enfin le distinguer de "Scarred Fingertips" (simple exemple, tous les titres son intervertibles). Les fans vont râler, à raison d'ailleurs, mais ce groupe, c'est SUNN O))), après SUNN O))), version décaféinée. "Tower Of Silence" gargouille péniblement pendant ses deux minutes finales. Vous connaissez ce bruit si caractéristique qu'on obtient en grattouillant la corde la plus aiguë d'une guitare avant de jouer avec le volume d'un ampli médiocre, juste pour réveiller tout le monde, pour rire ? Posée sur une galette vendue dans le monde entier sur un disque hautement conceptuel, votre mauvaise blague se change en expression métaphysique. Et bien non, pas d'imposture dans le monde Metal, merci. Les Texans peuvent toujours présenter le résultat de leur prodigieux travail qui a du leur demander bien des efforts au musée Pompidou. Et encore. Parce que c'est pas très gentil pour notre défunt président, ça.





La haute autorité de classification des œuvres siégeant tout là haut, dans la brume glacée de la stratosphère, que tout le monde critique mais dont nous faisons tous un peu partie (surtout moi d'ailleurs) a posé sur ce disque la marque du Doom. C'est mal. Ce vilain préjugé véhiculé par TF1 qui fait du Doom la bande son de l'ennui doit tomber. Affreuse mentalité, qui nous pousse à des conclusions hâtives, genre Sarkozy est petit, ou bien la Terre est ronde. Atrophy n'a pas droit à son étiquette. Ce genre de ratés ne méritent l'adoption. Vilain petit canard, Nah !



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