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CHRONIQUE PAR ...

90
Seth
Cette chronique a été mise en ligne le 22 juin 2011
Sa note : 18/20

LINE UP

-Steve "Lips" Kudlow
(chant+guitare)

-Glenn Five
(basse)

-Robb Reiner
(batterie)



TRACKLIST

1)Juggernaut Of Justice
2)When Hell Breaks Loose
3)New Orleans Voodoo
4)On Fire
5)Fuckin' Eh
6)Turn It Up
7)The Ride
8)Not Afraid
9)Conspiracy
10)Running
11)Paranormal
12)Swing Thing

DISCOGRAPHIE


Anvil - Juggernauts Of Justice



C’est ce que l’on appelle une revanche sur le destin. Après avoir créé le speed metal et passé des années dans l’ombre de grands groupes de thrash américains qu’ils avaient eux-mêmes influencé, tels que Metallica, Anvil a pu à nouveau prendre possession du devant de la scène qui lui revenait de droit grâce au fameux Anvil ! The Story of Anvil, un documentaire retraçant l’histoire de ce groupe mythique qui a fait ses débuts en 1977. Et au vu des années de metal acharné qu’ils ont derrière eux et cette dernière production, on peut dire que c’est clairement mérité…

Car cet album est une bombe. Une bombe auditive de metal burné. Et ça, on le comprend dès les premières secondes de la première chanson "Juggernauts of Justice", qui annonce clairement le ton : Anvil, c’est pas du metal de gonzesses. Mais vraiment pas. Et tout au long de l’album, ce heavy puissant, percutant, toujours aux limites du thrash, nous rappelle pourquoi Anvil fait partie du Panthéon du metal. Le son et la production sont de très bonne qualité, et la musique en elle-même est assez étonnante par sa diversité. L’orientation est donc clairement heavy thrash, avec des chansons puissantes comme "Turn It Up", mais l’on perçoit quand même toujours des éléments du speed metal des débuts dont ils furent les initiateurs. C'est le cas notamment sur "When All Hell Break Loose", mais aussi "Not Afraid", avec son refrain purement heavy qui envoie du lourd tout en faisant dans le mélodique, et en achevant l’auditeur avec un solo de tueur dont le groupe a le secret. On trouvera aussi des éléments de heavy traditionnel, et, beaucoup plus étonnant…. de doom !
Cela peut surprendre, mais les Canadiens ont inclus dans cet album plusieurs chansons aux influences doom. Cela aurait pu constituer un problème si ces chansons étaient de moins bonne qualité par rapport au reste de l’album, mais il n’en est rien. "New Orleans Voodoo" tout d’abord, surfe sur une musicalité entêtante, et sa lourdeur ajoutée au rythme qui la possède la rendent complètement obsessionnelle. Par la suite, "Fuckin' Eh" devient tellement lourd que cela ressemble à  une sorte de vieux doom rock n' roll, à la limite du stoner. D’autant plus que le thème et l’ambiance de la chanson (« I’m finding my way, FUKENEH ! ») sont typiques de ce genre. Le solo en lui-même a également le côté positivement infernal du style. On retrouve même parfois dans la voix du chanteur, sur le refrain, les accents nasillard d’un Ozzy … Puis Anvil remet ça avec "Paranormal", qui pour le coup, avec ses sept minutes, sa rythmique lourde et lente et ses tons extrêmement graves, est totalement doom. Peut-être tellement que l'on finit par se demander ce que cela vient faire au milieu d’un album fichtrement heavy.
Mais il semblerait qu’Anvil aime varier les plaisirs, et on se retrouve au final avec un très très bon album, qui tient en haleine l’auditeur du début à la fin par son heavy viril et irrésistible, sans longueur ni temps mort. Cette étonnante diversité est agréable et tout à fait bienvenue au vu de la qualité des morceaux en question. On regrettera seulement le fait que l’album passe aussi vite, étant donné que la plupart des morceaux n'excèdent pas quatre minutes (hormis "Paranormal"). Ceci dit, ces chansons courtes et percutantes sont tellement en adéquation avec le style rentre-dedans d’Anvil et l’esprit musical qui y est attaché qu’on ne peut pas vraiment leur en vouloir.


Juggernauts of Justice est un album puissant et assez spectaculaire avec ses solos et ses chansons au rythme implacable. Doté d'une ambiance heavy old school et très soigné au niveau de la qualité du son et de la réalisation, il permet au groupe de poursuivre sur sa lancée depuis le coup de projecteur qu’avait constitué le documentaire qui leur était consacré en 2008. On notera d’ailleurs au passage une belle utilisation au passage du mot "Justice" dans le titre de ce premier album post documentaire, qui a enfin rendu justice à ce groupe de talent trop méconnu.




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